Jeux de rôle, jeux de plateau, jeux de cartes, Wargames, jeux de dé, soirées entre amis
 
PortailAccueilÉvènementsMembresFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 LES PRELUDES...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: LES PRELUDES...   Mar 20 Mai - 12:50

C’était une froide nuit d’hivers dans les marches du Nord.
La ville de Sundabar était noyée dans la brume glacée venue des montagnes du bout du monde.
Les rues étaient vides et silencieuses. Seuls quelques établissement, comme la taverne de Glasfeu, étaient encore illuminés et bruyants.
La taverne de Glasfeu … un lieu étrange ou les gens ne demandaient rien a leurs voisins sinon de respecter leurs vies privées et leurs libertés.
Au centre de la taverne, le maître des lieux, Thraînm le nain, avait installé un ring. C’était ce qui faisait tout le charme de l’établissement !
La taverne de Thraînm était connue à Sundabar comme un haut lieu de rendez-vous pour les mercenaires et autres aventuriers de passage en ville. Les poutres et colonnes de bois sculptés, ainsi que la bruyante compagnie de sa salle enfumée ajoutaient au coté pittoresque de l’établissement.
Le froid de l’hiver et la désolation qui régnait dans le reste de la citée n’aurait jamais pu affecter la chaude ambiance qui faisait loi ce soir là chez Thraînm.
Dans un coin de la salle enfumée, dos au mur, dans l’ombre loin des lanternes et de l’âtre, deux hommes devisaient en regardant le combat qui se déroulait sur le ring…
Ils étaient assis à une table ou gisait le reste d’un copieux repas bien arrosé. Le plus grand des deux hommes portait de riches habits ou se mêlaient le noir, le pourpre et le bleu nuit rehaussait de runes d’or et d’argent au niveau du col et des poignés. Il avait de longs cheveux gris et la peau de son visage semblait strié de minuscules rides. Ses yeux noirs et pleins de vie ne quittaient jamais le ring.
Le second était un peu moins grand et tout d’ombre vêtu si l’on faisait exception d’une chemise blanche a jabot sous un léger pourpoint de cuir travaillé. Son sombre manteau semblait faire corps avec les ténèbres qui les dissimulaient tous deux au reste de la salle. Son pale visage s’affirmait par le bouc stylisé qui lui mangeait le bas du menton. De temps en temps, son ombre se dissociait de son corps pour examiner leur entourage mais elle revenait invariablement lui faire un rapport, murmuré au creux de l’oreille.

- « C’est donc lui que vous voulait seigneur Krest ? » demanda t-il en désignant le ring.
Sans quitter la scène des yeux, Krest appuya son visage sur ses mains croisées et redressa ses deux index joints sur le devant des
lèvres avant de murmurer dans un souffle :
- « Oui, c’est bien ça…. »

Au centre de l’auberge avait lieu un pugilat entre un homme plutôt svelte au teint jaune et un demi-orque aux muscles hypertrophiés. Le combat se déroulait à main nue. La vivacité du Khatayen ne lui permit pas de l’emporter sur la rage et la force de l’hybride qui finit par le terrasser et l’envoya au tapis par un magistral crochet du droit…
La salle hurla sa joie, et l’argent des paris changea de mains. Le demi-orque, poings levés, criait sa victoire et de la bave s’écoulait de ses crocs. La foule exulta et scanda son nom :
- " Bagronk ! Bagronk ! »

Le seigneur Krest se leva et, se tournant vers son compagnon, lui murmura :
- « Un pouvoir perçu est un pouvoir reconnu, Magnus. Avec ce guerrier sur mes fiches de paye, je suis tranquille pour un bon moment. »
Magnus se leva aussi et sourit en retour a Bredan Krest.
- «Soit mon seigneur, ton verbe est nom ordre … ordonne et j’obéirais ! »
Le seigneur Krest ne put masquer un pale sourire en retour.
- « Peut-il en être autrement mon fidèle sorcier ? »
Les deux hommes quittèrent alors l’établissement sans plus prêter attention au reste des combats qui se déroulaient dans la taverne. Dans la rue, Magnus traça dans l’air un symbole ésotérique et un portail ovoïde de couleur violette se matérialisa dans la rue.
Les deux acolytes le franchirent et disparurent dans la nuit.

C’était une froide nuit d’hivers dans les marches du Nord. Et la ville de Sundabar était toujours noyée dans la brume glacée venue des montagnes du bout du monde…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Lun 2 Juin - 16:02

Il faisait nuit. Il faisait froid. De la neige fondue pleuvait sur la forêt. Une fine couche de brume recouvrait l’humus de ce bois de conifère. La lune était pleine et elle illuminait d’une lueur fantomatique les ruines Elfiques que recouvraient les arbres.
Les bottes de l’homme crissaient sur la neige et glissaient sur la boue alors qu’il courrait dans la nuit… Ses vêtements en cuir cloutés d’acier et sa cape verte ne le protégeaient guère du froid mordant de cette nuit d’hivers.
Il s’arrêta à l’abri d’un pan de mur pour reprendre son souffle et calmer sa respiration bruyante. Il scruta la petite place en ruine, défonçait par les arbres et la végétation. Ses longs cheveux bruns collés par la sueur lui tombaient sur le devant du visage et l’empêchaient de clairement distinguer ses proies.
Un Tannarukk et deux loups démons vomit par le Fort des Portes de lEnfer souillaient sa patrie dadoption :
Le bois de Turlang… Lui et ses compagnons n
avaient pu circoncire lexpédition des forces du Cambion Khaannyr Vhok. Maintenant, il était seul face à trois ennemies. Il avait peur, mais c’était un forestier et un gardien des bois au service du seigneur Turlang.
Son arc était son honneur et ses amis, sa famille… Pendant que ses compagnons traquaient, comme lui, les horreurs crachées par
l’Outre-Terre, il se rappela sa prime enfance. Ses parents, Jorn et Nora, avaient été massacrés dans les landes des Luneterres et lui seul en avait rechapé. Il avait erré pendant presque une semaine dans un milieu hostile avant d’être recueillit par une demi-elfe du nom d’Amra Eauclaire.
Il frissonna et ferma les yeux. Non, jamais plu les démons et leurs séides ne détruiraient des êtres vivant tant que lui serait là
pour les combattre. Fort de sa nouvelle détermination, Gilceleb, banda son arc et vissa l’Orc Fiélon. La flèche fendit l’air dans un sifflement aigu et vint se ficher dans l’omoplate du monstre. Le Tannarukk hurla de douleur, fit volte face et chercha du regard son agresseur tandis que ses loups démons retroussaient leurs babines et humaient l’air a la recherche d’une odeur.
A la perspective d’un combat au corps a corps, Gilceleb au vu de la qualité plutôt médiocre de sa lame préféra prendre la fuite. Il fut hélas immédiatement prit en chasse par les deux loups démoniaques suivit de prés par le Tannarukk blessé.
Il courut un long moment dans les bois talonné par ses monstrueux poursuivants. Dans l’ombre d’un arbre centenaire dont les branches croulaient sous le poids de la neige, une sombre silhouette suivait d’un regard concentré la fuite de l’homme.
Son noir
manteau semblait faire corps avec les ténèbres qui le dissimulait. Son pale visage s’affirmait par le bouc stylisé qui lui mangeait le bas du menton. Son nom, Magnus Trent, un sorcier au service d’un étranger venu du sud…
Il murmura : « est ce celui là maitre Krest ? »
Loin de là, dans une tour de la ville de Sundabar, le seigneur Krest suivait le combat de Gilceleb depuis un orbe de vision. Il était confortablement installé dans un fauteuil de cuir et sirotait un cognac avec délectation. Il renvoya un message magique a son noir séide :
« oui, tout à fait fidèle Magnus. Ce jeune rôdeur sera ma carte d’entrée dans le royaume des Elfes et un atout majeur pour
obtenir l’accès aux chemins de traverses qui sont leurs spécialités. Fait au mieux mon sombre arcaniste. »
Magnus ne lui répondit pas mais murmura pour lui-même :
« Ton verbe est mon ordre seigneur, ordonne et j’obéirais… ».
Les loups se rapprochaient dangereusement de leur proie. Gilceleb était exténué. Il arriva en haut d’une petite falaise, et
impétueusement se jeta dans le vide en espérant que la végétation qui se trouvait à son pied, lui fournirait un coussin pour sa chute et un bon camouflage pour sa fuite. Les deux quadrupèdes, cherchèrent un chemin moins risqué pour poursuivre leur traque. Gilceleb, couvert de griffures, était allongé sous un buisson, prés d’un arbre et dans les fougères. Il avait récupéré un long pieu fait de bois mort. Patient, la proie était redevenue chasseur. Non loin de là, toujours tapi dans l’obscurité, Magnus avait utilisé
son déplacement à travers les ombres pour rattraper le jeune homme. Il guettait le moment propice pour agir, aider le forestier sans se faire remarquer. Un des loups d’enfer renifla la piste du guerrier.
Il se rua à travers les buissons et sauta sur l’humain qui accueilli sa charge avec sa pique improvisé. Le choc fut rude et Gilceleb ne se rendit pas compte que le loup fut frappé dans le dos au moment même de s’empaler sur le pieu de bois mort.
En effet, Magnus Trent avait invoqué le sort de projectiles magique tissé dans un sort d’invisibilité pour aider le jeune homme juste quelques fractions de secondes avant que le démon ne fut sur sa proie. La hampe de bois se brisa dans le poitrail de l’animal et le
reste du manche se ficha dans la gorge du fiélon. La bête s’écroula sur le forestier et lui déchira l’épaule avec ses cros.
Gilceleb hurla de douleur, et repoussa le cadavre pour se redresser. Le second loup démon s’était rapproché et l’observait. L’humain terrifié dégaina sa pauvre lame et pria sa déesse, Mailikki, de le sauver.
Le monstre chargea et pris de convulsion s’empala sur la faible lame du gardien des
bois. Là encore Magnus avait agi avec promptitude et lancé, toujours camouflé dans les ombres, sa malédiction de l’assassin imaginaire. Gilceleb se retrouvait maintenant seul face au dernier envahisseur : le Tannarukk blessé ! Celui-ci le cherchait toujours et son souffle pestilentiel dénaturait le bois sacré de Turlang. Le forestier utilisa ses dons pour le camouflage et contourna le monstre le plus discrètement possible. Passé dans le dos du cambion, Gil se concentra pour lui donner une mort rapide.
Magnus utilisa encore sournoisement sa Magie pour enduire la lame du guerrier d’un sort de mort. Aramon frappa, vif comme l’éclair et égorgea le demi-démon. Epuisé, notre héros s’écroula contre une souche de bois mort et sombra dans un coma réparateur. Il avait vaincu ses adversaires et sauvé pour un temps encore la forêt dont il était le protecteur.
Le mage des ombres s’approcha du rôdeur. Il sortit une fiole bleutée de sa bourse et la coinça près du sac du Tannarukk mort. Le filtre de soin qu’elle contenait, remettrait sûrement d’aplomb le pauvre Gilceleb et l’aiderait à oublier cette nuit "d’enfer"…
Fier de ses actions sournoises et néanmoins mortelles, Magnus invoqua un portail dimensionnel et reparti pour la ville de
Sundabar.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Ven 21 Nov - 16:42

Le froid mordant de la bise des montagnes du Nord frappait la ville de Sundabar depuis 4 jours. La nuit était tombée et un tapis de brume recouvrait le pavage inégal de la chaussée. La cité était entrée dans une douce torpeur et chacun avaient regagné son logis pour profiter d’un repos bien mérité.
Seul les bas quartiers de la ville, ceux proche des remparts, étaient encore animés. Les bouges, tavernes glauques et maison de passe vulgaire pullulaient à l’ombre des murs de la ville. La nuit venue, ces taudis devenaient de véritable coupe gorge…
Pour temps une petite ombre, un alfeling du nom de Roscoe Bontonneau, se déplaçait avec aisance et sans peur au travers de ce dédale dangereux et obscur. D’un pas alerte, il s’avançait vers son rendez-vous nocturne : une convocation du Masque de la cité. Il s’arrêta devant une gargote délabrée où une petite troupe d’humain et d’humaine en haillons crasseux s’était regroupé prés d’un étale de saucisses chaude et de plusieurs braseros. Une suite de geste adroit et indétecté, et voilà qu’il se retrouve avec une pauvre bourse squelettique de plus en poche ainsi que pourvu de 2 brochettes de belles saucisses grasses et juteuses a souhait. Un jeune chiot famélique attiré par l’odeur de la viande grillé lui emboita le pas. Roscoe quitta rapidement la rue de son méfait et se dirigea vers la taverne « le vieux pendu », lieu de son rendez-vous avec le baron du crime de Sundabar…
Le chien attira son attention par un aboiement joyeux, Roscoe tourna les talons et souriant à la bête, lui abandonna une de ses brochettes. Du coin de l’œil, il remarqua 3 silhouettes quasi dissimulées dans les ombres de la rue. 3 contre 1, le jeune alfeling n’était pas un lâche, mais la partie lui sembla bien trop hasardeuse… Il préféra de loin s’enfuir et se cacher à la vue de cette plus que probable embuscade.
Loin de là dans la Cité Haute, au sommet d’une tour, dans une pièce richement meublée et chauffée par une belle âtre, un homme scrutait une pierre de vision. Drapé dans une sombre robe, la peau pâle et le bouc fier, il ressemblait à un érudit si l’on faisait peu cas de son ombre. En effet, elle semblait animée d’une vie propre. Peu de personne pouvait se venter d’être comme lui : un Ombreux, un élu du dieu Mask… L’homme détourna le regard de son orbe et se concentra pour lancer un sort de contact a distance. Les paroles incantatoires achevées et les signes cabalistiques effectués, il murmura un nom et commença un dialogue avec son maître situé a des centaines de kilomètre de là.
- « Maître, votre petit protégé est encore dans de sale drap ! »
Une voie désincarnée lui répondit :
- « Et bien, tu sais ce qui te reste à faire mon fidèle serviteur… »
Le sorcier se redressa quelque peu et murmura :
- « Oui mon seigneur, ton verbe est mon ordre … Ordonne et tu seras obéi ! »
La voie désincarnée lui rétorqua :
- « Peut-il en être autrement Magnus, peut-il en être autrement… »

Tout était dit et Magnus Trent, le noir sorcier, se dirigea vers une fenêtre de sa haute tour. Il incanta un sort de portail magique et passa au travers de l’ovoïde invoqué … Il se retrouva ainsi, bien camouflé dans les ombres, a quelque pas de la cachette de Roscoe. Les trois silhouettes en embuscade se rapprochèrent et se mirent à chercher le jeune alfeling. Deux s’aventurèrent dans une rue latérale et le troisième se porta en avant vers un Roscoe bien caché qui avait sortit sa petite dague. Profitant de l’aubaine, le alfeling porta une feinte derrière le genou droit de l’homme qui le recherchait et le fit basculer. D’un geste rapide, il lui trancha la gorge. Les deux autres malandrins sortirent de la rue latérale armes aux poings et faciès grimassant. Ils se ruèrent sur le pauvre Roscoe qui ne pouvait plus se cacher ni fuir… Bien campé sur ses jambes, le jeune fripon s’apprêtait à recevoir la charge des deux truands, sans espoir de vaincre néanmoins. Toujours a l’affut, bien caché par les ombres Magnus incanta une série de projectiles magique qui foudroyèrent le plus gros des brigands. Le jeune chiot, toujours prés du semi-homme se rua sur la jambe du dernier spadassin en grognant. Celui ci bascula sur l’avant et glissa sur les pavés humides de la chaussée. Roscoe l’égorgea sans autre forme de procès. Il se releva ensuite pour nettoyer sa dague et faire les poches aux trois brutes. Magnus profita de se cours répit pour sortir de l’ombre et se présenter au petit bout d’homme.
- « Heureuse rencontre jeune homme ! » Dit-il en sortant de l’ombre.
Roscoe se plaça immédiatement sur la défensive et d’une voie zozotante du a son cheveu sur la langue répondit :
- « Heureuse rencontre en effet, l’ami ? »
Magnus sourit et tendit sa longue main vers le alfeling.
- « ami en effet, mon nom est Trent, Magnus Trent, mage sauveteur d’alfeling tête en l’air pour ce soir… »
La réponse fit éclater de rire Roscoe qui s’empressa de lui serrer la main et par la même occasion, s’étant rapproché du sorcier, lui chaparda sa bourse de cuir…
- « Merci pour tout et a charge de revanche ! »
Magnus, étant congédié par cette simple réponse, sourit de nouveau et après une courbette s’en repartit vers le haut de la rue.
- « Salut, et merci encore, Pigeon. » Murmura pour lui-même le petit bout d’homme en regardant s’éloigner le sombre arcaniste.
Puis, se tournant vers le chiot abandonné, se permit un sourire de plus et lui murmura tout bas :
- « Toi, copain, je t’adopte… Tu seras Barbaque … Merci encore pour le cout de main Barbaque. »
Le chiot acquissa d’un joyeux aboiement et remua la queue, tout joyeux d’être avec le semi-homme.
- « Quelle belle soirée que voilà Barbaque. Elle a bien commencé et elle finira bien ! Allons voir ca que nous veut le Masque ! »

Il repartit, en sifflotant vers le lieu de son rendez-vous. C’était une sombre et froide nuit dans les Marches d’Argent. Le vent soufflait froid et mordant sur la ville de Sundabar…
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 7 Déc - 16:24

Y'a plus qu'à écrire la suite. :biggrin:
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 7 Déc - 19:56

Poup a écrit:
Y'a plus qu'à écrire la suite. :biggrin:

C'est en cour...
Si vous voulez narrer vos parties, n'hésitez pas!
:cool01:
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 28 Déc - 17:03

Le chant d’un merle ramena petit à petit son esprit à la vie terrestre. Le soleil dardé négligeament ses premiers rayons au travers du jeune feuillage de la forêt. La rosée paraît herbes, mousses et fougères de perles d’eau scintillantes au gré de la légère brise. La fragrance d’un Lys des bois ranima l’odorat de l’humain toujours blotti dans sa cape aux couleurs végétales, couverture de fortune certes mais ô combien délectable pendant ces premières et fraîches nuits de printemps.
En ouvrant les yeux et en découvrant les couleurs qui l’entourent, il ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire de plaisir. Au sortir du monde des rêves qui est si proche de celui de la mort, les sens s’exaltent et pendant un instant très court, il lui semble pouvoir toucher le monde et tout ce qui l’habite ; un moment de plénitude et de bonheur incroyablement simple, voir enfantin ; tellement bon.
Les teintes de verts qu’offre le croisement des branches des chênes, hêtres, sapin, noyer, Ormes ; les couleurs chatoyantes des pétales des lys, des églantiers, des muscaris, des pâquerettes ; leurs parfums, celui de la mousse et de l’humus, le tintement de l’eau de la source toute proche font de cet instant si doux un matin tel que l’on souhaiterai les vivres toute sa vie.
Couché sur le côté, la tête sur son sac et le manche de sa lame toujours dans sa paume depuis qu’il s’est couché, car même au paradis, les serpents existent, Gilceleb Aramon profite encore un peu de cet instant si court. Une coccinelle grimpe sur une tige, un papillon sèche ses ailes aux rayons du soleil, un couple de lièvres traverse la petite clairière, ils s’arrêtent un instant, regardent l’étrange forme que compose l’humain avant de repartir à travers les buissons.
Un moment de paix.
Une goutte de rosée tombe sur sa joue, sa fraîcheur fait frissonner tout son corps mettant fin à cet état contemplatif. Il se redressent lestement et s’étire amplement.
Sous le couvert d’un chêne, il trouve de quoi contenter le dernier des sens inassouvis par cette belle matinée, des fraises des bois et des mûres vont compléter de leurs douceurs le pain sec et les noix conservées dans la sacoche. Encore quelques tranches de viande séchée, du pain et avec de la chance des champignons à découvrir pour le midi. Si Nature veut, ce soir il dînera dans une auberge de Sundabar et s’offrira même une chambre au lit douillet.
La tranquillité du lieu lui inspire la paresse, il prend son temps. Après une légère toilette à la source, l’entretien de ses armes, le graissage de la corde de son arc, le décrassage de son armure, il profite de cette solitude pour s’adonner à l’une de ses passions. Il sculpte en ce moment dans un très beau bois d’If aux couleurs mordorées un visage souriant mais déterminé d’une femme aux cheveux couverts de feuilles et de fleurs qu’il désigne comme étant celui de la déesse Mailikki, c’est aussi pour lui un moyen de communier avec la déesse et de prier, c’est ce que faisait son père.
Sculpté le bois est une passion familiale, son père et son grand-père étaient rôdeurs comme lui aujourd’hui mais tous ont appris à sculpter jusqu’à en faire un acte de piété. D’une chose aussi simple que le bois, on peut en dégager toute la beauté des nervures des colories et des nœuds, en faire un objet de valeur et plein de grâce qui sait toucher les gens et qui souvent a permit de subvenir aux besoins de tous les jours. Malheureusement pour Gilceleb son talent n’est pas encore au niveau de celui de son père, il n’a pas eu la chance de pouvoir beaucoup apprendre de lui, seulement de la théorie et si peu de pratique.
Il a vécu jusqu'à ses quatre ans dans un hameau au cœur de la forêt des Luneterres où vivaient une quarantaine d’humains ainsi que leurs enfants. Sa mère Nora était une druidesse, belle et sage, mais pour un enfant, sa mère lui semble toujours plus belle que les autres. Il se souvient surtout de sa silhouette si menue à côté de celle de son père, de ses longs cheveux châtain au parfum de forêts et de ses yeux gris qu’il tient d’elle, il a oublié le son de sa voix, mais il lui semble qu’elle était très douce. De son père, il se rappelle ses cheveux et sa barbe noire, ses yeux noirs toujours très dur qui cachaient pourtant un cœur d’or et de ses mains, si grande pour lui à l’époque, comme celle d’un géant. Tout semblait si paisible, si éternel ; jusqu’à l’arrivée des flammes et des hurlements.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 28 Déc - 17:05

Les cris, les maisons en feu, la pluie diluvienne qui ne cessait de tomber en creusant des sillons dans la terre et les premiers corps qui tombent dans la boue, boue dans laquelle d’étranges pieds avaient laissé leurs empreintes. Son père et quelques hommes, épées aux poings combattaient des ombres étranges, immenses. Sa mère le tenait dans ses bras, d’autres femmes étaient avec eux, d’autres enfants, ses amis, son frère. Ils reculaient loin du combat, ils évitaient les maisons en feu, mais des ombres bloquèrent leur retraite. Du sang coula. Son père les rejoignit pour les protéger, mais le combat était inégal. Des loups apparurent, attaquèrent les hommes, son père était mordu par deux d’entre eux, accroché à son bras et une de ses jambes, il les tua, mais du sang coulait de son corps et tachait ses vêtements, d’autres blessures étaient présentes. Les hommes tombèrent un par un. Quand son père fut transpercé par deux épées aux lames rouillées, il vit pour la première fois le visage bestial et immonde des Orques. Il vit leurs sourires au dernier souffle de son père.
Il ne se souvient pas avoir crié, mais il revoit encore comme si cela se passait maintenant le visage de son père, le sang à ses lèvres, l’inquiétude et la tristesse dans ses yeux, la chute de son corps dans le sol boueux. Il se rappel les larmes brûlantes qui coulaient sur ses joues et la douleur qui consumait son cœur. Cette tristesse empira encore lorsque son frère Corel s’interposa entre sa mère et lui et les Orques pour les protéger. Il fut frappé après un bref duel d’une flèche avant d’être frappé de plusieurs puissants coups de masse qui le défigurèrent et finirent par le décapiter. Sa tête Roula sur plusieurs mètres devant le regard de Gilceleb et de sa mère.
Il se rappel les larmes de celle-ci sur son épaule alors qu’elle courrait dans les bois et les pleurs qu’elle étouffait entre deux respirations haletantes. Il se souvient de la mort de ses amis et de leurs mères dans le même cas qu’eux, frappés par des lames entre les arbres noirs de nuit. Le plus marquant fut la chute, le moment ou son corps se sépara de celui de sa mère ; c’est encore le cauchemar le plus fréquent pour lui. Il vit tomber sa mère au sol, il roula quelques mètres devant elle. Elle était sur le dos, haletante, respirant difficilement. Elle le regardait en prononçant des paroles étranges, ses cheveux étaient emmêlés dans les fougères. Il vit son ventre rond et se rappela qu’un petit frère ou une petite sœur devait bientôt les rejoindre et que maman ne devait pas faire beaucoup d’efforts. Il voulait aller l’aider mais une ombre noire apparue au-dessus d’elle, une lame couverte de sang se souleva avant de plonger dans ce ventre si fragile. Sa mère prononça quelques paroles encore, ses yeux brillèrent un instant d’un vert intense avant de s’éteindre.
L’instant d’après il était entraîné par le col de sa chemise dans la noirceur de la forêt. La sensation des ronces et de la terre sur son corps alors qu’il était traîné se sont mêlé à son état de choc et ses larmes, il revoyait s’éloigner encore et encore le visage éteint et trempé de larmes de sa mère dans les ténèbres. Il sombra alors doucement dans une sorte de comas.
À son réveil, la pluie avait cessé, et le sol sur lequel il reposait était sec, couvert de branchages et de feuilles. C’était une tanière, les rayons du soleil éclairaient sa sortie. Dehors tout était calme et les oiseaux chantaient leur joie au beau temps revenu. Gilceleb était seul, mais il reconnut le lieu. C’était la tanière d’un vieux blaireau qui communiait avec sa mère. Souvent tous deux étaient venu le nourrir et Gilceleb avait pu jouer avec lui en grimpant sur son dos. L’animal avait répondu à l’appel de la druide et avait sauvé l’enfant…Au prix de sa vie propre. L’animal gisait au sommet du monticule qui couvrait la tanière, une flèche puante et noire de crasse était plantée dans ses côtes. L’enfant la retira maladroitement, la jeta au loin avant de plonger sa tête dans le pelage rêche et sanglant de l’animal et s’abandonner aux pleurs et aux cris de douleur qui n’avaient pu sortir la veille.

Même au présent, se remémorer ces instants restent douloureux pour Gilceleb l’adulte, sans le vouloir vraiment, voila que se grave sur le visage de la déesse le sillon d’une larme. Les larmes peuvent signifier la faiblesse, mais dans certain cas, elles sont un rappel pour la vengeance, elles sont une source qui ne tarira qu’à l’assouvissement de celle-ci. Gilceleb le sait, il vise haut. Jamais il ne pourra tuer seul tous les Orques qui polluent cette terre, mais il fera tout ce qui est en sa force pour en éliminer le plus possible et assurer la paix le plus longtemps possible au bon peuple.

Il est temps pour lui de se remettre en route. Après avoir soigneusement rangé son œuvre, il rassemble ses affaires. Avec l’habitude et l’expérience, son équipement à trouver sa place aux parties de son corps qui n’entame en rien sa mobilité ; ainsi il peut porter son épée courte et son épée longue, son sac, son arc et son carquois de flèches et conserver cette discrétion si chère aux rôdeurs.
Une flèche reste toujours dans sa main, avec son arc, prête à être tiré, le temps gagné peut vous sauver la vie, celle d’une personne en danger ou vous assurer une proie et un bon repas.
La route jusqu’à Sundabar ne sera pas trop difficile, il a déjà vécu bien pire, il a failli en mourir. Ce retrouver seul a à peine quatre ans en pleine forêt, c’est la mort quasi assurée, mais malgré tout, il a survécu. Pendant six jours et six nuits, il a traversé des lieux de forêt et de landes. Il se souvient avoir grimper aux arbres comme un petit singe apeuré à la proximité de bêtes féroces, manger des racines de plantes comestibles que sa mère lui avait montré ; découvrir dans la douleur de coliques qu’elles ne se mangent que cuites. Se ruer dans les ronces pour pouvoir attraper les baies que normalement son frère attrapait à sa place. Reproduire petitement les gestes de son père pour enflammer du bois. L’enfant qu’il était maigrissait a vu d’œil, malgré tous ses efforts pour honorer le sacrifice de sa famille et du vieux blaireau, la mort chaque jour gagnée des lieux sur son corps et une blessure au visage datant de la nuit du massacre et qu’il n’avait pas vu s’infectait. Il passa trois jours dans des landes hostiles où il ne trouva qu’un serpent à manger et des champignons infects. Il arriva au matin du septième jour à l’orée d’un bois, quelques baies et de l’eau pure redonnèrent des couleurs à son visage blanc et crasseux.
La forêt semblait calme, l’enfant y pénétra comme une ombre, mais une ombre peut être vu.
Alors qu’il avançait mue par l’habitude discrète de ces derniers jours, lorsqu’il se croyait tranquille contre un arbre, il fut pris au col par une grande forme sombre. À cet instant, le souvenir de la nuit d’horreur qu’il avait vécu ressurgit et au lieu de voir un homme il ne voyait que le visage grimaçant des Orques. Il hurlait et pleurait tentant de se soustraire aux bras qui le maintenaient. Les deux gardes sylvestre présent ne savaient que faire pour calmer l’enfant loqueteux. Lorsque arriva une druidesse demi-elfe, les deux hommes la prièrent de son aide. Amra Eauclaire, vêtue dans sa robe de druide, s’approcha de l’enfant et tenta par des paroles de calmer le petit humain, celui-ci y répondit en ouvrant de grands yeux surpris qui vite se noyèrent de larmes. L’enfant se jeta dans ses bras en l’appelant sans cesse « maman, maman ! » Il est vrai que malgré quelques différences, la ressemblance entre les deux femmes pouvait se voir, les longs cheveux châtains, la frêle silhouette, le visage fin, la robe druidique ; mais ce qui frappa le plus le jeune Gilceleb c’est le parfum de forêt, identique à celui de sa mère. L’enfant ne lâcha plus le cou de la demi-elfe et continua à pleurer sur son épaule en l’appelant maman jusqu’à ce que la fatigue et le sentiment de sécurité ne l’endorme enfin.
La communauté de Quaervarr devint un deuxième foyer pour lui qui ne pu et ne voulu plus quitter la druidesse qui dès lors l’adopta et repris son apprentissage d’homme des forêts.
Gilceleb voue une reconnaissance sans borne à sa mère adoptive et attend toujours avec beaucoup d’impatience la prochaine fois qu’ils pourront se revoir, mais la route de Sundabar le mène pour le moment dans une autre direction. Ils ont décidé tous deux que Gilceleb devait un temps découvrir le monde par d’autres chemins que celui de la communauté dans laquelle il vit, élargir sa perception du monde et s’aguerrir tant comme guerrier et rôdeurs que comme homme.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 28 Déc - 17:05

Le soleil au zénith, Gilceleb profita de la dominance d’un très vieux cèdre pour s’offrir un panorama magnifique sur la forêt. Sur l’horizon, on pouvait distinguer la cité. Il était plus prêt que ce qu’il pensait, et c’était tant mieux. Il sortit la viande séchée qu’il mastiqua en profitant du paysage. C’était vraiment une belle journée.
Il n’avait pas fini son premier morceau qu’il perçut un mouvement dans les fourrés en contrebas. Il se déplaça sur sa branche pour avoir meilleur angle et prépara son arc, avec un peu de chance, il pourrait même récupérer une belle peau à vendre en ville, une hermine serait parfaite, sa fourrure se vendait bien en ce moment, il pourrait ainsi renouveler son stock de pointes de flèches et acheter de nouvelles bottes.
L’animal allait sortir du couvert des arbres, Gilceleb banda son arc dans cette direction. La corde était tendue à l’extrême et la flèche bien équilibrée filerait comme l’éclair. Encore un instant…Mais non, Gilceleb relâche lentement la corde et range la flèche, la proie n’est vraiment pas de celle qu’il s’attendait à voir ici.
Une jeune femme aux cheveux blond roux sortit en trébuchant d’une broussaille, une robe simple mais jolie, verte avec des broderies plus foncées et beiges sur le corset. Au premier coup d’œil, Gilceleb était certain que la femme n’avait pas l’habitude de se mouvoir dans les milieux naturels et sa robe ne s’y prêtait guère. Quand elle trébucha encore et s’étala de tout son long dans l’humus, il en fut certain. Il trouva l’instant drôle et ne se montra pas. La jeune femme pleurnicha un instant dans sa manche en se redressant pour se mettre assise.
« Je suis morte de faim, et il est passé où ce sale chien…Je déteste cette bête qui ne fait que me mordre. La maîtresse va me renvoyer si je ne le retrouve pas…Mais j’ai passé la nuit dehors et j’ai faim, Oh ! Je vous en prie, je ferais tout pour quelque chose à manger ! » dit elle dans un geste de prière vers le ciel.
À ces mots, une mûre puis une autre tombèrent simultanément juste devant elle.
« Oh ! Des mûres, quelle chance dit elle en les dévorants goulûment. Hum ! Elles sont délicieuses ! Tiens, une autre, et encore une…Tiens, une fraise !? Je ne savais pas que cet arbre était un mûrier et qu’il faisait aussi des fraises ! »
À cet instant, Gilceleb ne pu se retenir et le fou rire le prit. La jeune fille surprise et apeurée regardait partout en appelant sans cesse celui qui restait caché à sa vue. Quand il put reprendre contrôle, il l’interpella.
« Pardonnez ma petite farce, mais quand je vous ai vu si joliment ridicule, je n’ai pu m’empêcher de vous jouer un petit tour !
- Qui êtes-vous ! Descendez si vous êtes un homme ! dit elle en sortant un petit couteau de sa manche
- Du calme mademoiselle, je ne vous veux pas de mal, sinon j’aurais pu vous tirer d’une flèche comme l’Hermine que j’espérais que vous étiez. Je descends et je me présente.
La jeune fille recula, prenant une zone de sécurité que Gilceleb respecta. Il fit une légère révérence apprise auprès des elfes pour rassurer un peu cette fille de la ville. Celle-ci sembla y être sensible, car son corps se détendit.
« Je m’appelle Gilceleb, je viens de Turlang et me rends en ce moment même vers Sundabar. Enchantée !
Et en relevant les yeux, il le fut vraiment, La jeune fille était vraiment plus belle qu’il ne l’avait vu au premier abord, une belle peau rose, des yeux verts pétillants de vie un ovale de visage bien dessiné, de belles formes jeunes et généreuses, beaucoup de grâce dans ses gestes. Et quand elle s’approcha d’un coup les yeux brillants et plein d’espoir il ne pu réfréner le rouge à ses joues.
- Vraiment ! Vous allez à Sundabar, Oh, je vous en prie, emmenez- moi avec vous, je suis de la cité, mais je me suis perdu dans cette forêt, je ne sais même pas où aller. En fait je cherchais le chien de ma maîtresse qui c’est perdu ici mais je ne le trouve pas, le pauvre !
- Vous êtes plus à plaindre que lui, à l’heure qu’il est, il doit se trouver bien au chaud, près du feu du salon de sa maîtresse.
- Vous êtes sûr ?!
- Oh oui ! Les chiens ont un bon sens de l’orientation et ils retrouvent toujours leur maison.
Vous voulez dire que je tourne en rond depuis un jour et une nuit pour rien !
- J’en ai bien peur. Malgré tout vous avez eu de la chance de ne pas avoir été attaqué par des loups.
- En fait, dès que la nuit est tombée j’ai grimpé dans un arbre pour y dormir.
- Sage décision.
- Mais je n’ai rien mangé depuis trois repas…
- Je suis désolé…tenez, dit-il en ouvrant son sac, c’est de la viande séchée…Attention ! Mâchez bien sinon vous allez vous étouffer…Eh bien voilà !
La jeune fille se tordit en deux en se tapant la poitrine pour faire passer le morceau de viande, elle se redressa, les larmes aux yeux à cause de l’étouffement, mais souri en prononçant une phrase de satisfaction. Le rose aux joues la rendait encore plus belle. Gilceleb s’aperçut de sa gène et tenta de la cacher en lui proposant de s’asseoir et de continuer à manger. Elle ne se fit pas prier et dévora tout sans demander si lui avait mangé quelque chose. Une fois qu’elle eue bue une bonne partie de la gourde, elle poussa un soupir de satisfaction.
- Ooh ! Je suis désolé, j’ai tout mangé sans vous demandez si vous vouliez quelque chose.
- Ce n’est pas grave, j’ai déjà mangé mentit-il, et je n’aurais pas osé tendre le bras de peur que vous ne le dévoriez aussi.
Elle rosie encore en faisant une petite moue d’excuse et ils se mirent à rire tous deux.
- Je ne me suis pas présenté, je me nomme Hélénie
- Enchanté… Hélénie ! Comme les marguerites d’automne. C’est un nom qui vous va bien.
- Merci ! C’est ma mère qui l'a choisie, à cause de mes cheveux et parce qu’elle aime beaucoup ces fleurs.
- Bien Hélénie, maintenant que nous sommes présenté et que vous avez mangé, si on y allait. Sinon nous ne serons pas à Sundabar avant la tombée de la nuit.
- D’accord, allons-y !
La randonnée jusqu’à Sundabar se passa calmement, remplie d’innocentes discussions. Hélénie était intarissable et aimée à parler de tout et fut émerveillée de savoir que Gilceleb vivait avec et avait pour amis des Elfes et des Ents. Elle avoua qu’elle était nulle en botanique ce qu’il confirma quand il lui apprit que le prétendu mûrier était en fait un cèdre et que les fraises ne sont que des vivaces qui ne dépassent pas vingt centimètres.
Ils rirent de bons cœurs et de légères mais agréables discussions agrémentèrent le trajet.
Ils retrouvèrent un chemin qui les conduisit à une entrée de la cité. Hélénie redoutée de retourner chez sa maîtresse si le chien n’y était pas. Elle fut soulagée quand elle entendit l’animal aboyé à travers les fenêtres, un court instant seulement avant que la vieille rombière ne commence à la critiquer pour son incompétence et son retard. Elle se tu quand elle aperçut Gilceleb tout en arme et disparut derrière sa porte.
- Je vous remercie pour tout, sans vous je crois bien que je tournerais encore en rond dans la forêt. Je n’ai rien à vous offrir, mais sachez que je vous suis redevable et que je ne l’oublierai pas.
- Je vous en prie, ce n’était rien du tout. Tenez, c’est un petit cadeau et il lui tendit le tissus protégeant son ouvrage du jour.
Elle l’ouvrit doucement et fut émerveillée par la sculpture. Son regard ne cessa d’aller de l’objet au visage de Gilceleb, surprise et admirative.
- C’est magnifique, je ne peux pas !
- Je vous en prie, C’est Mailikki, la Déesse chasseresse, si un jour, vous vous perdez de nouveau, en forêt faite appel à elle pour vous secourir.
-... Merci pour tout, Au revoir.
Au revoir.
La jeune fille se retourna et partit timidement, le pas hésitant. Vers l’entrée, elle se retourna subitement et revint rapidement pour voler un baiser au jeune homme.
- Je…
- Ne dite rien, J’en avais envie et de toute manières, elle doit déjà penser que nous sommes amants dit-elle avec un hochement de la tête en direction de la maison, mouvement que le rôdeur trouva charmant.
Je pouvais bien vous donner un baiser pour tout ça et votre cadeau…Merci encore ; au revoir.
Cette fois elle disparut derrière l’embrasure de la porte, pas de deuxième baiser, même si à cet instant c’était le souhait le plus cher de Gilceleb. Il repartit, le souvenir de la douceur de ses lèvres sur les siennes.
Vraiment, voila une journée tel qu’on voudrait toute les vivres.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 28 Déc - 17:06

Sundabar était typiquement une cité des hommes ; cercle de constructions diverses entouré de remparts, alimenté de vies se déplaçant dans un veinage de ruelles labyrinthiques. Parfois ce corps minéral semble en bonne santé sous des bâtisses massives et solides et parfois il semble mourrant avec de vieilles chaumières branlantes et défraîchies.
Chaque quartier, chaque maison est à l’image de son propriétaire, le reflet de son niveau social.
Hélénie était servante dans une très belle demeure de pierre, aux fenêtres et aux encadrements de portes sculptés. Sa patronne devait être très riche, les pièces à l’intérieur devaient être immenses, bien meublées et chauffées. Pourtant il était sur que la jeune fille ne devait avoir qu’une petite chambre dans les sous pentes du toit, un plancher de bois craquant et vieux, une petite fenêtre, un lit tout simple avec de vieilles couvertures. Peut être un petit brasero un coffre et une bassine avec une cruche pour l’hygiène. Au moins aura-t-elle désormais une petite sculpture pour égayer cette triste chambre. Il l’imagina dans cette pièce, sur son lit à regarder le visage sculpté, il lui sembla qu’elle s’arrêta pour le regarder, se leva et laissa tomber sa robe au sol, dévoilant son corps si beau. Elle leva une main pour l’inviter à la rejoindre, elle ouvrit la bouche et…
- Bouge de là, le jeune, tu vois pas que tu gênes les livreurs !
Le retour à la réalité fut brutal, Dans sa rêverie, il s’était dirigé vers le quartier commerçant, plein de vie et d’animation et ô combien encombré. Le rêve était parti, les joues brûlantes, il se décida à rester dans la réalité.
Il laissa passé le convoi de marchandises et vaille que vaille, tenta la traversée de cette rue. Il avait rangé sa bourse dans sa ceinture pour la mettre hors de portée d’éventuels voleurs. Les commerces étalaient leurs marchandises sur le devant des étals, des comédiens de rues attiraient les spectateurs avec des numéros, des gens discutaient, d’autres marchandaient. Ce brusque changement de milieu fit tourner la tête au rôdeur qui se mit à l’abri dans un renfoncement entre deux maisons. Comme pour lui rappeler qu’il n’y avait pas que de belles choses dans les cités, il évita de justesse le contenu d’un sceau jeté de l’étage de la maison à sa droite. Cet amalgame composé d’excréments, de restes d’aliments et d’eau sale s’étala devant lui, souillant légèrement ses bottes.
En relevant la tête, il vit la femme qui depuis sa fenêtre tenait encore son sceau en le regardant avec dédain. Avec un sourire moqueur, elle dit
- Pas de chance, j’vous ai raté.
L’instant d’après la grosse femme voyait son sceau planté d’une flèche au battant de son volet. L’air surpris et effrayée elle regarda le rôdeur qui lui répondit.
- Pas de chance, je vous ai raté, c’est votre langue que je voulais clouer au volet.
L’enquiquineuse, livide, poussa un gloussement effrayé, comme le cri d’une truie et s’empressa de refermer son volet.
Gilceleb rangea son arc et tapa ses bottes pour les décrotter contre le montant de la porte de la maison de la femme.
Des rires se firent entendre de l’autre côté de la ruelle. Des passants et les commerçants qui avaient suivi la scène se moquaient maintenant de la rombière.
- Ah ! Bravo petit, cette vieille folle d’Huguette l’a bien mérité, j’l’avais jamais vu aussi blanche, elle va sûrement se calmer pendant un certain temps.
- Heureux d’avoir pu vous être utile.
- Tiens pour te remercier de ce bon moment.
L’homme lui tendit un saucisson fumé à l’odeur alléchante. Il vit que c’était un boucher, le visage aussi rond que son ventre, dégarni et grisonnant mais à l’air jovial et rougeaud.
- Je vous remercie, si je dois faire ça tous les jours pour un saucisson je reviens quand vous voulez !
- Aha aha ah ! Quand tu veux petit !
- Merci encore, et bonne journée !
- À bientôt !
Il repartit à la recherche d’une auberge qu’un de ses amis rôdeurs, Rollon, lui avait conseillé. Ce sont ses parents qui en étaient les propriétaires.
Elle ne portait pas de nom, mais son enseigne représentait un Edelweiss et tous l’appelaient ainsi. Gilceleb la trouva après la prise de quelques renseignements sur la direction à suivre. Il la trouva non loin de la Grand Place. C’était une maison à colombage, au bois mordoré et aux murs blancs fraîchement repeint. L’enseigne était joliment sculptée et colorée, les marches et le perron de pierre propre et agrémenté de fleurs en pots.
Passé la porte d’entrée, un petit vestibule permettait de nettoyer ses bottes et laisser son équipement aux bons soins d’un adolescent, Louis, mince, cheveux châtain en bataille et au visage couvert de boutons mais souriant.
En passant la seconde porte, une douce odeur de potage et de viande rôties et marinée envahie ses narines. Tout cela tira un rugissement à son estomac qu’heureusement personne n’avait entendu.
La salle était très belle, du bois sculpté composé le mobilier dans des teintes blanches et mordorées, des carreaux d’argile de différentes couleurs couvraient le sol. Les murs peints à la chaux et les poutres offraient un aspect clair et chaleureux à la pièce. Un long comptoir prenait tout le mur gauche, une bonne vingtaine de table remplissaient la salle et une scène était présente sur le fond droit. Des escaliers de bois menaient à l’étage supérieur, probablement vers les chambres de l’établissement. Une énorme cheminée centrale en pierre de taille chauffait agréablement la pièce tout en dorant oiseaux et gigots sur des broches tournantes.
Un homme se tenait derrière le comptoir et remplissait chopes et tasses des commandes de sa clientèle qui emplissaient la pièce de conversations cordiales et animées. Deux serveuses assuraient l’approvisionnement des tables, leur physique proche prouvait qu’elles étaient sœurs et fille de l’homme. Une femme sortie d’une porte latérale, chargée de victuailles. Petite et potelée, elle offrait un visage souriant bien qu’emplit de sueur. Des yeux marron, petits mais pleins de vie, des cheveux blonds, coiffés en chignon distingué, le front ceint d’un foulard bleu nuit, une simple robe bleue et un tablier de cuisinière blanc. Elle posa les tourtes et les tartes sur le comptoir sous les hués et les applaudissements de la salle impatiente de goûter à cela. Elle leur fit un petit remerciement de la main avant de retourner vers ses fourneaux. C’est là qu’elle aperçut notre rôdeur toujours debout devant l’entrée. Elle le dévisagea un instant avant que son visage ne s’illumine encore plus.
- Oh ! Grands Dieux, mais c’est Gilceleb ! dit elle avec un petit accent chantant.
Elle le prit dans ses bras comme une mère aux retrouvailles d’avec son enfant. Surpris, Gilceleb se laissa dorloter par cette femme qui ne lui arrivée pas aux épaules, qu’il ne connaissait pas mais dont ce n’était visiblement pour elle pas le cas.
- Que je suis heureuse de te voir ! Lui dit elle en le libérant de son étreinte.
- Euh…je…Moi aussi…mais…
- Ahahah ! Tu as l’air surpris n’est ce pas, comment je peux savoir que tu es Gilceleb sans jamais t’avoir vu. Mais Rollon nous a parlé de toi et de votre amitié, tu es comme son frère pour lui, il nous parle toujours de toi avec beaucoup de fierté et de bonheur. Je t’ai reconnu surtout à ton accoutrement mais aussi à ces beaux yeux gris et à cette cicatrice que tu as à la joue. J’étais sur que c’était toi !
- Eh bien ! Je suis heureux de faire votre connaissance.
- Je t’en prie pas de manières en famille, appel moi Noline. Olger, Olger ! Viens vite ; regarde, c’est Gilceleb l’ami de Rollon.
L’homme sorti de derrière son comptoir, le sourire de Rollon naquit sur son visage. Il prit également le jeune homme dans ses bras. Ventripotent, avec une grande barbe grisonnante et des cheveux dégarnis, de grands yeux bleus, une voix de ténor et des mains de fer.
- Bienvenu à la maison fils ! Ca t’embête pas si je t’appel fils ! Comme Rollon te considère comme un frère tu es un peu comme un fils pour moi ! Ahahahaha ! dit Olger en tapant le dos de Gilceleb qui se sentit encore plus gêné qu’avant.
- Allez Fils, va t’asseoir, on va t’apporter de quoi manger. Ah ! D’abord. Voici Emeline et Emilie, mes filles. Les deux jolies sœurs avaient la blondeur de leur mère et les yeux de leur père. Des formes rondes et attirantes qui n’étaient sûrement pas innocente quand à la forte présence masculine dans l’auberge. Une autre femme Marie, brune et tout aussi jolie faisait le service et aidée à la cuisine.
Viens fils, va t’installer à une table, tu nous parleras tranquillement de ta vie et de notre fils quand la soirée sera finit. Eh ! Qui veut bien faire une place au meilleur ami de Rollon ? Crie t’il à la salle.
- Amenez le là patron, entre rôdeurs, on va s’entendre.
L’homme qui avait répondu était petit, la trentaine, avec une barbe et des cheveux roux coupés court, des yeux bruns, un nez cassé et les vêtements typique du forestier. Il se nommait Yann et lui présenta ses compagnons. Lucien, marchand de la cité, spécialisé dans les épices. Grand, la quarantaine, assez beau, les cheveux mi-long, un visage fin et avenant. Il portait des vêtements de prix et semblait déjà passablement éméché.
Le second répondant au nom de Brand était bûcheron. Il venait souvent en ville marchander le prix de ses fûts et faire ses livraisons. Plus large que haut, des bras comme des cuisses, des muscles saillants, prouvaient son aptitude à son travail. Les cheveux noirs hirsutes, les yeux bleu clair et une barbe de quatre jours lui donnaient un air un peu mauvais mais qui ne correspondait en rien à son caractère généreux et bon vivant.
Le dernier, un Halfling était juché sur un tabouret haut sirotant une pinte. Il arborait ses cheveux bruns en une unique et grande tresse agrémentée d’anneaux de métal argenté. Vêtu d’un pantalon et d’une chemise ample blanche et d’un manteau lourd brodé retenu par une fibule d’argent. Fardin arboré un sourire niais et des yeux pétillants embués par l’alcool.
- Nous fêtons une réussite commerciale de Lucien, lui dit Yann, qui lui a permit de récolter pas mal de contrats pour le futur. Malheureusement ces deux la sont déjà bien éméché et la soirée risquait de s’éteindre avant votre arrivée, on va pouvoir maintenant avoir des conversations compréhensibles…pas vrai Lucien !
- Moouuaaais ! Hips !
- Assied toi ici avant que les deux autres ne s’endorme sur le banc.
- Mais, hips ! Nous ne sommes pas du tout soul, dit Fardin avant de retomber dans une béatitude toute Dionysienne.
- Alors mon gars, d’où tu nous viens et comment va Rollon ?
- Bien ! En tout cas depuis la dernière fois que nous nous sommes vu. Je descends de la forêt de Turlang que j’ai quitté récemment.
- Et tu cherches quelque chose de précis ?
- Pas vraiment, je suis surtout ici par découverte et pour trouver des opportunités, du travail surtout.
- Ici tu trouveras tout ce que tu veux, bien que pour un forestier, trouver du travail en ville ne soit pas si facile.
- Qu’est ce que tu cherches comme boulot !
- Oh, Beaucoup feront l’affaire, je connais les plantes des bois, je sais écrire…sculpté…
- Je ne crois pas que les herboristes cherchent un cueilleur, par contre je connais un sculpteur, dit le bûcheron, Le vieux est tout seul en ce moment et les commandes s’accumulent. Je pense qu’un assistant serait une aide précieuse en ce moment.
- Ca peut être intéressant.
- Omar Myntuk est son nom, c’est le meilleur sculpteur sur bois de la cité, va y de ma part ; on se connaît bien puisque c’est moi qui abat les fûts qu’il a sélectionné en forêt. Tu trouveras son atelier non loin de la porte sud, sur une placette que tu trouveras en suivant la rue des stockages de bois.
- Eh bien, merci de l’info. Je vous offre à boire pour vous remercier.
- Ouais ! Dire ensemble les deux saoul qui n’avaient pourtant pas encore finis leur verre.
Et la discussion reprit bon train, accompagné du fructueux repas de l’établissement dont la spécialité ; des cailles marinées aux herbes, farcies aux oignons rouges et rôties au miel de printemps. Moelleux, doux et sucré à l’intérieur, croustillant et légèrement acidulé à l’extérieur. Gilceleb en reprit même encore une après le dessert. Tourte aux fruits, rhubarbes, mirabelles, poires et fruits secs accompagnée d’un vin liquoreux au parfum de rose finirent d’éblouir les sens des convives.
« A corps bien plein, esprit serein » dit Yann
- Et c’est bien vrai, répondirent ils en cœur en choquant leurs verres.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1202
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 37
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   Dim 28 Déc - 17:06

Malgré l’heure tardive, Gilceleb était surprit de voir l’auberge encore plus pleine qu’en début de soirée.
- C’est normal répondit Yann à son interrogation. On attend tous le spectacle.
- Un spectacle ?
- Oui ! Tous les soirs un artiste se produit sur scène. Ils sont une dizaine à se relayer. Mais ce soir c’est Loreleï ; enfin, c’est son nom de scène. Cette chanteuse est exceptionnelle ! Je n’ai jamais entendu quelqu’un avec une voix pareille, pourtant j’ai côtoyé des bardes elfes, c’est dire !
- Eh bien je suis de plus en plus intéressé !
- Et il y a de quoi, tu verras également quelle beauté c’est ! Tiens la voila !
La femme qui apparut à l’entrée de la salle était encapuchonnée dans un long manteau de velours vert foncé. De jolies bandes brodées de fils blancs délimitaient les pans du vêtement et de la capuche qui dissimulait son visage. Quelques gouttes d’eau scintillaient sur le tissu, dehors la pluie devait tomber.
Elle salua aimablement Olger et Noline qui l’accueillir chaleureusement. Elle se dirigea ensuite vers la scène où les jumelles avaient placé une harpe et où Marie avait disposé des tentures fleuries pour encadrer le tout.
Les mouvements de la chanteuse étaient gracieux et naturel, étrangement il semblait familier au rôdeur qui chercha le visage de la femme.
Quand elle rabaissa sa capuche, Gilceleb resta figé d’admiration.
- Hélénie ?
- Quoi ? Dis moi, tu l’as connais Gilceleb ?
- Euh, oui !... Enfin…un peu ; on c’est rencontré aujourd’hui…mais il me semble que ce n’est plus la même, celle que je connais était magnifique…celle-ci est…époustouflante.
- Petit veinard ! Mais fais attention, tes yeux vont sortir de leurs orbites ! Lui dit Brand. L’air gênait et le rouge aux joues de Gilceleb fit rire les deux comparses encore réceptifs. Lucien et Fardin commençant eux à cuver leur alcool dans le sommeil.
Yann, à coup de taquineries et de coups de coudes fit rougir encore plus le jeune homme ce qui fit encore plus rire Brand et lui même.
Leurs rires attira l’attention de la salle, quand ils s’en aperçurent, ils se turent et se tournèrent vers la scène et virent que Loreleï, ou Hélénie les regardait. Elle était monté sur l’estrade et se tenait droite à côté de la Harpe, quand Gilceleb la regarda, il ne pu plus la quitter des yeux. Elle était vêtue d’une sublime robe de velours vert forêt, des entrelacs aux motifs floraux courraient sur sa robe, scintillant d’argent et d’or, de petits cristaux représentaient des fleurs brillantes comme des étoiles. Une ceinture de cuir fin d’un beau beige ambré, agrémentée également d’entrelacs et de pierres vertes ceignait sa taille de guêpe d’une manière envoûtante. Son corset mettait en valeur sa poitrine généreuse et volontaire. Ses bras et ses épaules étaient couverts, les manches bouffantes et les fleurs brodées dessus lui donnaient un air majestueux quand elle les bougeait. Ces cheveux or cuivrés étaient en partie relevés, tenus par des rubans de velours aux mêmes couleurs que la robe, il se mariait aux mèches laissées naturelles et celles tressées ou habillées de perles de couleurs. Une petite chaîne d’or frontal et des boucles d’oreilles aux pierres translucides complétaient le tout. Mais ce qui parut le plus incroyable à Gilceleb, c’est la douce et sublime couleur de ces lèvres rose, leur forme délicate, l’élégance de son nez et ces yeux, dont le vert surpassait tous les autres. Quand il les regarda, il su qu’elle l’avait reconnu. Ces yeux brillèrent un instant, ces lèvres esquissèrent un discret sourire ; Gilceleb ne pu s’empêcher de faire pareil. Il se saluèrent du regard, montrant le plaisir qu’ils avaient de se revoir. Elle rompit le premier ce lien, allant s’assoire sur la chaise au côté de la harpe. Quelques regards jaloux dévisagèrent le jeune homme et quelques coups de coudes de Yann vinrent le taquiner, mais rien ne le sorti de sa contemplation ; il ne souhaitait qu’une chose, la voir jouer, connaître son univers et entendre sa voix.
Quand les premières notes de harpe retentir, un frisson parcourut son corps, et quand elle commença à chanter, les larmes lui montèrent aux yeux. Il n’aurait pu trouver les mots pour exprimer ce qu’il ressentait, alors il écouta. La chanson parlait du printemps, de la vie naissante et de l’amour de deux amants qui craignait la mort et leur séparation, il cherchait un moyen de vaincre la mort jusqu’au jour où, proche d’une source ils se rendirent compte que tout ce qu’ils voulaient était là, dans cet instant, que ce n’est pas la mort qui les séparait, mais eux dans leur quête de l’impossible, et ils s’aimèrent, dans la fraîcheur de la mousse et la douce chaleur des rayons du soleil.
La salle resta suspendue jusqu’à la dernière note avant de s’emplir des applaudissements et des cris des spectateurs.
Loreleï interpréta encore une série de chants avant d’inviter diverses personnes sur scène pour l’accompagner, des flûtistes, des femmes et des hommes de l’assistance qui jouèrent divers instruments en suivant le rythme imposé par la harpiste. Le spectacle était magnifique, il n’y avait plus une artiste mais une pièce emplit de chanteurs, de danseurs et de musiciens. Malgré cela, Gilceleb ne quitta pas des yeux Hélénie de toute la soirée. Celle-ci lui rendit son regard avec un sourire avant de faire taire l’assistance.
- Mes amis, j’ai remarqué qu’ici ce soir, quelqu’un n’avait pas participé beaucoup ; J’aimerais qu’il se manifeste et vienne nous interpréter une chanson.
- Ah bin oui ! Dirent en cœur les membres de la salle.
- Alors, Gilceleb !
Le rôdeur resta un instant figé avant de chercher à refuser discrètement.
- Oh non ! Dit elle, tu ne te défileras pas, tu t’es moqué de mon ignorance en botanique (la salle poussa un oh d’indignation) maintenant c’est à moi de juger de votre talent dans mon domaine.
- Mais…c’est que…
- Pas de mais, Allez Monsieur, par ici ! Dit elle d’un élégant mouvement de la main.
Toute l’assistance s’était tournée vers lui. Trop gêné pour refuser maintenant, il se leva timidement et s’approcha de la scène.
- Alors beau rôdeur dit elle que va tu nous interpréter.
-…je ne connais que des chants Elfique, j’espère que cela ne vous dérange pas.
- Pas du tout ! Voulez vous que je vous accompagne.
- Les chants que je connais s’interprètent sans instruments.
- Alors, on vous écoute.
Tous les regards s’étaient tournés vers lui, il ne pouvait vraiment plus se défiler. Il se racla la gorge et alla s’asseoir sur le rebord de la scène devant Hélénie, légèrement à gauche. Il la regarda encore un instant ; regard qu’elle lui rendit avec un joli sourire un peu taquin mais impatient et curieux aussi.
Pour ne pas bafouiller, il préféra baisser la tête et fermer les yeux, il prit une profonde inspiration et laissa sortir les premiers mots. Il avait choisi une chanson qui parlait du temps qui passe, d’un regard qui observe la nature et s’émerveille de ce qu’il voit, du ciel, des nuages, du vent qui donne mouvement au végétal, des odeurs et des lumières lointaines dans le ciel. C’était la chanson des rôdeurs Elfes, leur prière à la nature et leur chant de guerre face aux maux destructeurs.
Le chant était long, mais il décida tout de même d’aller au bout du texte et d’y mettre toute son âme.
Quand il eu finit, il n’entendit aucun bruit, il ouvrit les yeux doucement un peu inquiet. Les gens étaient là, à le regarder béatement. Le silence le mit mal à l’aise jusqu’au moment où Yann commença à frapper dans ses mains, aussitôt suivi par la salle. Gilceleb poussa un soupir de soulagement, le chant n’est vraiment pas un art dont il se sent très à l’aise, même si tout le monde lui dit qu’il est doué.
Hélénie se leva et regarda le plafond, les mains dans le dos.
- Eh bien, dit-elle je n’ai vraiment pas de chance, je ne peux même pas le taquiner sur mon domaine, il est doué le bougre !
La salle rie de la remarque, les gens commencèrent après à discuter entre eux et à quitter l’établissement. Yann et Brand avaient rejoint leur nouveau compagnon. Hélénie s’approcha du groupe qui l’accueillit respectueusement.
- Je venais vous remercier pour votre belle chanson, décidément aujourd’hui vous avez été tout pour moi, un sauveur, un guide, un artiste qui m’a émerveillé.
- C’est bien trop de compliments, surtout pour le dernier, je ne vous arrive pas à la cheville.
- En plus vous êtes modeste.
- C’est vrai dit Brand, vous êtes quand même bien meilleure, mais il nous a surpris le petit avec son chant pas mal du tout !
- Merci l’ami !
- Bien, je vais vous laisser dit elle, il se fait tard et la nuit sera courte.
- Je peux vous raccompagner peut être, Dit Gilceleb.
- Non, c’est gentil, mais j’ai deux amies qui vont m’accompagner dit elle en montrant du regard deux jeunes femmes à l’entrée, grande et bien bâtie, habillées de robes de tous les jours.
- Ah, bien ! Dit-il en essayant de cacher sa déception.
- Bonsoir, messieurs !
- Belle dame, dirent t ils en choeur en faisant une révérence.
Yann posa une main sur l’épaule de Gilceleb.
- Pas de chance, pour ce soir, mais ne perd pas espoir, les filles de la ville aiment être désirée.
- Pourtant je ne crois pas pouvoir être plus désireux que maintenant.
La belle se couvrit de son manteau et sortie accompagnée de ses deux amies qui parlaient à voix basse en jetant des regards entendus et amusés en direction du jeune homme.
Olger apparut alors devant lui.
- Je te dirais que je suis bien content ce soir, de t’avoir rencontrer et de t’avoir entendu chanter. Viens mon garçon, tu vas pouvoir me raconter tes aventures et me donner des nouvelles de mon fils. Et il alla s’installer à une table où sa femme et ses filles s’étaient assises.
Le jeune homme alla les rejoindre, non sans un dernier regard un peu triste vers la porte.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: LES PRELUDES...   

Revenir en haut Aller en bas
 
LES PRELUDES...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Antre-Mondes :: La Taverne Du Blâh :: Le 10ème art : Le jeu de rôles :: Donjon et dragon 3.5-
Sauter vers: