Jeux de rôle, jeux de plateau, jeux de cartes, Wargames, jeux de dé, soirées entre amis
 
PortailAccueilMembresFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Partagez | 
 

 Exil - Au nom du coeur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Exil - Au nom du coeur   Dim 14 Fév - 15:32

Elle avait pris une position des plus improbables. Prise dans les draps et les coussins du lit, visage tourné vers la gauche, torse orienté sur la droite, un bras au-dessus de la tête, l’autre le long du corps, bassin tourné à gauche et jambes tantôt droite et raide tantôt pliée. Ses cheveux châtains, longs et bouclés s’étalaient comme une mer calme et parfumée autour d’elle. Son cou tendu faisait ressortir ses muscles tendues comme une passerelle vibrant au rythme de sa respiration. Ses lèvres entrouvertes laissaient entrevoir de jolies petites dents blanches.
Il laissa passer le dos de son index sur la lèvre inférieure avant de continuer délicatement son geste sur le menton. Elle continuait à dormir, mais réagit en faisant une petite moue enfantine ; une sorte de petit mordillement de la lèvre inférieure avec un petit mouvement de la langue pour l’humidifier le tout accompagné d’un petit soupir et d’un froncement de sourcil.
Il continua son voyage en passant par une de ses épaules menues puis descendit et remonta un bras avant de débuter l’ascension d’un sein petit et joli de forme. Couronné d’un téton rose et délicat, il y vibrait tout les sens du désir érotique. L’aréole était parfaite, ni trop grande, ni trop colorée. Elle mettait en valeur un mamelon mignon et sensible ou souplesse rimait avec réaction et tension. Après en avoir fait plusieurs fois le tour, sa main descendit sur le ventre chaud et à la respiration calme. Les mouvements donnaient à cette partie un aspect sensuel et envoûtant ou le nombril était un puit, source de fantasmes et de plaisir.
Il contourna le bas-ventre pour faire un détour sur la hanche et le beau volume de la fesse, douce, lisse et pourtant à la fois ferme et souple. Après un petit circuit sur la cuisse et le mollet jusqu’au pied, il finit par remonter pour finir son exploration au mont de Vénus ou séjourner un grain de beauté qui agrémentait avec charme la fine et douce pilosité du lieu. Un geste trop doux, un lieu trop sensible et la belle réagit en un sursaut, elle se retourna s’en sortir de sa rêverie et offrit son dos à une nouvelle aventure. Il sourit et reprit le chemin des courbes harmonieuses sur le dos de la belle jusqu’aux vertèbres sacrées.
Il aurait aimé continuer, mais toute les bonnes choses ont une fin et le martèlement incessant sur l’acier de sa porte finit par le ramener à la réalité.
Il enfila un pantalon sans se donner la peine de le boutonner, se contentant d’enfiler les bretelles pour éviter la descente de la décence.
À la porte, il poussa un soupir en souvenir de sa tranquillité défunte et fit rouler le lourd battant pour voir qui pouvait bien être l’enquiquineur du jour.


« Thanis. Bon sang ! Mais qu’est ce que tu faisais ?
Il réagit au son et à la lumière avec une grimace.
Ouh là ! Dit-il. Pas si fort ! Qu’est ce qui se passe ?
Quoi qu'est ce qui ce passe! Tu te souviens pas c'est aujourd'hui, c'est le grand jour! Lui dit une Théana de manière très théatrale, habillée d'une magnifique robe de couleurs blanche et or. C'est aujourd'hui que l'on inaugure les restaurations du musée et que l'on applaudi ton travail.


-Ah oui! C'est pas faux!


-Quoi, tu dis que ça alors qu'on est déjà en retard!


-T'inquiètes pas il me faut pas longtemps pour me préparer, une petite douche et je suis prêt. Viens entre.


Au premier, la belle d'un jour sort de sa rêverie.

-Thanis? dit elle un peu endormie qui c'est celle là?


-Celle là? Comment elle me parle elle!


-Du calme vous deux, c'est ma soeur Théana. Théana voici...voici....euh, ben mon modèle du jour, superbe non?

-Superbe? Au lit?!


Thanis ce racle la gorge.
-Oui bon, désolé ma jolie, il va falloir que j'y aille.

-Oh non, pas déjà...

-C'est bon allez, vite vite on est pressé lui dit Théana, tiens, prends tes affaires. Voila voila. Allez zou, la sortie , salut à la prochaine dit elle d'un ton qui en dit long.

-
Petite soeur, tu aurais pu y mettre les formes, elle m'a donné du fil a retordre elle, j'aimerais bien pouvoir l'avoir comme modèle une fois au moins.

-
Mais oui!


-Mais c'est vrai!


-Bon allez prend ta douche vite!


-Ok ok!


Dernière édition par Poup le Sam 27 Fév - 14:15, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 14 Fév - 15:52

La soirée avait pourtant bien commencé...

Perchée au sommet d'une des plus hautes tours d'obsidienne d'Exil, Théana n'ose plus bouger. C'est à peine si elle arrive encore à respirer. Les vents violents qui balaient l'édifice gonflent sa robe et menacent de l'arracher à son fragile refuge. Plaquée contre le pilier minéral elle tente de résister à l'appel du vide. Bien qu'elle ne soit pas sujette au vertige, le seul fait de laisser errer son regard sur les profondeurs de la cité d'acier pourrait suffire à la faire basculer dans le vide. Elle imagine la chute, vertigineuse, dernier voyage solitaire à la rencontre du néant, son corps se fracassant sur les passerelles d'acier et les piliers d'obsidienne. Elle déglutit, assure sa prise, avance de quelques centimètres.


La soirée avait pourtant bien commencé...

L'inauguration du nouveau Museum d'Histoire Naturelle de la cité d'Exil. C'est la soirée de Thanis, qui a oeuvré des mois durant à la rénovation du vieil édifice. Le résultat est époustouflant. Dans le hall où se tient la réception, les lustres en cristal renvoient la lumière sur la pièce maîtresse, le grand escalier de marbre qui mène aux étages. La balustrade en fer forgé qui encadre l'escalier, oeuvre de son frère, est une merveille.
Thanis est superbe en costume trois pièces, maman à son bras. Père et mère rayonnent de fierté. Pauline n'aurait raté l'évènement pour rien au monde, entourée d'une nuée de soupirants, son éternel carnet à la main. Et un peu plus loin, toujours élégant, Xavier-Axel D'Arcourt.

Théana monte lentement les marches en admirant le travail d'orfèvre de son frère, pour aller chercher son violon entreposé à l'étage. Elle doit jouer pour l'occasion. Tout à l'heure, les grandes portes du premier étage seront ouvertes, et la collection de la comtesse Bérénice de Beauvoir, prêtée spécialement pour l'inauguration, sera révélée aux yeux du public. Parmi celle-ci, le Joyau Absurde, coeur de cristal qui
servait de "coeur" à une machine absurde, exposé pour la première fois.

Un léger bruit de frottement distrait Théana. Une porte se referme sur sa droite. Dans l'entrebaîllement, elle distingue une silhouette affublée d'un masque blanc, un de ces masques que l'on ne porte que les jours de carnaval. L'homme lui fait un clin d'oeil, puis ferme la porte. Théana le reconnait, c'est l'homme qui a cambriolé le Grand Opéra, celui qu'elle a vu dans ses rêves. Désemparée, elle retient un cri de surprise, cherche ses amis des yeux. Justement Thanis vient vers elle, une beauté à son bras, leurs amis sur les talons. Elle sourit à la demoiselle, se penche vers son frère et lui murmure à l'oreille
- Il est ici, La Chimère est ici !
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 15 Fév - 12:03

Thanis regarde un instant sa sœur. Celui d’après, il se tourne vers sa compagne.
-Mlle Debreuil, je suis navré, veuillez pardonner ma goujaterie mais je vais devoir vous laisser quelques instants. Ma sœur à besoin de moi.
-Je vous en prie, c’est tout à votre honneur d’être proche de votre sœur.
Dès que la galante s’est éloignée après avoir salué Théana, Thanis se tourne à nouveau vers sa soeur.
-Alors dit il, il est où ce coquin ?
-Je l’ai vu entrer dans cette pièce, je suis certaine qu’il prépare un mauvais coup.
-Ma sœur a des certitudes, c’est nouveau ça !
-Si tu continues, je peux dire avec certitude que je vais t’en coller une.
-Tiens, ça c’est original ! dit-il en riant
-Ce n’est pas le moment de faire des blagues… Théana savait depuis toujours que son frère prenait beaucoup de choses à la rigolade, pas pour en minimiser la valeur mais plus pour garder son calme et l’esprit vif et concentré. Une manière aussi peut être d’évacuer le stress, elle se tu donc.
-Il faudrait prévenir les gardes.
-Non ! Dit elle, le temps de les trouver et qu’ils interviennent, il sera trop tard. Si tu hésites, moi j’y vais.
-Hephephep ! Thanis retient sa fougueuse sœur. Il pousse un soupir et s’approche de la porte en lui jetant un regard en biais. Il écoute un instant, aucun bruit. Il tente une ouverture discrète. Il y arrive et passe le palier. La salle d’exposition est grande et emplie de vitrines étalant divers objets plus ou moins intéressants. Théana referme la porte. Aucun bruit ne trahit la présence d’une tierce personne.
-Tu es sûr que c’était la Chimère ?
-Oui. Sa taille, avec le masque et tout.
-Il porte un masque ! Et tu l’as reconnu ?!
-Oui ! répondit-elle avec une pointe d’exaspération. J’ai reconnu ses gestes, ses yeux, la manière de faire son clin d’œil.
-Tu lui à taper dans l’œil alors !
-Si tu …
-Chut !
Ils s’approchent d’une porte latérale située à droite de la pièce. Un crissement aigu mais discret est perceptible de l’autre côté.
Thanis décroche un cordon pour libérer un plot qui lui servira d’arme improvisée. Il fait signe à sa sœur de rester en retrait. Les gros yeux qu’elle lui montre lui font comprendre qu’elle n’en fera rien.
Il entrouvre la porte.
Un homme est agenouillé devant une vitrine. Il retire un cercle de verre qu’il vient sûrement de découper. Les Durnedain s’approchent avec une grande discrétion. Thanis lève son arme improvisée, mais avant d’avoir pu l’abaissé il est renversé et projeté au sol.
Théana pousse un cri de surprise, l’homme devant la vitrine se retourne. Il tient à la main un objet de verre, lisse et brillant. Il porte un masque blanc.
Au sol, Thanis se débat avec un homme plus grand et plus massif que lui. Il le frappe aux tempes et au menton, mais son adversaire fait preuve d’une rare résistance et leur lutte se poursuit.
La chimère regarde un instant Théana avant de tenter de s’échapper le long des baies vitrées. La jeune femme lui fait obstacle en se jetant sur lui, mais emportés par le mouvement et gênée par ses jupes, ils tombent en fracassant l’une des fenêtres. Le vent s’engouffre dans la pièce, le verre et les éclats chutent du haut du bâtiment. Théana réagit en réussissant à s’agripper à une fine corniche. La chimère quant à lui, après deux trois mouvement de gymnaste, descend la façade de l’édifice sans contrainte. Théana est coincée, ses jupes volent dans les rafales de vent, ses cheveux s’emmêlent à ses bijoux. Sa force ne lui permet pas de remonter et la prise trop petite la fatigue vite.
Elle appelle à l’aide.
Thanis a entendu le fracas de verre et l’appel de sa sœur. L’adrénaline lui donne la force de repousser son assaillant et il se jette à l’embrasure de la fenêtre. Sa sœur est à plus d’un mètre en dessous. L’autre en profite pour s’éclipser.
-Théana crie t’il, Tiens bon, allez tend moi la main, et il accompagne le geste à la parole.
Théana tente une fois, mais se raccroche aussitôt.
-Je ne peux pas ! Je n’ai pas de prise !
-Fais un effort, allez, essaie ! Thanis se penche en avant, dans son mouvement il plante sa paume dans les bris saillant de la fenêtre, il serre les dents et garde la prise, c’est la meilleur qu’il ai. Il tend son buste du plus qu’il peut.
-Il faut toujours que tu me fasses des coups pareils, mes jours de gloire. Il la regarde en souriant.
Allez ! Tu peux y arriver !...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mer 17 Fév - 12:09

Avec horreur, Théana se sent basculer dans le vide...
La Chimère bondit, se laissant glisser sans effort apparent le long de la façade du Museum, silhouette irréelle se détachant au clair de Forge. Mais Théana est trop occupée à se rétablir pour se soucier de lui. Ses doigts glissent sur la mince corniche trempée par la bruine. Une bourrasque plus violente que les autres manque de la précipiter dans l'abîme. Un cri d'effroi.
Un espoir...
-Thanis !?!
Son frère est là qui lui tend le bras, son éternel sourire aux lèvres.
- Théana, tiens bon, allez tend moi la main !
-Je ne peux pas ! Je n’ai pas de prise !
- Fais un effort, allez, essaie !
La main de Thanis se rapproche un peu plus, grignotant les centimètres qui les séparent. La jeune fille tend la main, encouragée par son frère
- Il faut toujours que tu me fasses des coups pareils, mes jours de gloire.
Allez ! Tu peux y arriver !...
Théana se lance, attrape la main tendue, confie encore une fois sa vie à celui pour qui elle donnerait sans hésiter la sienne.
Thanis commence à la hisser, centimètre par centimètre, le visage crispé par l'effort.
-Dis donc Théana, la prochaine fois que tu m'entraîne dans ce genre d'aventures, essaie d'avoir la main plus légère sur les petits fours !
-Tout ce que tu veux du moment que tu me sors de là !!!
Un dernier effort, Théana s'agrippe à la balustrade et, aidée par son frère, bascule à l'intérieur de la pièce. Essoufflée, le coeur battant la chamade, elle s'écroule sur le parquet ciré.
-Merci, p'tit frère.
-Mais c'est toujours un plaisir, ma très chère soeur ! Tu penseras à ce que je t'ai dit sur les petits fours ?
Les yeux de Thanis pétillent, mais Théana n'est pas dupe. Lui aussi a eu une peur bleue. Son visage tuméfié porte la trace des coups échangés avec le colosse. Et ses mains... Elle tressaillit
-Mais tu saignes !
Thanis lui fait un sourire crispé. Sa main est toute entaillée à l'endroit où il s'est appuyé pour la rattraper, et des bouts de verre se sont incrustés dans sa paume.
-Tu n'es pas mal non plus, je te signale !
Théana s'examine. Ses cheveux et sa robe sont trempés par la pluie, et sa robe est lacérée aux endroits où elle a rencontré le verre. Ses escarpins ont depuis longtemps rejoins les profondeurs de la cité. Ses bas sont troués et tâchés. Des gouttes de sang perlent de ses estafilades, bien moins profondes que celles de son frère. Elle revient à lui
- Il te faut des soins, et vite !
- Plus tard !
Thanis s'est relevé, et semble chercher quelque chose. Il s'approche d'une vitrine, la contourne, fouille dans les coins
- Il me semble que pendant la bagarre... Ah, voilà !
Il écarte un rideau de velours rouge, ramasse sa trouvaille. Au cours du combat, il a arraché la poche de la veste de Mr Muscle, et son contenu s'est renversé sur le sol : une carte de tramway, un jeu de clé, et une carte de membre d'un club de boxe.

Des bruits de pas précipités leur font tourner la tête vers la porte. Des gens avancent dans le couloir.
-Services de Pandore ! Sortez, les mains en l'air !
Au mot « Pandore », les jumeaux tressaillent, réminiscence de mauvais souvenirs. Ce souvenir renvoie à un autre pour Théana, celui d'une paire d'escarpins rouges...
Alors que Thanis va pour ouvrir, Théana le retient, plonge son regard dans le sien.
- Il ne faut surtout pas qu'on leur parle de La Chimère ! Du moins, pas par ce nom-là ! Je t'en prie...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Jeu 18 Fév - 13:51

Thanis pousse un soupir en haussant les épaules.
-D'accord, on verra bien ce que cela nous rapporte.
A peine eu t'il finit sa phrase que les battants s'ouvrent en grand. Les agents de Pandore dans leurs uniformes noires, matraques et armes en mains envahissent la pièce. Ils eurent vite fait d'encercler le frère et la sœur qui ont tout deux levé les mains en signe de soumission et d'apaisement.
-Que c'est t'il passé? Que faite vous ici? Celui qui semble être le plus gradé les dévisage mais avec un certain étonnement aussi, à priori, il a reconnu la fratrie.
-Chef! Venez voir.
L'homme se dirige vers la vitrine forcée.
-Que c'est il passé? Répondez moi!
-Un cambrioleur est entré et a volé l'objet dans cette vitrine dit Théana. Nous étions moi et mon frère dans le couloir quand cela c'est passé et nous avons entendus du bruit. Nous sommes entré et nous avons vu l'homme.
-Les deux hommes je dirais même, précisa Thanis tout en retirant les bouts de verre de sa paume.
-c'est vrai confirma t'elle. Quand nous sommes entré, un homme à bondit sur mon frère et il se sont battu. L'autre à voulu s'enfuir. J'ai cherché à l'arrêter mais nous avons basculé au travers de la fenêtre. J'aurais pu mourir si mon frère n'avait pas été là.
-Et où sont ces deux hommes maintenant?
-il se sont enfui pardi! répondit Thanis
-Qui me dit que tout ceci n'est pas un canular et que c'est vous qui avez commis le délit?
-Vous pensez vraiment que ma sœur pourrait me faire des marques pareil au visage! Et qu'on aurait prit plaisir à ce mutiler de la sorte alors que l'on passé du bon temps de l'autre côté de cette porte lors de la fête.
En montrant la porte de la main, le frère et la sœur voient que beaucoup de monde s'y trouvent. Ils reconnaissent leurs amis mes surtout leurs parents. Papa avait sa tête des mauvais jours, avec ce froncement de sourcil caractéristique qu'il arbore quand un de ses enfants a fait une bêtise et maman a les deux mains contre son cœur avec cette expression qui vous fait tout regretter. Jamais leur mère n'a criée après eux, il suffit qu'elle affiche ce visage à la fois triste, surpris, inquiet et doux pour que Thanis et Théana se repentent de toute leurs fautes dans l'instant, comme si la peur de voir leur mère se brisait comme du cristal s'ils ne le faisait pas été réelle.
-Bien, vous allez nous suivre pour interrogatoire.
Les Durnedain allaient protester quand à cet instant, un homme de taille moyenne, cheveux blanc et bien coiffé, une barbe élégante et au costume impeccable fend la foule pour entrer dans la pièce.
-Par les vestiges des anciens! Mais que ce passe t'il ici?
-Et vous êtes? Demande l'agent de Pandore
-Je suis Mr Grandet le directeur. Il est de votre devoir de m'informer de ce qui se passe dans Mon musée!
-Et bien Monsieur, un vol vient d'être commis, peut être pourrait vous nous dire ce qui a disparut.
-Un vol! C'est catastrophique! Oh Non! C'est le cœur...le « joyau Absurde », c'est une catastrophe!
-Et je soupçonne ces deux personnes d'être responsable.
Le directeur ce tourne alors vers le frère et la sœur.
-Honoré, peux tu dire à ce monsieur que nous n'y sommes pour rien! Dit Thanis les mains ouvertes en signe de supplication.
-Thanis! C'est toi... le directeur reste un peu surpris mais ce retourne l'instant d'après face à l'agent.
-Monsieur, Thanis...euh, Mr Durnedain ici présent et sa charmante sœur ne sont pour rien dans ce crime, j'en suis certain. Ce sont des personnes de confiance et tout ce qu'elles ont pu vous dire est pure vérité; relâchez les immédiatement!
-Monsieur, vous n'avez rien à m'ordonner, je suis un agent de Pandore et...
-Et mon beau-frère pour qui j'ai la plus grande amitié est votre directeur! Si vous ne consentez pas à entendre mes revendications je les ferais donc passer à qui de droit! Je veux connaitre immédiatement votre matricule et votre nom, je ne supporterais pas plus longtemps cette insubordination dans « Mon » musée!
-Euh je …
Thanis pendant cet échange envoie un petit coup de coude à sa sœur, suivi d'un clin d'œil.
Elle se penche vers lui
-Tu as fait ça connaissance pendant les travaux?
-Non, ça fait plus longtemps, Honoré est un compagnon de soirée formidable; rien que d'y penser... Toutes ces soirées avec bonne musique, bon alcool et jolies filles. Et il ponctue sa phrase d'un soupir nostalgique.
-Mouais. Théana elle, ponctue son appréciation d'une moue blasée.
...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Ven 19 Fév - 18:10

L'intervention bienveillante d'Honoré Grandet a préservé les jumeaux d'une nuit au poste, mais pas d'une longue explication dans le petit salon. Circonstances, description des voleurs, des évènements, ils ont (presque) tout dévoilé aux enquêteurs. Lorsqu'ils ont parlé de les fouiller, Théana a même pris un malin plaisir à se déshabiller entièrement sous les baffouillements gênés d'un jeune agent de Pandore aux joues aussi rouges que sa robe.
D'un commun accord, ils ont tu le nom de « la chimère », ce nom mystérieux que Théana tient de ses rêves. Et ils n'ont pas mentionné non plus le jeu de clefs, ni la carte du club de boxe que Thanis a dissimulés dans ses propres
affaires. Après tout, lui a dit Thanis avec malice, Pandore n'a pas besoin de clefs pour défoncer les portes, alors que nous si...

Lorsqu'ils sortent du petit salon, la soirée tire sur sa fin. De toutes façons, depuis l'annonce du vol de la pièce maîtresse de la collection, le coeur n'y est plus. Leurs parents et leurs amis sont restés sur place à les attendre, et Théana peut voir les étoiles briller dans les yeux de Pauline à la perspective de l'article de première main qu'elle va écrire. C'est pourquoi celle-ci est amèrement déçue quand leur père coupe
court à leurs retrouvailles.
-Thanis, Théana, vous rentrez à la maison. Tout de suite.
-Mais, Papa...
-Ton frère a besoin de se faire soigner. Et toi ma fille, tu as grand besoin de te changer. J'ai dit tout de suite...
Ce ton-là, même dix ans après, ils savent qu'il faut y obéir sans discuter...

Se retrouver dans la demeure familiale avec une couverture sur les épaules et une tasse de thé bien chaude aurait pu être le paradis si leur père n'avait pas procédé à un deuxième interrogatoire, bien plus intransigeant que le premier. Bien que convaincu de leur innocence, il tient à savoir comment ses enfants se débrouillent pour toujours se retrouver dans des situations pareilles. Plongée dans un mutisme empreint d'une neutralité bienveillante, leur mère soigne Thanis. Peu lui importe les explications, l'essentiel à ses yeux est que les jumeaux soient vivants et en bonne santé. Les heures s'égrainent dans la chaleur de l'unité familiale. Fatigués, Thanis et Théana peinent à garder les yeux ouverts. Leur mère a préparé leur chambre, comme au bon vieux temps, et c'est tout émus que les jumeaux retrouvent la chambre de leur enfance. Les parents les étreignent longuement pour leur souhaiter bonne nuit, comme pour prolonger cette soirée qui les a réunis après le danger. Théana escalade l'échelle et s'affale sur le plus élevé des lits superposés, privilège du droit d'aînesse. Elle reconnaît l'odeur des draps, la patine des montants du lit sous ses doigts, la marque de la plante de Thanis sur le rebord de la fenêtre. A l'étage inférieur, Thanis se roule dans les draps, pose sa tête sur l'oreiller, joue avec ses « trésors » de gamin. On s'y sent si bien, dans cette chambre. Les souvenirs affluent, les fous rires comme les disputes. Est-ce la fatigue ou l'ambiance particulière du lieu ? En un instant, ils s'endorment...

Un masque blanc, défait, gisant sur une commode. L'homme lui tourne le dos. A ses côtés, son butin, le Joyau absurde, étincelle.
-Prenez garde, mademoiselle Durnedain. A trop vouloir vous rapprochez de moi, vous allez vous brûler les ailes...
La voix est grave et mélodieuse, agréable à l'oreille. Malgré la mise en garde, Théana ne ressent nulle menace, mais plutôt de la curiosité et de l'amusement.
Toujours de dos, l'homme saisit son masque, le relace, puis, précautionneusement, s'empare du coeur en cristal et le range. Il tient une rose rouge dans sa main. Une courbette, un clin d'oeil, l'homme dépose la rose sur la commode et s'en va. C'est lorsqu'il franchit la porte que Théana reconnaît la pièce : sa loge au Grand Opéra..

-Debout la marmotte ! Tu sais l'heure qu'il est ?
Théana grogne, tourne le dos au sourire éclatant de son frère, enfouit sa tête sous son oreiller. Thanis ne se laisse pas démonter par l'accueil et commence à la chatouiller.
- Allez, debout ! C'est l'heure de ta première leçon de boxe !
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 21 Fév - 12:28

Sa main lui faisait atrocement mal, mais Thanis n’était pas du genre à se plaindre, devant les autres du moins.
Sa mère avait été géniale, comme d’habitude. Elle avait lavé, suturé et bandé la plaie comme une vraie professionnelle. Maintenant, il subissait les désagréables sensations qui accompagnent la guérison, cette chaleur presque brûlante et cet engourdissement étrange. Mais il n’y a pas que ça qui l’empêche de s’endormir. Il est inquiet aussi, pour sa sœur. Elle a la fâcheuse tendance de plonger volontairement dans les problèmes.
N’aurait ce pas été plus simple de prévenir Pandore et de retourner faire la fête ? Non, il fallait qu’elle n’en fasse qu’à sa tête et qu’elle décide en plus de mentir en plus aux autorités. Enfin…pour ça il ne lui en veut pas vu l'énergumène qui leur servait de chef.
Par contre, la « Chimère » ; elle déclenchait chez Théana une sorte d’obsession, une attirance peut être ? Ce ne serait pas la première fois qu’elle s’enticherait d’un voyou.
Quand il espérait enfin s’endormir, ce fut au tour de sa sœur de l’en empêcher, encore. Elle s’agitait, gémissait et bougeait dans tous les sens. Il savait ce que cela voulait dire. Elle faisait l’un de ses « rêves ». Souvent elle prononçait aussi des phrases incompréhensibles. Elle pleurait parfois, tremblait et suait. Thanis avait pris jeune déjà l’habitude de se lever et de la veiller dans ces moments-là. Elle n’en a jamais rien su. Il prend sa main et caresse son front, elle semble toujours se calmer ainsi. Sa mère entra, elle aussi avait l’habitude des « rêves » de Théana. Elle aussi venait souvent quand elle entendait les gémissements de sa fille. Thanis la rassura, lui dit qu’elle pouvait se recoucher, ce qu’elle fit après avoir embrasser sa fille et poser une main chaleureuse sur l’épaule de son fils.
Théana finit par retrouver le calme. Thanis retira une mèche du visage de sa sœur, l’embrassa sur le front. Au moment de redescendre se coucher, il la regarda une dernière fois, le sourire taquin.
« Dommage, si j’avais de la peinture, je t’aurais fait de belles moustaches en tire bouchon, sur la joue une cicatrice, et des rides aussi. Ça t’aurait rappelé notre enfance. »
Il sourit et se recoucha.

Au matin, il prit tranquillement son petit déjeuné. Il discuta longuement avec son père. Cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas parlé comme ça. Le père était fier du travail que son fils avait fait. Ils parlèrent aussi de la politique, des festivités, des femmes…
Au départ de son père pour son travail, Thanis échangea une chaleureuse accolade avec lui en l’accompagnant sur le palier, puis il reporta son attention sur sa mère, toujours si discrète.
Elle voulait changer ses pansements et elle le fit. Il était impossible de résister à ses exigences.
-Va réveiller ta sœur, lui dit elle une fois finit.
-Laisse la encore dormir maman, ça lui fait du bien, et tu sais qu’elle a une sale tête si elle ne dort pas assez.
-C’est vrai qu’elle a encore fait un « cauchemar »
-Ne t’inquiète pas, ça c’est vite arrêté et elle a bien dormit après.
-Et toi ? As-tu assez dormis ? J’espère que tu fais attention à toi.
-Mais oui, ne t’inquiète pas. Regarde comme j’ai la ligne, et tu ne trouves pas que je suis plus musclé qu’avant ? dit-il en faisant gonfler ses biceps.
-Fais attention à ne pas trop gonfler dit elle en touchant les bras de Thanis, tu vas finir par t’envoler.
-Quoi ! dit-il faussement vexé, tu vas voir si c’est de la gonflette. Il attrape sa mère entre ses bras et la soulève du sol en serrant un peu.
-Ah ! Arrête crie t-elle tout en riant, tu vas m’étouffer !
Il la repose et elle en profite pour le taper gentiment avec le chiffon qu’elle tient.
Tu devrais plutôt utiliser toute cette énergie pour me faire des petits-enfants.
Le regard de Thanis est un instant lointain.
-Quand je l’aurais trouvé « elle », répondit-il, je t’en ferais une dizaine.
Sa mère sourit tendrement en lui tapotant la joue.
-Je n’en demande pas autant. Trouve d’abord cette jolie jeune femme qui t’attire tant. Je suis sûr qu’elle t’attends quelque part.
-Ah bon !? Et pourquoi elle m’attendrait ?
-Il ne peut en être autrement. Mon fils est trop bien pour qu’elle le rejette. Après tout, tu es mon fils. Dit elle en insistant bien sur le déterminant possessif. Et ils se remirent à rirent en se faisant un câlin.
-Allez, réveille ta sœur.

-Debout la marmotte ! Tu sais l’heure qu’il est ?
Allez debout ! C’est l’heure de ta première leçon de Boxe !
-Boxe ? Pourquoi de boxe ? demanda t’elle en gémissant et en s’enfouissant sous ses couvertures.
-Tu te rappel, c’est le seul indice qu’on a sur ton petit copain. Tu ne veux pas le retrouver ?
-Ce n’est pas mon petit copain ! Laisse- moi dormir !
-Bon, ben tant mieux. Maman m’a dit que si tu n’es pas levé après que j’ai fait ma toilette, je pourrais finir le reste des galettes d’algues mauves et le miel d’anémones.
Théana ouvre les yeux en grand et se redresse comme l’éclair sur son lit.
-Des galettes d’algues mauves ! Elle bondit hors du lit sans chausser ses pantoufles.
Tu peux rêver, tu n’auras que des miettes…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 22 Fév - 16:01

Théana descend en trombe l’escalier, pose un baiser sonore sur la joue maternelle et attrape une galette d’algues mauves qu’elle dévore à pleines dents.
-Humm ! Je meurs de faim !
- Ma chérie ! Comment vas-tu ? Tu as encore fais un mauvais rêve, cette nuit !
-Oui oui… élude Théana en croquant dans une seconde galette. Humm ! Délicieux ! Il y a une éternité que je n’avais pas mangé de galette d’algues mauves !
- Si tu venais nous voir plus souvent, tu en mangerais plus souvent !
Le ton se veut neutre, mais Théana croit déceler une pointe de tristesse dans la voix maternelle. Elle arrête de manger pour dévisager sa mère qui tourne dans la cuisine, son chiffon à la main.
- Maman…soupire Théana, je te l’ai déjà expliqué : mon travail est très prenant, surtout maintenant que je suis enfin prise au Grand Opéra et que…
-Oui oui, ma fille, je sais… Et ton père et moi nous sommes très fiers de toi, tu le sais.
Sa mère tire une chaise pour s’assoir face à elle. Son regard est plein de tendresse et de sollicitude. Théana croise les bras, sur la défensive. Elle sent venir l’éternelle conversation sur sa façon de mener sa vie. Et en effet…
- Mais il n’y a pas que le travail dans la vie, ma chérie. Et tu es magnifique, tu le sais. Mais il faut bien que jeunesse se passe, et…
- Maman ! Théana repousse sa chaise et se lève, désespérée. Je suis encore jeune, justement !
Théana tourne dans la cuisine comme un lion en cage. Sa mère soupire. Contrairement à son frère Thanis, d’un naturel plutôt facile et rieur, Théana a toujours été difficile. La moindre remarque peut très vite tourner au drame. Elle a toujours lié ce caractère emporté aux problèmes de sommeil de sa fille, ses cauchemars atroces qui la font se réveiller en hurlant depuis toute petite. Elle connaît sa susceptibilité exacerbée, et pourtant elle ne peut s’empêcher de murmurer en essuyant un verre.
- Si seulement Pierre-Yves…
Théana explose
- Il n’y a PAS de Pierre-Yves ! Il n’y aura JAMAIS de Pierre-Yves ! Pierre-Yves s'est SUICIDE !
De suite, elle sent qu’elle est allée trop loin. Sa mère lui tourne le dos, agrippée au plan de travail. De violents soubressauts agitent ses épaules. Le remord et la honte étreignent le cœur de Théana comme un étau. Comment ose-t elle se comporter ainsi avec sa propre mère, si douce, si tendre, sa mère adorée qui a toujours été présente pour elle, pour l’encourager ou la consoler ? Elle s’approche de la frêle silhouette maternelle, l’enlace, lui murmure au creux de l’oreille
- Pardon, maman. Je suis désolée. Je t’aime.
Cette dernière éclate en sanglots et lui tombe dans les bras
- Ma fille ! C’est juste que…je m’inquiète pour toi, tu sais !
- Maman...
Elle voudrait lui expliquer, combler la distance qu'elle a peu à peu créée entre elles à la mort de Pierre-Yves, en finir une bonne fois pour toutes avec ce sujet tabou, mais elle ne peut que serrer un peu plus fort sa mère dans ses bras.
-Tu t'inquiètes trop ! Je suis en pleine forme. Et puis d'ailleurs, je vois quelqu'un...
Le visage de sa mère s'illumine.
-Ma chérie ! Qui est-ce ? Comment s'appelle-t-il ? Quand est-ce que tu nous le présente ?
- Hola ! Hola !!!
Théana accueille le déluge de questions en riant, s'extirpe des bras maternels.
-Ne sois pas si pressée ! On commence tout juste à se connaître. Et c'est... compliqué.
Sa mère a un froncement de sourcils désapprobateur
- Tout est toujours si compliqué avec toi, Théana !
Le bruit de pas de Thanis descendant les escaliers dispense Théana de répondre à cette dernière remarque, mais elle ne résiste pas à l'idée de taquiner un peu sa mère.
-Sache quand même que tu l'as déjà vu...
Un clin d'oeil, une bise sur le front, et elle s'éclipse. Elle croise son frère à mi-hauteur, l'embrasse.
- Je t'ai laissé quelques miettes ! Comment va ta main ?
Il lui montre le bandage tout propre, mobilise ses doigts.
-Impec' ! Maman a fait du bon boulot...
-Comme toujours ! Je file me préparer, ça t'embête si on fait un détour par l'Opéra ?
-Non, mais pourquoi ?
- Je t'expliquerai en chemin ! LanceThéana par dessus son épaule en gravissant les marches quatre à quatre.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mar 23 Fév - 18:18

Thanis a remarqué les rougeurs dans les yeux de sa mère. Il n'a pas non plus à se poser des questions sur le pourquoi, la maison n'est pas si bien isolée et la salle de bain est juste au dessus de la cuisine. Il fait mine de ne rien voir et se contente d'un câlin silencieux.
-Et dit moi maman, quand est ce que parrain rentre de Forge?
-Je crois que ton père m'a dit dans une quinzaine.
-Vous me le direz quand il sera là? Parlophonez moi, vous oubliez pas!
-Mais non, ne t'inquiètes pas, je sais que tu l'adore ton parrain. Ais je déjà oublié de te prévenir?
-bien sur que non, tu es parfaite. Dit il en embrassant sa mère sur la joue.
-Je sais je sais dit elle en riant.
-j'ai pris une chemise à papa, ça dérange pas?
-Mais non voyons. De toute les manières, la tienne n'est pas mettable avec ce sang. Je vais m'en occuper, elle trempe pour le moment.
-Merci maman adorée que j'aime par dessus tout!
Thanis retourne dans sa chambre pour finir de s'habiller, la chemise est un peu juste aux épaules mais il a de la place au niveau de la taille, le paternel a prit du poids ces derniers temps.
Il se coiffe et enfile ses chaussures, redescend dans le salon pour lire le journal en attendant que Théana finisse son interminable toilette.
On parle déjà du vol au Muséum, heureusement pas trop de l'intervention ratée des Durnedain. Ça aurait été mauvais pour les affaires.
Le salon sent le tabac du paternel. Thanis profite de son absence pour se glisser dans son fauteuil, un « Chesterfield » au cuir fauve et usé mais si délicieusement confortable. Sur la table d'appoint, la tabatière et une pipe de courtoisie. Thanis se fait un plaisir de fumer cet excellent tabac venu de Forge.
Sa mère apparaît dans l'encadrement de la porte.
-avec le contre jour, j'étais persuadé que ton père était rentré. Tu lui ressemble énormément comme ça.
-J'espère que c'est un compliment.
-Tu sais très bien ce que je pense de ton père dit elle en retournant à ses occupations.
Thanis sourit en regardant partir sa mère et avant de reprendre sa lecture.

Ah! Enfin!
-quoi?! Dit Théana comme si tout était normal.
-Ça fait rien moins qu'une heure que je t'attends. J'ai bien cru que tu t'étais rendormis.
-Oh ça va! Maintenant je suis prête. M'man on y va crie t'elle en direction de la cuisine.
-Oh! Déjà!
-On a pas mal de boulot et puis je dois aller à l'Opéra..
-Faites attention à vous deux, et ...Ah! Attendez! Et elle retourne à la cuisine et en rapporte deux petits paniers. Tenez, ce sont quelques produits pour que vous mangiez correctement.
-M'man, qu'est ce que tu insinue, et on ne va pas prendre ça pour aller au grand Opéra!
-Moi je vais pas me gêner. Merci Maman, dit Thanis en prenant le panier et en faisant un gros câlin à sa mère. Celle ci invita de son bras libre sa fille à les rejoindre, ce qu'elle fit après avoir levé les yeux au ciel en souriant.
-je passerais dans quatre jours dit Thanis, et ils descendirent les escaliers de l'immeuble en saluant leur mère de gestes de main. En bas ils croisèrent Mme Malcoiffe, la concierge, qui ne méritait pas son nom. Petite et ronde avec une voix nasillarde mais un cœur généreux.
-Oh Thanis, ça fait plaisir de te voir!
-Bonjour Mme Malcoiffe, comment allez vous? Et votre mari.
-Bien! On va bien tous les deux dit elle en riant. Et ...mais, ne serait ce pas la jolie Théana. Cela faisait si longtemps.
-Bonjour Mme Malcoiffe dit Théana. Je suis désolé mais ...
tout en disant cela Théana commençait à s'en aller, mais Thanis la retint et entama la discussion.
-Et votre nièce comment va t'elle? Toujours sur Forge?...
La discussion ne tournent qu'autour de banalités. Théana commencent à s'impatienter quand Thanis en finit enfin.
Dehors elle ne peut s'empêcher de lui demander.
-Pourquoi tu es resté discuter avec elle comme ça; tu sais bien que les concierges...
-Théana dit il exaspéré, ce n'est pas une concierge, c'est Mme Malcoiffe, qui a supporté nos blagues d'enfant, nos gribouillis dans les couloirs, qui nous a offerts nombres de friandises et qui nous a protégé quand un sale type à qui nous avions lancé une bombe à eau nous courrait après. Et puis ça s'appel le relationnel, l'échange, tu sais, des trucs qu'on fait entre êtres humains...
-Arrête de te moquer de moi! Dit elle avant de se taire.
Ils avancèrent un peu dans la rue.
-je ne savais pas qu'elle était marié.
-elle ne l'est pas.
-Mais...Tu...
-Je parlais de son chat. Ptirouille ça fait plus de huit ans maintenant qu'elle l'a, tu devrais le savoir.
Théana était un peu penaude. Elle baissa la tête en continuant d'avancer.
Son frère l'attrapa en passant un bras au dessus de ses épaules.
-Ça va, c'est pas grave dit il, après tout notre prodigieuse violoniste Théana Durnedain est tellement prise par son public, il dit ça en exagérant la gestuelle et l'intonation de sa voix. Vous rendez vous compte, le grand Opéra a demandait son intégration parmi les artistes officiels, bientôt elle sera premier violon et son frère sera encore plus fier d'elle.
Théana allez s'emporter mais cette dernière phrase la calma instantanément.
-Et puis comment cela va t'il se passer entre le futur ex premier violon et notre chère Théana, cela aura t'il une conséquence dans leur relation? Auront il l'envie de partager la première place...voir plus?
-arrête de te moquer! Dit elle
-enfin, toutes ces révélations dans le prochain numéro. Allez Théana boude pas!
Sa sœur a prit de l'avance quand elle entend derrière elle.
-Thanis Durnedain, cette fois tu es fait mon gars, payes, ou tu le regretteras!
Elle se retourne crispée, mais quand elle voit la scène, elle reste un instant interdite. Deux garçons de pas plus de huit ans font face à son frère en tenant des armes factices.
-Oh, pitié dit Thanis, dites moi comment faire, je n'ai pas de quoi vous payer.
Les deux garçons se regardent un instant et discutent en se chuchotant à l'oreille d'un air de connivence tout en gardant un œil sur Thanis.
Théana se rapproche et va demander à son frère ce qu'il se passe quand les deux garçons finissent leur entretien.
-Bien dirent ils, d'un commun accord, nous avons décidé d'effacer ta dette si tu nous offres un vol de ballon taxi.
-Ok
-Ouais! Dirent ils en sautant de joie
-Mais...Thanis, qu'est ce qu'il se passe?
-Je paye ma dette, j'en ai pas pour longtemps. Il se baisse et attrape les ceintures des deux garçonnets, un à chaque main. Il se met à tourner en levant et abaissant les bras. Les enfants font des bruits de moteurs et crient de joie. Au bout d'une bonne minute, Thanis s'arrête et les repose. Il tient difficilement sur ses jambes, quand aux enfants, ils tombent littéralement au sol, privés un instant de tout équilibre.
-Je crois que ça ira pour aujourd'hui, n'est ce pas! Allez les marmots, à la prochaine.
-Salut Thanis, dirent ils en cœur en agitant les bras et en essayant de retrouver leur centre de gravité.
Thanis avance lui aussi en essayant de garder son équilibre.
-Qui sont ces garçons?
-Le rouquin s'appelle Hector, c'est le fils de Mr Balluaud, le technicien des eaux. Et le petit maigrichon Paulin, le troisième de Mr et Mme Cezestre, les propriétaires de la droguerie. Ils sont adorable ces gamins, j'aime bien jouer avec eux dit il en faisant un clin d'œil à sa sœur...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Ven 26 Fév - 14:05

Théana active le pas, la station de tramway n'est pas loin.
-Je ne savais pas que tu étais encore autant attaché au quartier et à ses habitants...
-Je ne savais pas que toi tu y étais aussi peu attachée...
Théana ouvre la bouche pour répliquer, se ravise. Elle avait cru pourtant qu'il avait deviné. Elle aimait les retrouver, tous ces bons souvenirs, ces moments d'enfance; mais quand elle revenait dans le quartier ce sont les drames du passé qui venaient la hanter. Il y avait lapasserelle, notamment. Celle d'où Pierre-Yves s'était jeté, deux mois après leurs fiançailles. Rien ni personne ne pourrait jamais la contraindre à retraverser cette passerelle. Pourtant, peut être parce qu'aujourd'hui le brouillard était un peu moins dense et l'air un peu plus doux, c'est la première fois qu'elle percevait à nouveau dans le quartier le parfum de son enfance...
-Tu me préviendras quand ton parrain sera là ? Ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu et j'aimerais bien le saluer.
Interdit, Thanis s'arrête. Quand il reprend sa marche, un léger sourire flotte sur ses lèvres...
-Bien sûr ! Pas de problème !

Un quart d'heure plus tard, les voici au Grand Opéra. Théana passe devant, sourit, ici les rôles s'inversent, elle se sent chez elle. Elle salue la concierge, une vieille femme distinguée aux cheveux poivre et sel relevés en chignon.
-Bonjour, Honorine !
-Ah ! Mademoiselle Théana !
-La petite famille va bien ?
-Oui oui, merci ! Eleanor a la rougeole, la pauvrette.
-Oh la pauvre !
-Oui. Enfin... Il paraît qu'il vaut mieux l'avoir petiote. Et qui est ce charmant jeune homme qui vous accompagne ?
-Vous ne le reconnaissez pas ? C'est mon frère, Thanis !
-Ah oui ! Il a l'air aussi gentil que sa soeur !
Théana regarde Thanis, qui est resté muet durant l'échange. Le jeune homme ne quitte pas la concierge du regard, son visage lui rappelle
quelqu'un, mais qui ? Théana, qui se méprend sur le silence de son frère, lui donne un coup de coude pour le taquiner.

-Enfin, Thanis, dis bonjour ! Tu sais, les relations sociales et tout ça, ces trucs qui se font entre êtres humains ?
Un clin d'oeil, et Théana s'avance dans le couloir pendant que Thanis salue courtoisement.
-Ah ! Mlle Théana ?
-Oui, Honorine ?
- Céleste veut que vous passiez la voir, elle a trouvé ce que vous cherchez.
-Formidable ! Merci !
Théana longe les couloirs, talonnée par son frère. Un premier tournant, un deuxième, Thanis interroge sa soeur
-Dis moi, tu connais le nom d'Honorine, ou sa famille ?
-Honorine Grandjean. Je sais juste qu'elle est mariée et qu'elle a quatre enfants et sept petis-enfants. Eleanor est la plus jeune, elle la garde souvent ici après l'école pendant que ses parents travaillent. Pourquoi ?
-Oh, sa tête me dit quelque chose, c'est tout. Mais ?! Ta loge est de l'autre côté, non ?
-Oui oui, mais on va d'abord passer voir Céleste.
Elle écarte un rideau de velours rouge et toque contre le montant de la porte en bois.
-Céleste ?
Thanis écarquille les yeux en découvrant la pièce. Des penderies couvertes de vêtements et de costumes tous plus luxueux les uns que les autres s'étalent sur toute sa surface, profusion de tissus chatoyants s'amoncelant dans un ordre parfait. Une belle jeune fille aux longs cheveux couleur de miel évolue avec grâce sur le parquet ciré, époussetant un veston, redressant une chemise sur un cintre. Elle se retourne, accueillant ses visiteurs, et son sourire est aussi éclatant que sa beauté.
-Théana ! J'ai ce que tu m'as demandé.
-Merveilleux !
La jolie costumière saisit une malle en osier pleine à ras bord et s'approche pour faire la bise à Théana. Sans façons, elle fait de même avec Thanis.
-Bonjour ! Thanis Durnedain, enchanté !
En un éclair, il a déployé tout son charme, oeil complice et sourire ravageur. La jeune femme lui sourit en réponse.
-Céleste, costumière au Grand Opéra. Puis, à Théana
Regarde ce que j'ai trouvé et dis-moi si ça te convient. Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de choix dans ces tailles.
Pendant que Thanis entame la conversation avec la jeune fille, Théana s'emploie à vider la malle de son contenu, découvrant avec ravissement ici un costume de mousquetaire avec chemise à jabot et chapeau à plume, là une robe de crinoline mauve avec des arceaux , des costumes divers et variés, tous taille enfant.
-C'est parfait ! Ils vont être ravis ! Merci beaucoup. Devant l'air interrogatif de son frère, elle poursuit
-C'est pour les enfants de l'orphelinat ! Je leur ai fait une promesse.
Elle replie soigneusement les costumes, les range dans la malle. Thanis et Céleste sont plongés en pleine conversation. Théana patiente dix
secondes, 20 secondes... une minute.

-Céleste, je te le ramène, mais là il faut absolument que je montre quelque chose à mon frère.
Attrapant Thanis par le bras, elle l'arrache aux beaux yeux verts de la belle. Thanis se laisse entraîner en soupirant. Une fois dans le couloir :
-Tu ne m'as pas dit que tu travailles avec une telle beauté !
-C'est sûr que ça change de la vieille Mademoiselle Beaubois, des 3 Grâces ! Mais tu n'as qu'à venir me voir plus souvent !
Elle arrive devant sa loge, ouvre la porte, ne marque pas la moindre surprise en découvrant la rose rouge sur la commode, exactement comme dans son rêve. Tout en sifflottant un air entraînant, Thanis découvre la pièce, les mains dans les poches.
-Alors ?! C'est quoi cette chose importante que tu voulais me montrer ?
Théana saisit délicatement la rose, hume son parfum, puis l'agite sous le nez de son frère.
-Quoi, un nouvel admirateur ? Allez Théana, ce n'est pas comme si c'était le premier...
-Ceci, mon très cher frère, a été laissé à mon intention par notre ami La Chimère cette nuit. Tout correspond exactement à mon rêve. Il est venu ici, et il avait le Joyau Absurde.
Elle jette la rose sur la commode, dévisage son frère
-Tu comprends maintenant pourquoi j'en fais une affaire personnelle ?!
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 28 Fév - 13:45

Oh ! Il la regarde, les yeux mis clos. Elle se sent presque mal tellement il est silencieux et immobile.
-Et c’est juste pour ça que tu m’as empêché de dormir hier soir ? Franchement tu pourrais rêver de choses plus importantes, je ne sais pas, les numéros de la loterie par exemple !
Théana se raidit, prend un regard furieux et l’instant d’après se saisit d’un coussin et frappe son frère.
-Des fois, dit-elle, tu es ignoble ! Je préférerais ne pas avoir de frère !
-Mais tu t’ennuierais sans moi lui répond t-il en riant aux éclats et se protégeant mollement des coups de sa sœur.
Et comment finira donc cette histoire ? Notre belle détective Durnedain arrêtera t’elle notre Gentleman Cambrioleur ? Ou bien le laissera t’elle partir après avoir rendu les objets volés ? ou bien encore, dit-il en se mettant droit et la main levée en signe de révélation ; l’amour naîtra-il entre nos deux héros et finiront-ils leur soirée dans des draps de soie ?
Houmpf !
Le coussin explose au visage de Thanis. Les plumes emplissent l’air avant de retomber sur le sol.
-Parfois…Tu es…Tu es un véritable idiot ! Et elle quitte sa loge.
-Je crois que j’ai avalé une perle du coussin. Eh ! Théana, elles sont naturelles tes perles, sinon je suis peut-être empoisonné…
-Tant mieux !
-Théana !... Je …
Un grand bruit.
Théana se retourne et voit son frère au sol.
-Thanis ? …Thanis ?... Elle se jette à côté de lui le retourne sur le dos.
Thanis ? Thanis ? Elle tapote ces joues. Bon sang, qu’est ce que tu as ? Oh non ! La chimère a peut-être empoisonné mes affaires !
Elle tente de faire réagir son frère, quand au comble de l’angoisse.
-ROAAAAR ! Thanis bondit sur elle et l’attrape avec un bras. Il l’immobilise et avec un sourire taquin commence à rapprocher une main aux doigts mouvants.
Théana à comprit.
-Non ! dit elle, je t’interdis…Trop tard, Thanis chatouille son ventre, ses aisselles… Elle hurle de rire, se débat dans tous les sens. Elle tente une contre-attaque. Ils finissent par rouler au sol. Ils arrêtent leur pugilat quand plusieurs paires de pieds s’immobilisent devant eux.
Thanis reste sur le dos et salut la troupe.
-Mesdames, Monsieur, Bonjour.
Théana se redresse et s’arrange à la va vite.
-Ah, euh, Bonjour… Albéric. La jeune femme est figée et rosie.
-Bonjour, Théana, dit-il toujours avec cet air un brin supérieur. Vous prenez le Grand Opéra pour une scène de rue ? La remarque se veut légère, mais le sous-entendu est parfaitement visible.
Thanis se décale contre le mur, assis au sol.
-Mesdemoiselles, je vous en prie. Dit-il en montrant le couloir d’un geste de main.
Un petit clin d’œil, et elles lui sourient toute. Elles passent et il admire les jolies gambettes.
-Mesdemoiselles, vous avez des mollets magnifiques ! quoi de plus normal pour porter de si jolis corps.
Elles rient en s’éloignant, elles se chuchotent des mots aux oreilles et ont des regards charmeurs à l’intention du sculpteur.
-Vous êtes une douce inspiration à mon esprit, pourrais-je un jour vous compter parmis mes modèles ?
Elles entrent dans une salle en riant, l’une d’elles lance un baiser que Thanis rattrape d’une main, il lui renvoie un clin d’œil, elle sourit et disparaît avec les rires quand la porte se referme.
Théana toujours devant Albéric cherche tant bien que mal à justifier cette dispute fraternelle.
-Non, vraiment, je prends mon travail très au sérieux, mais mon frère est parfois tellement gamin, et une chose en entraînant une autre…
-Et ma sœur est parfois tellement plus…
La jeune femme fusille son frère du regard. Albéric tourne son attention vers Thanis.
-Vous avez une plume dans les cheveux dit-il.
-Ah oui ! Tiens Théana, pour rembourrer ton coussin. Vous vous rendez compte, elle a réussi à me l’exploser à la figure ; on ne dirait pas, mais elle est costaude la bougresse. Des fois, Aouch !
Un talon vient de s’enfoncer dans le pied droit du jeune Homme. Théana offre un grand sourire à Albéric.
-Je suis navré Albéric, mais je dois y aller, on se verra plus tard n’est-ce pas ? À bientôt ! Et entraînant son frère par le bras s’éloigne dans les escaliers.
-À bientôt p’tit gars ! Aouch ! mais t’a fini, je vais plus pouvoir marcher moi !
-Et c’est bien fait, tu devrais avoir honte de me faire une peur pareille… Et Albéric n’est pas petit !
Une petite moue de désapprobation, un geste de la main
-Un peu quand même.
-Tu as fini ! Tiens tu vas te rendre utile.
-Mais je suis indispensable ! Tel Albéric dans les couloirs du Grand Opéra, je suis une image emblématique de la cité…
-Arrête ! Vraiment là tu m’énerves !
-Dis donc, on ne peut pas rigoler avec toi aujourd’hui.
-Si, mais là c’est sujet Tabou, OK !
-Bon, ok ! Dit il en hochant les épaules. Bon je dois faire quoi ?
Elle se retourne et pose la main sur une malle.
-Porte ça !
-Ah ! Ce sont les trucs pour les mômes ?
-Oui, tu crois quand même pas que j’aurais pu transporter tout ça toute seule.
-Non bien sûr ! Thanis regarde dans la malle. Tu es sûr qu’il y a tout ?
-Ben…Oui !
-Tu es sûr ? J’ai l’impression qu’il y en a moins que tout à l’heure…
-Mais non… Théana regarde à son tour. Bien que je n’en sois pas sûr.
-Ah ! Tu vois ! Attends, ne t’embête pas je vais aller demandé à Céleste. J’en ai pour cinq minutes.
Théana comprend immédiatement.
-Non Thanis ! Non ! Viens ici, ne la dérange pas…Thanis !
-Tranquille soeurette, j’en ai pour cinq minutes, promis !
Et il disparaît dans les escaliers…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 7 Mar - 17:54

Théana tape du pied, exaspérée. Que ces hommes peuvent donc être énervants !

Thanis a pris la poudre d'escampette. Certes, la jolie Céleste vaut mille fois que l'on s'attarde, mais est-ce vraiment le moment de conter fleurette ? L'insouciance à toute épreuve de son frère ne laissait pas de l'étonner. Dans le monde merveilleux de Thanis Durnedain, tout semble être rose, ou blanc. Dans celui de Théana, le monde se teinte plutôt de gris. De gris sombre.


La jeune femme commence à ramasser les plumes par terre. Pas question de laisser un tel bazar à Esther, qui se charge de l'entretien. Du plus humble au plus prestigieux, le travail de tous se doit d'être respecté. C'est une des nombreuses valeurs que leur a transmis leur père. Tout en rembourrant tant bien que mal l'édredon, Théana songe à Albéric. L'arrogance systématique dont il fait preuve en public commence à lui courir sur le système. A-t il besoin de faire preuve de tant d'orgueil, et ce devant son propre frère ? Le manque de répartie dont elle a elle-même fait preuve à cette occasion lui laisse un goût amer dans la bouche. Il est grand temps de mettre les points sur les « i ». Que leurs rendez-vous demeurent secrets, soit, mais il est hors de question qu'il continue à l'humilier ainsi. Elle soupire. Quelle différence avec l'Albéric galant et courtois, charmeur et taquin qu'elle retrouve dans l'intimité ! Non, vraiment, il ne perd rien pour attendre...

Elle rassemble les restes de l'édredon dans un coin, et se regard se pose sur la rose rouge. Là aussi, que son frère l'ait aussi facilement percée à jour la mortifie. A croire qu'il lit dans ses pensées. Elle n'y peut rien, elle n'est attirée que par les hommes qui lui proposent un challenge. L'attraction physique, l'alchimie des corps, c'est parfait pour une nuit ou deux, voire plus si vraiment la partition s'est jouée de façon exceptionnelle. Mais pour qu'elle éprouve plus, pour que cette attirance devienne obsessionnelle, il lui faut un défi, une compétition. Comme avec Albéric autour de la place de Premier Violon. Et comme avec La Chimère... Elle pense à sa pauvre mère qui attend avec impatience d'avoir des petits-enfants. Avec une fille comme elle, elle n'est pas près d'en avoir !
Théana se lève, rassemble ses affaires. Finalement, Thanis a raison, La Chimère ne le concerne en rien. C'est elle qui l'a aidé à son insu à cambrioler le Grand Opéra, et c'est sa loge à elle qu'il est venu visiter. Sans compter qu'elle n'arrive pas vraiment à se persuader que cet homme est vraiment dangereux. Tout ça, c'est son problème.

Elle sort de sa loge, ferme la porte, suit le couloir jusquà la sortie. A l'entrée de l'édifice, elle trouve Monsieur Hubert, le gardien, qui discute avec Honorine.
- Bonjour, Mr Hubert. Vous allez bien ?
- Bonjour Mlle Durnedain ! Ça va bien merci, et vous-même ?
-Ça va merci. Bonne journée.
Elle descend quelques marches, se retourne à demi vers le gardien.
-Mr Hubert, je me demandais... Vous n'avez pas eu de visite, cette nuit ? Personne n'est entré au Grand Opéra ?
-Non, non, Mlle Durnedain. Mais il ne faut pas vous faire de mauvais sang, vous savez. Cette histoire de cambriolage, c'est du passé. La sécurité a été renforcée depuis, vous ne craignez rien.
-Oui, merci... Bonne journée.
Elle repart, descend quelques marches, se retourne à nouveau, remonte. Son incorrigible frangin est bien capable de s'inquiéter si il ne la retrouve pas après son tête à tête avec la jolie costumière.
- Honorine ? Si mon frère me cherche, pourrez-vous lui dire que je suis partie au club de boxe ?
La vieille femme écarquille les yeux.
-Au club de boxe Mlle Théana ? Une frêle jeune fille comme vous ?
-Non, non, rien de ce genre ! Répond Théana en riant. C'est une affaire entre nous. Si il vous demande, parlez-lui juste du club de boxe, d'accord ?
- D'accord.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mar 9 Mar - 17:52

« Par les boulons de la cité; que les femmes sont jolies! »
Thanis descend les grands escaliers du hall de l'opéra en sifflotant. Céleste, voici une femme qui sait jouer. Aussi désirable qu'une étoile dans le ciel d'Exil et pourtant si accessible aussi. Il avait commencé par ses classiques de séduction et elle s'en était amusé; et il en était ravi. De plus en plus il cherchait des femmes avec le tempérament et l'envie de lui résister, d'obtenir plus en prenant le temps de se découvrir, d'augmenter le désir et le plaisir en proportion.
Il avait redoublé d'attentions, de regards et d'écoutes et il repartait avec un baiser et un rendez vous.
Un petit détour, une porte de service et il se retrouvait dans l'aile dédiée aux loges d'artistes. Il entre mais celle de Théana est vide; sans sa sœur donc. Il esquisse une moue, voit la malle. Elle doit m'attendre à l'entrée pense t'il. Il attrape le coffre aux vêtements et retourne vers l'entrée.
Personne.
Peut être dehors. Au moment de passer l'immense porte à double battant, le petite dame, Honorine se souvient il, l'interpèle.
-Mr Durnedain.
Il se retourne, Oui?
-J'ai un message de votre sœur. Ne vous inquiétez pas, elle est allé à la salle de boxe.
-La salle de boxe! Thanis c'est raidi.
-Euh...Oui. Elle m'a dit que vous sauriez ce que cela veut dire.
Une sueur froide coule le long de sa colonne vertébrale, pour une fois, Thanis ne peut cacher son angoisse.
-Depuis quand est elle partie?
-environ trente minutes...Au moins.
-Bien...Merci. Je peux vous laisser la malle? Je passerais la prendre plus tard.
-oui, bien sur, mais...Est ce que tout va bien?
-Oui oui! Le jeune homme coupe net la conversation. Merci, à plus tard! Dit il avec un sourire qui se veut rassurant.
Honorine va jusqu'à la porte et regarde partir Thanis qui coure à toute allure vers la station de Tramway. La vieille dame pose ses mains contre son cœur, elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter.

« Thanis, tu n'es qu'un crétin! »
Il ne peut s'empêcher de le dire tout haut. Les autres passagers ont sursauté de surprise.
Comme si tu ne connaissais pas ta sœur et son caractère. J'aurais du me douter qu'elle ferait quelque chose comme ça. Bon sang! Aller seule dans ce quartier et dans une salle de boxe à la recherche d'un type qui pourrait la briser en deux avec ses doigts.
« il ne peut pas aller plus vite ce tram! » Ses voisins de wagons le dévisagent, mais il s'en fiche.

Les murs sont vieux et sales. Une décennie d'affiches défraichies composent le mortier qui maintient encore le plâtre effrité et jaunie.
La salle de boxe à tout de même la réputation de former les meilleurs mais aussi d'organiser les combats les plus violents. Les hommes sont forts, leurs odeurs aussi. Les sacs sont frappés sans ménagement. Sur les rings, les débutants sont malmenés. Tout est comme on se l'imagine, sauf une. Théana à l'intérieur est comme un pied de violette dans un champ de bataille. Elle se fait discrète, mais dans ce genre d'endroit...elle reste un poisson rouge dans un banc de requin.

L'un d'eux ce démarque du lot. Plus de deux mètres de haut pour cent vingt kilos au moins. Les épaules larges, un cou de taureau, une musculature imposante rehaussée par une pilosité sombre et fournie. Son visage est carré, les cheveux rasé, un menton proéminent, des lèvres fine qui trahisse une certaine détermination. Une moustache taillée à la corsaire, une cicatrice sur la tempe gauche et un nez asymétrique et empatté par les nombreux combats. Mais le plus impressionnant dans tout ça, ce sont ses yeux noirs, perçants et intimidants. Des yeux trop petits mais qui pourtant dévisagent depuis l'entrée des vestiaires la jeune femme dans le salle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Sam 13 Mar - 11:51

Théana n'hésite qu'une brève seconde devant la porte en acier qui marque l'entrée du club de boxe. A l'intérieur, outre l'aspect défraîchit du lieu, ce qui prend à la gorge d'emblée c'est l'odeur. L'odeur brute de la sueur et du cuir mêlée à celle, reconnaissable entre toutes, du sang. Un rapide coup d'oeil à l'ensemble de la salle lui montre que leur homme n'est pas sur place. Deux façons de procéder : foncer, ou jouer tout en finesse. Pour le rapport de force, on oublie, par contre les hommes aiment toujours jouer les protecteurs avec les faibles femmes comme elle. Un grand sourire et Théana sort de l'ombre, elle se dirige droit vers celui qu'elle a identifié comme l'entraîneur ou le responsable, quelque soit le terme qu'on utilise dans le milieu de la boxe. Grand et large d'épaules, il a une bonne trentaine d'année et porte les stigmates de ses combats passés. Debout au pied du ring, il donne des conseils à deux montagnes de muscles d'une vingtaine d'années qui boient ses paroles. Comme il la détaille ouvertement à son approche, Théana lui décoche un sourire ravageur.
- Bonjour, se présente-t elle, je suis Théana, et peut-être que vous pouvez m'aider...

C'est presque trop facile. Un sourire, une oeillade, une main aux ongles impeccablement vernis pour tâter ses biceps et une oreille attentive
à ses exploits passés, et le dénommé Pierre « oeil de tigre » est sous le charme. Oui, l'homme qu'elle recherche ressemble à un gars qu'il connaît, un certain Paul. D'ailleurs, il devait venir cet après-midi, étrange, il lui semblait même l'avoir entraperçu dans les vestiaires... Bah, il a dû repartir, une affaire urgente sans doute. Oui, il habite près d'ici dans une petite ruelle deux rues plus loin à droite, l'immeuble avec les volets verts, et vous le cherchez pour quoi au fait ? Les yeux de l'homme se sont fait soupçonneux.


Théana commence à s'inquiéter lorsque les questions sur elle et les raisons de sa présence se font plus insistantes. D'un seul coup, le ton de la conversation a changé. A mieux y regarder, sous ses dehors affables, la musculature et l'attitude féline de Pierre et son regard de prédateur en font quelqu'un de dangereux. Le moindre faux-pas, et il lui tombera dessus, et les autres avec. Dans la pièce, le changement
d'ambiance est perceptible, les boxeurs s'arrêtent de combattre, elle sent l'hostilité poindre. Quand a-t-elle fait une erreur ? Tous ces regards braqués sur elle lui font froid dans le dos. Il est temps de partir, il est peut-être même déjà trop tard.


Avec un grand sourire, Théana se lève et prend congé. L'issue la plus proche est la porte de derrière, près des vestiaires. Mal à l'aise, la jeune femme parcourt les quelques mètres qui la séparent de la porte. Elle sent des picotements sur sa nuque, imagine tous les boxeurs en
train de la regarder. Plus que quelques pas, trois, deux... la voilà dehors. Un soupir de soulagement lui échappe comme elle referme la porte. Une silhouette se détache dans la pénombre, au loin. Paul ? La ruelle est sordide, jonchée de détritus. Théana s'y engage pourtant sans hésiter, autant pour fuir le club que pour rattraper la silhouette. Elle n'a pas fait trois pas qu'une main se plaque sur sa bouche, tandis qu'un bras musclé l'attire dans un coin...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 14 Mar - 13:06

Après un tramway bondé; des rues à l'heure de pointe. Comme si tous étaient là pour contrarier Thanis. Il joue des coudes, se faufile entre les caisses de livraisons, évite de renverser une vieille grand -mère, s'excuse une multitude de fois pour enfin entrevoir la porte du club de boxe.
L'ambiance générale lui rappelle des souvenirs et il retrouve rapidement les codes de vie de ces lieux. Quand il avait seize ans, Thanis comme beaucoup était plein de désirs de victoires et d'envies de prouver sa supériorité physique. Il avait suivit des cours, avait fait quelques matchs. Pour les beaux yeux des filles surtout et par réaction à la montée d'hormones. Mais ça lui était passé, la sculpture avait modifié sa vision des choses, sauf pour les femmes; c'était même plus efficace.
Il entre, et repère vite le patron mais préfère se tourner vers le "porteur de serviettes" . Ces gosses sont plus accessible et surtout, sont de vrais "espions". il trouve facilement un jeune rouquin de dix douze ans en train de lessiver le sol prêt des toilettes. il regarde toujours un peu partout, comme une sourie dans un nid de serpent.
"Salut!
Le rouquin lève la tête, au début un peu effrayé, normal, ce sont souvent les têtes de Turcs des costauds.
-Euh..bonjour!
-Dis moi, tu es là depuis longtemps, aujourd'hui je veux dire.
-Euh...Oui. Le gosse est assez hésitant, il tient son balai comme une corde qui vous relie à la vie.
-Je m'appelle Thanis, et toi?
-...Laurent.
-Et bien Laurent, tu peux peut être m'aider?!
-Moi?
-Bien sur, Tout le monde est important et toi je suis sur que tu vois tout ce qui se passe ici.
-...
-je cherche une jeune femme, en fait elle me ressemble, c'est ma soeur. Elle court toujours après son amant et elle pense qu'elle peut le trouver ici. Tu l'a vu?
-...Oui, j'ai vu une jolie jeune femme, enfin...Tous les hommes l'ont vu...
-Elle en a encore trop fait. thanis soupire. Tu as des soeurs?
-Non.
-Et bien tu en as de la chance. Tu peux me dire ce qu'elle a fait?
-Elle à parler avec Pierre. Laurent montre un homme du doigt.
-c'est le patron, c'est ça?
-Oui, elle est restée cinq minutes...elle demandait si Paul était là?
-Paul.
-Oui, c'est lui son amant?
-Non.
Le jeune homme semblait rassuré.
-Quelque chose ne va pas?
-Euh...Non. C'est juste que j'ai entendu dire que Paul...enfin...il était pas très galant avec les femmes...Un peu violent quoi. Et je trouvais votre soeur si jolie... Enfin... Et il rougit.
C'était mignon de voir le gamin rougir mais ce qui l'inquiétait, c'était sa dernière révélation.
-Et Paul, il est là aujourd'hui?
-Il était là, mais il est ressortit quand votre soeur était là, par la porte de derrière.
-Et ma soeur?
-Elle...
-Et toi! Qu'est tu fout! Un type s'approche. brun et musclé avec une barbe sale et une hygiène douteuse, même si l'on peut lui trouver des excuses.
-T'es pas là pour parler, Y'a les chiottes à récurer.
Il s'approche et lève la main pour frapper le jeune.
-Hep! Thanis lui rappel sa présence. je te conseil pas de le toucher!
L'homme se rapproche en bombant le torse.
-Et qui t'es toi pour me donner des ordres; le gosse on en fait ce qu'on veut!
-primo, c'était pas un ordre, mais une suggestion avisée. deuxièmement...je suis son oncle.
Le type reste un peu interloquer, il dévisage Laurent et Thanis.
-Vous vous ressemblez pas.
-C'est pour ça que c'est mon neveu, Pourquoi? Chez toi vous êtes tous pareil?
-tu veux dire quoi par la?
-C'est juste une question?
-oui on ce resemble tous et alors!?
-Bof, je sais que pour atteindre ce résultat, et il dévisage le type, y'a souvent des problèmes de consanguinité.
Le type passe du blanc au rouge en moins d'une seconde. il lève le poing mais avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il se retrouve avec au sol, deux dents en moins et un manège d'étoiles autour de la tête.
-Franchement, le QI change pas dans les clubs de boxe. surement à cause des coups!
les autres gars ont vu la scène. après un petit regard, plusieurs d'entre eux se rapproche de Thanis. il se prépare à faire face, mais par chance le patron est là.
-Stop les gars. Si vous voulez vous battre, c'est sur le ring. et toi? T'es qui? Qu'est ce tu fout là?
-c'est mon neveu, je venais dire bonjour. répondit Thanis en montrant Laurent du doigt.
-ton neveu? Laurent, c'est vrai?
-euh...Oui.
Thanis souffle intérieurement et fait un clin d'oeil au gosse.
-Vous vous ressemblez pas.
-Ca va pas recommencer... Vous savez, quand j'étais jeune, j'avais le même physique que lui. Et on m'a donné ma chance.
Pierre regarde Thanis en connaisseur, puis regarde le type KO au sol.
-Comme lui...
-Ouaip! Bon, c'est pas tout mais faut que j'y aille. Laurent, tu peut me dire quand elle est partie?
le gosse hésite et regarde l'horloge.
-Euh... Environ 10 minutes.
-Ok, Super. Je passerais te voir une autre fois, Salut! Messieurs, salut! Et toi, relève ta garde, tu laisse un couloir à ton adversaire... Thanis la joue décontracté, salut encore Laurent d'un clin d'oeil et passe la porte d'entrée. Avant qu'elle ne se referme, il entend Pierre:
-Laurent, viens ici. Commence à taper sur ses sacs, il te faut du muscle comme ton oncle...Mais jette moi cette serpillière bon sang!... balance la sur Fabien! Après un Ko comme ça, il mérite pas plus..."
Thanis retourne dans la rue en souriant. il se redresse, et mains dans les poches il se demande encore où peut bien être Théana. Il prend à gauche et sans vraiment savoir pourquoi regarde dans une ruelle. Son regard est attiré par des ombres, leurs gestes de luttes sont sans équivoque et son sang ne fait qu'un tour quand il reconnaît sa soeur.


Dernière édition par Poup le Sam 3 Avr - 11:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Jeu 18 Mar - 17:11

Lorsqu'elle tente de hurler, la main plaquée sur sa bouche étouffe son cri. L'odeur corporelle de l'homme l'agresse, un mélange de sueur et de crasse qui lui donne la nausée. Il se penche vers elle, et elle distingue une bouche cruelles aux dents déchaussées et à l'haleine fétide.
- Si tu bouges, si tu résistes, je te tue.
La voix est rauque, désagréable. La menace est sérieuse. Théana se raidit, mais ne bouge pas. D'un seul geste, le colosse peut lui briser la
nuque.

- Marrant que tu me cherches, répond la voix. Il m'a demandé de t'amener à lui, et voilà que tu viens à moi. A croire que tu cherches les ennuis...
La main qui enserre sa taille se relâche, les doigts moites explorent son cou, sa gorge...
- Maintenant il a pas précisé dans quel état je dois te ramener... continue la voix. T'es plutôt pas mal tu sais.
Les attouchements s'aventurent plus loin, et Théana voir rouge. Il ne sera pas dit qu'une Durnedain se rendra sans combattre. Quitte à mourir, autant que ce soit en luttant plutôt qu'en servant de jouet sexuel à un dégénéré, même si celui-ci fait trois fois son poids. Théana plante ses dents dans la main crasseuse, au sang. Il hurle, la lâche. Elle se précipite dans la ruelle. La silhouette qu'elle a entraperçue ne doit pas être loin...

Elle n'a pas fait dix pas qu'il lui attrape le bras et la projète à terre. Théana tend les mains pour amortir sa chute sur le sol goudronné. Vive comme l'éclair, elle retrouve un appui et se projette vers l'avant pour reprendre sa course, mais son pied glisse sur le sol mouillé et l'homme parvient à lui saisir la cheville. Elle tente de résister mais l'homme est décidément trop fort pour elle.
- Lâchez-moi ! Au secours !
- Tu vas me le payer, gamine...
Paul
la relève comme si elle ne pesait rien. Deux mains puissantes enserrent son cou et se serrent, de plus en plus fort. Théana agrippe ses mains qui l'étranglent et tire dessus mais rien n'y fait. L'air commence à lui manquer. Des points noirs surgissent devant ses yeux, ses oreilles bourdonnent, elle se sent partir... Elle utilise toute sa volonté et les forces qui lui restent pour saisir l'arme dissimulée dans son sac. Un voile opaque recouvre ses yeux. Bientôt ce sera l'inconscience, puis la mort. Elle tire. Un hurlement puissant lui vrille les tympans. Elle tombe à terre, l'étreinte s'est relâchée, la première bouffée d'air est une bénédiction. Théana maîtrise sa panique et recommence à respirer, une inspiration, une deuxième... Chaque bouffée est une souffrance. Elle reprend ses esprits, lève les yeux sur son agresseur. Incrédule, l'homme regarde son pied droit. Du sang rouge vif suinte à travers la chaussure. Un rictus de haine pur déforme son visage à mesure qu'il comprend que la jeune femme lui a tiré dessus. Théana aperçoit son pistolet à portée de main, s'en empare. Avec un hurlement de rage, il se jète sur elle. Théana lève son arme...
Une ombre la frôle, un choc sourd. L'arme de la jeune femme est levée sur du vide. A terre, le véritable combat a commencé...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 22 Mar - 8:10

Sans avoir si c'est du au fait de voir sa sœur en danger, le coup de feu qui résonne encore dans la ruelle ou ce type avec un regard de tueur qui menace Théana, mais Thanis n'a qu'une chose visible dans son champ de vision, Paul et à l'esprit un irrépressible désir de lui fracasser le crâne.
Il a l'impression que les quelques mètres qu'il parcourt sont les plus longs qu'il ai jamais fait. Mais dés qu'il plonge sur ce type, c'est avec une accélération fulgurante qu'ils commencent à s'échanger des coups.
Ses poings pleuvent sans aucune retenue, laissant des marques et déchaussant des dents. Thanis à l'avantage de la position, l'autre est à terre mais ce dernier rend coup pour coup dans le ventre et les côtes.
Grâce à sa résistance et à sa force, Paul arrive à se dégager. Jouant des épaules et des jambes, le voilà qui repousse Thanis; et comme si le pied ensanglanté ne lui faisait rien, il fonce en avant, plaquant son adversaire contre le mur. Thanis redouble de coups dans le dos de Paul mais celui-ci, avec son incroyable force et probablement l'adrénaline aussi, arrive à garder le contact et à frapper.
Même s'il a l'avantage de la souplesse, Thanis est surpris par la résistance de son adversaire. Beaucoup seraient déjà au sol après ce qu'il a asséné. Il le repousse contre le mur opposé, dans le mouvement ils chutent dans les poubelles. Ils se relèvent et se dévisagent. C'est la pause avant un nouvel engagement.
Les combattants sont de même niveau. Thanis le sait, Paul aussi si bien qu'il décide un replis juste le temps de siffler; un son aigu, régulier et prolongé.
Après quelques coups encore, Thanis aperçoit des silhouette derrière sont adversaire. D'autres gars, à l'air aussi patibulaire que Paul approchent, armés de barre d'acier.
Au total, ils sont cinq. Confiant et prêts à en découdre, Thanis en profite lui aussi pour ramasser une arme improvisée.
Paul s'avance un peu, sur de lui. Il crache au sol un jet de salive et de sang.
-Je ne crois pas finalement que je t'amènerais à lui. Dit il à l'intention de la jeune femme. Moi et mes potes on va profiter de ton joli corps quand on aura marché sur celui de ton frère. Des rires gras accompagnent ses paroles.
Leurs regards sont menaçants, fou et lubriques et même l'arme de Théana ne les impressionne pas.
Deux d'entre eux se jettent en avant, mais deux mouvements bien placés et Thanis les renvois dans leurs filets.
-Va t'en crie t'il à l'intention de Théana. Ne reste pas là!
Deux types attaquent encore, Thanis fait des moulinets, repousse, frappe les empêchant de passer. Malgré tout l'un d'eux attrape le bras de la jeune femme qui se débat mais sans pouvoir se libérer. L'homme lève le poing et l'abat sur le visage de Théana. Le coup tombe mais c'est l'arme de Thanis qui lui fracasse le nez qui touche en premier.
-Cours dit il. Va chercher de l'aide! Si tu en trouve dans ce quartier pense t'il. Je t'en prie, Fuit!
Dans le regard de Thanis, dans sa voix, elle comprend qu'elle doit l'écouter, que c'est la seule solution. Elle recule, commence à courir.
Elle voit Thanis qui se démène pour retenir les hommes. Le dernier qu'il a frapper est resté au sol un deuxième l'y rejoint après un choc à la tête. Mais à trois contre un Thanis ne peut se protéger de tous les coups. Il est vit submergé, les coups pleuvent, le sang avec...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mer 24 Mar - 16:11

Théana s'enfuit à toutes jambes vers le fond de la ruelle avec l'horrible impression de trahir son frère en l'abandonnant et la peur au ventre de ne plus jamais le revoir vivant. Derrière elle, le bruit de lutte fait rage et elle résiste plus d'une fois à l'envie d'y retourner. Pour qu'ils l'attrapent et se servent d'elle pour contraindre Thanis à cesser de lutter ?!!! Jamais !

Elle entend un bruit de course dans son dos. Un bruit de pas lourds qui ne sont pas ceux de son frère. Tant mieux, ça en fait toujours un de moins face à Thanis. A un contre deux, son frère a encore une chance... « Qu'il tienne jusqu'à ce que je revienne » « Qu'il tienne jusqu'à ce que je revienne »... Ses pensées sont comme un leitmotiv qui rythme sa course. Elle accélère l'allure. Sa cheville gauche la brûle, à l'endroit où Paul l'a agrippée, mais elle n'en a cure. Arrivée à un carrefour, elle s'engouffre dans la ruelle à sa gauche, puis celle de droite. Personne dans les rues, pas une boutique où elle pourrait trouver un parlophone. Des volets défraîchis ferment les volets des habitations, et elle entend toujours, quoique plus lointain, les pas de l'homme qui la poursuit. Elle continue. Les ruelles s'enfilent les unes après les autres en un sombre labyrinthe d'acier et d'obsidienne, un vrai coupe-gorge. Elle commence à perdre espoir... Chaque instant qui passe précipite Thanis à une mort certaine. Elle change brusquement de direction, plonge dans un coin d'ombre, se plaque contre le mur. Son poursuivant
passe devant sans s'arrêter. Elle retient son souffle. Il hésite un instant, puis part sur sa gauche, loin de sa cachette.


Théana se laisse glisser à terre, exténuée. La panique et la fatigue se conjuguent, elle peine à reprendre son souffle, sa respiration est trop rapide, la crise d'angoisse n'est pas loin. « Pas maintenant ! Ce n'est pas le moment !!! » Elle s'oblige à respirer plus lentement, plus profondément, se calme. Il faut continuer à bouger. Trouver quelqu'un, un parlophone, prévenir Pandore. Et sauver Thanis.

Un bruit sur sa droite, elle tourne les yeux. Une frêle silhouette se détache à contre-jour à l'entrée du passage. Avec un cri de défi, Théana se jette sur l'inconnu, l'agrippe, le renverse.
-Toi ?! Tu me suis ? Tu veux les mener jusqu'à moi ?!
Elle a reconnu le petit rouquin qui balaie la salle de boxe. Il a levé les mains devant son visage, terrorisé.
-Mam'zelle, non ! Votre frère ! Ils ont fait du mal à votre frère !
Deux larmes roulent sur ses joues. Le coeur de Théana se glace. Elle regarde le gamin avec des yeux incrédules.
- Est-il... Non. NON !!! Ce n'est pas possible !!!
- Non, mam'zelle, non ! Mais ils vont le tuer ! Je ne veux pas qu'ils lui fassent du mal ! Il a été si gentil avec moi !
Théana respire. Elle pose ses mains sur les épaules du jeune garçon, le regarde dans les yeux.
- Ecoute-moi. Quel est ton nom ?
- Laurent, mam'zelle.
- D'accord, Laurent. Ecoute-moi bien. Tu es grand, déjà un homme, pas vrai ?
Le garçon acquièce en reniflant.
- Et mon frère, Thanis, il a été gentil avec toi, c'est bien ça ?
Laurent approuve à nouveau.
- Alors écoute : ces gens, là-bas, vont tuer Thanis. Il n'y a que toi qui puisse le sauver, tu comprends ?
Elle resserre la pression sur les frêles épaules, scrute le regard effrayé du jeune homme.
- Il faut absolument que tu appelles les secours pour leur dire ce qu'il se passe. Il y a un parlophone au club de boxe ?
- Oui, mais...
-
Il n'y a pas de « mais ». Il n'y a que toi qui puisses le faire. Si tu ne le fais pas, mon frère – Thanis – mourra.
Elle regarde à nouveau le jeune homme. Elle lit dans son regard une honnêteté à toute épreuve, et une toute nouvelle lueur de détermination.
-
Je vais le faire !
- Bien. J'ai confiance en toi.
Elle serre le garçon contre son coeur, le libère. Elle s'en veut de faire peser tant de poids sur les épaules d'un adolescent à peine sorti de l'enfance, mais elle n'a pas le choix. Le gamin s'éloigne à toutes jambes.

Elle sort son arme, la recharge, respire un grand coup. Et reprend le chemin du champ de bataille.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 28 Mar - 14:40

Le dos contre un mur pour le soutenir, les jambes flageolantes, les yeux dans le flou et le sang coulant sur son visage, Thanis est en mauvaise posture. Il c’était démené comme un beau diable mais malgré les moulinets et ses tentatives pour les retenir, un des types avait filé à la poursuite de sa sœur. Il avait bien tenté de l’arrêter, mais les autres en avaient profité pour le rouer de coups.
Il essuie le sang qui coule dans son œil droit avec le revers de sa manche. Paul et son acolyte sont bien amochés eux aussi, mais ils sont plus confiants, une assurance venant de leur supériorité numérique. La ruelle crasseuse et encombrée de détritus n’est pas le meilleur endroit pour se sortir de cette situation. Il reste de plus, inquiet pour Théana et ne veut pas perdre de temps ; il doit la rejoindre.
Il lance une attaque pour forcer les autres à ouvrir un passage. Il s’y engouffre et fonce vers le bout de la ruelle. Passage à droite, une série d’escaliers. Il s’agrippe à la rampe et l’enjambe pour tenter de gagner du temps ; enfin, il aurait pu si le gars n’avait plongé sur lui. Le choc est violent, la chute encore plus. Sonné, Thanis secoue la tête pour tenter d’éclaircir son esprit. Son adversaire se relève difficilement. Il en profite, d’un coup de tibia dans les genoux, il lui fait perdre l’équilibre et le précipite dans ce qu’il reste de marches. Il ne se relève pas.
C’est au tour de Thanis de tenter de se lever. Il chancelle, s’agrippant au garde-corps, il se maintient debout. Il aurait presque oublié Paul si ce dernier ne l’avait empoigné. Il sent les coups pleuvoir sur son ventre et son visage.
Le jeune homme n’a plus trop l’énergie de se défendre, il empoigne une oreille de Paul et tire. Ça a au moins le mérite de l’arrêter. Thanis tente de l’immobiliser avec une clé de bras, mais le geste grossier n’arrive qu’à les faire tomber. Paul plaque Thanis sur le sol, ventre contre terre. Plaçant son genou entre ses reins, il profite quelques instants de sa victoire avant d’attraper les cheveux de Thanis et de tirer sa tête en arrière.
Il se baisse pour lui parler comme pour une confidence.
-Tu vois, je fais toujours ce que je dis ; et après, je profiterais de ta sœur !
Thanis se débat, la rage le pousse à trouver une issue, même s’il n’y en a pas. Il tente d’attraper le visage de Paul, qui recule.
-Laisse tomber, tu pourras rien y changer.
Il tire encore un peu plus la tête de Thanis en arrière qui grimace de douleur avant de la rabattre violement sur le sol.
Une fois, Thanis se débat, le sang coule de son front et de son nez.
Deux fois, Il pousse un râle de douleur et tente encore de se dégager.
Trois fois, il perd conscience.
Quatre fois…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mer 31 Mar - 14:25

Théana rebrousse chemin à toutes jambes. Maintenant que Laurent est parti alerter les secours, il lui faut absolument retourner aider Thanis. Avant qu'il ne soit trop tard... Pourvu que le môme tienne sa promesse, et pourvu qu'il ne lui arrive rien...

Il ne lui semblait pas que c'était si loin; la peur au ventre, elle a vraiment fait du chemin. Toutes les rues se ressemblent. Elle hésite une ou deux fois, s'engage en courant dans une impasse, fait demi-tour. Le retour lui semble interminable. Elle se rapproche enfin de la ruelle, ralentit sa course, tend l'oreille. Là où elle s'attendait à des bruits de lutte, le silence lui glace les sangs. Se pourrait-il qu'elle arrive trop tard ? Un bruit sourd qui se répète. Une fois, deux fois...
Théana s'engouffre dans la ruelle, reste figée d'horreur devant la scène. Thanis gît à terre, le visage en sang, inanimé (ou pire ?!!!), pendant que Paul, penché sur lui, est en train de le massacrer. Le choc sourd de la rencontre entre la chair tendre et l'asphalte... A cette distance, elle est incapable de savoir si son frère est encore en vie, mais l'acharnement du boxeur sur le corps ensanglanté la persuade qu'il est toujours vivant. Ça, et son instinct. Il le faut. Dans un hurlement, Théana sort son arme et se précipite. L'homme n'a pas le temps de réaliser que déjà la première balle le touche. Ses yeux écarquillés fixent le trou béant qui s'est formé sur sa poitrine, et le flot de sang qui en jaillit. Il veut se redresser pour lui en coller une, mais Théana s'éloigne d'un bond, ajuste son tir, et colle un nouveau trou sur la poitrine du type, petit frère du premier. Paul s'effondre à terre, convulse. Quelques mètres plus loin, un des types que Thanis a sérieusement amoché réussi à se relever et se traîne vers le fond de la ruelle. Il se retourne pour vérifier que Théana ne braque pas son arme dans son dos, mais l'attention de la jeune femme s'est déjà détournée de lui. Avec un sanglot, elle tombe à genoux à côté de son frère. Thanis gît à plat ventre sur le sol, ce qui reste de son beau visage tourné sur le côté. Son épaule gauche forme un angle improbable avec le reste de son corps. Sa chemise lacérée laisse deviner des hématomes violacés. Théana refoule les larmes qui lui viennent aux yeux, se penche sur lui. Un souffle quasi imperceptible s'échappe de ce corps torturé. Théana se met à pleurer, sans savoir si les larmes qui roulent sur ses joues expriment du soulagement, de l'inquiétude ou de la tristesse. Avec d'extrêmes précautions, elle vérifie que son frère n'est pas en train de se vider de son sang, puis le protège du mieux qu'elle peut contre le froid mordant du vent qui s'engouffre dans la ruelle. Pour le reste, il lui faudra attendre l'arrivée des secours. Avec une tendresse infinie, elle pose la tête de son frère sur ses genoux, se penche sur lui pour lui offrir un peu de chaleur. Elle se met à fredonner tout en repoussant les mèches de cheveux ensanglantées qui s'agglutinent sur son front. La berceuse de leur enfance, celle que leur chantait leur mère avant de s'endormir... Ce souvenir fait céder Théana, qui s'effondre en larmes. Toute la culpabilité qu'elle avait écartée jusque là ressurgit, et ses sanglots redoublent à mesure qu'elle se rappelle que c'est à cause d'elle qu'ils sont venus ici, que c'est de sa faute si son frère est à présent entre la vie et la mort. Prostrée sur Thanis, elle le supplie.
- Pardon, Thanis, pardon. Je t'en prie, accroche-toi...

C'est dans cette position que les secours, conduits par Laurent, les découvrent. Le môme a tenu sa promesse. Et Théana pleure des larmes de sang...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mer 31 Mar - 21:37

-Thanis? Thanis?
La voix qui l'appelle est si lointaine. Elle lui semble familière, mais il n'arrive pas à la discerner correctement.
-Thanis?
Il était bien maintenant, calme, tranquille. Il a l'impression de flotter. Il n'a ni chaud, ni froid. Il aimerait resté comme ça pour toujours.
-Thanis? Allez l'Agachon, réveille toi!
Il ouvre les yeux en grand. Une seule personne l'a appelé comme ça de toute sa vie... ce n'est pas possible que ce soit elle.
Le ciel est gris, normal à Exil, mais il est plus morbide qu'à l'accoutumée; en fait, c'est comme s'il était mort. Sous ses pieds, une eau...morte aussi. Tout ici est mort. Il met un certain temps avant de s'apercevoir qu'il flotte; il flotte vraiment!
Ça le surprend mais en même temps cela lui semble normal, même le fait qu'il soit nu et que pourtant il ne ressente aucune sensation de froid ou de chaud.
-Ah! Enfin!
Il regarde autour de lui et finit par voir un pilier d'Obsidienne. Il l'observe et voit sur son sommet une silhouette. Il s'en approche, comment à t'il parcourut cette distance, il ne saurait le dire.
-Je croyais que tu passerais devant moi sans te réveiller.
Thanis se fige de surprise. Le choc lui retire les mots de la bouche qui reste grande ouverte.
-Eh bien! Tu ne sais plus parler! A moins que tu ne reconnaisse pas ton vieil ami? L'homme lui sourit.
-...Pierrot!...Comment?!
-Ah! Tu me remets; ca me fait plaisir.
-Que...que fais tu ici? Que...
-C'est un peu compliqué; mais le plus important ce n'est pas moi, c'est toi! Ne laisse pas la mort te prendre!
-La mort? Je suis mort?
-Non, pas encore, disons que tu es entre les deux mondes. Ton cœur bat encore, rejoint ton corps avant qu'il ne soit trop tard.
-Je...Je ne comprends pas!
-regarde là bas. Il lui montre du doigt une lueur scintillante de mille couleurs. C'est ton corps, retrouve le!
-Et toi?
-Moi? J'attends.
-Tu attends quoi?
-J'attends qu'on accepte de me laisser passer la porte.
A l'opposé de l'autre côté, Thanis voit dans les brumes une silhouette de porte, gigantesque, imposante et sombre. Quand il la voit, il se sent attirer.
-Non! Pierrot le rattrape.
-Non! Ne va pas par là, rebrousse chemin; retrouve tes amis, tes parents...embrasse Théana pour moi.
Thanis se crispe, sert les poings et l'instant d'après le frappe.
-comment à tu osé nous faire ça! Lui faire ça à elle! Un ...suicide! Il crache ce dernier mot comme s'il lui déchirait les entrailles.
-je ne peux pas te dire. C'est compliqué...sache que je ne l'ai jamais voulu.
-Et c'est tout ce que tu peux dire!? Thanis hurlait gesticulé et rageait contre son ancien ami, cet homme qui était comme un frère, qui aurait du le devenir. Il évacua sa frustration, pour lui, et peut être un peu pour Théana.
-c'est la première fois que je te vois pleurer.
Thanis ne s'en st pas rendu compte. Il essuie ses larmes du dos de la main.
-Tu me dois une explication!
-il n'est plus temps, regarde!
La lumière lointaine que Pierre-Yves lui avait dit être son corps s'amenuise.
-Va t'en, sinon tu seras perdu ici.
Thanis commence alors à remonter vers son « corps » aussi simplement que de marcher.
-A mi chemin, il se retourne.
-Que c'est il passé, dis moi?
-Cela ne servirait à rien. Embrasse Théana pour moi. Dis lui combien je l'aime...
-Pierrot?! Pierrot?

Thanis sent un choc violent, puis un poids écrasant. Des douleurs lancinante dans tout son corps. Puis il sent la moiteur des draps, la pression des bandages sur son corps. Sa pensée s'éclaire, il cherche à organiser ses pensées mais étrangement il y a comme un vide dans ses souvenirs. Il a vécu quelque chose...mais quoi? La seule chose qui sort de se souvenir perdu est un mot, qu'il prononce en s'éveillant dans ce lit d'hôpital.
« Pierrot »

après un effort qui lui semble considérable, il ouvre les yeux et voit le visage de sa sœur penché sur lui. Elle est palote, les larmes aux yeux mais le sourire aux lèvres. Elle enfouit sa tête dans l'épaule de Thanis et se met à pleurer. Il tourne la tête et voit endormis sur le sofa, ses parents, l'un contre l'autre. Il sourit, s'étonne de voir quelqu'un d'autre. Il est ému de voir le petit rouquin du club de boxe.
Il lève une main difficilement et la pose sur la tête de sa sœur.
-Sœurette, arrête de pleurer je vais finir par me noyer.
Il l'embrasse tendrement.
-Je ne sais pourquoi, mais je crois que je devais t'embrasser de la part de quelqu'un...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Jeu 1 Avr - 16:42

Le pire de ses cauchemars lui aurait semblé doux en comparaison. A voir la mine grave des secouristes qui commencent à s'occuper de lui, Thanis est loin d'être tiré d'affaire. Elle éclate en sanglots quand ils la forcent, gentiment mais fermement, à se détacher de son frère. Elle a l'impression que l'étincelle de vie qu'il lui reste va disparaître si jamais elle le lâche. Laurent s'approche pour la consoler, hésite, désemparé. Théana serre le jeune homme dans ses bras, le remercie avec ferveur. Elle lui demande un dernier service, lui donne le numéro de parlophone de ses parents. Laurent acquièce avec gravité, lui promet qu'il les appelle tout de suite, et qu'il passera ensuite voir comment va Thanis à l'hôpital. Comme le ballon-taxi de secours va décoller, la jeune femme se précipite à l'intérieur, s'installe avec précaution à côté de son frère, lui reprend la main. La secouriste ouvre la bouche pour lui interdire de toucher le blessé, mais le regard farouche de Théana la dissuade d'intervenir. Le trajet est rapide, le silence uniquement troublé par les bips sonores de l'électrocardiogramme. Théana accueille chacun de ses bips avec soulagement, appelle de toutes ses forces le suivant. Enfin, l'hôpital est en vue.

Aux urgences, le cauchemar continue. Thanis doit passer de toute urgence en salle d'opération, et Théana est abandonnée derrière les portes battantes. Hystérique, la jeune femme tente de les suivre, mais elle est arrêtée par deux vigiles de la sécurité qui la maîtrisent en
douceur pendant qu'une infirmière lui administre un calmant. La jeune femme se laisse glisser à terre, vidée. Sur ses lèvres meurent les mots d'amour et de regrets qu'elle aurait voulu dire à son frère avant qu'ils ne se séparent. Elle les prononce quand même, comme autant de passerelles jetées entre la vie et la mort pour aider son jumeau à retrouver son chemin. Les larmes se sont taries, elle ne ressent plus rien. Docilement, elle se laisse entraîner par une infirmière qui bande sa cheville et soigne ses blessures. Ses parents arrivent, et elle s'effondre entre leurs bras, leur racontant tous les évènements. Leurs mots de réconfort ravivent les larmes de Théana dont le coeur croule sous le poids de la culpabilité. Leur inquiétude pour leur fils est vivace, sa mère se ronge les sangs en jetant de fréquents coups d'oeil à la porte
battante. Quand les services de Pandore arrivent pour l'interroger, c'est son père qui intervient, arguant de son état de choc et des drogues qui lui ont été administrées. Les officiers n'insistent pas, mais l'un d'eux va se poster à la porte et garde les yeux fixés sur Théana.

Au bout d'un temps interminable, un médecin vient les voir. Thanis est en vie, mais les chocs à la tête ont été d'une extrême violence et il
est plongé dans un coma profond. Nul ne sait si il se réveillera un jour. Il les conduit dans la petite chambre proprette où il repose. Il est allongé dans le lit, sa main plâtrée reposant au dessus des couvertures, sa tête emmitouflée dans de volumineux bandages. Sa peau est pâle, ses traits tirés, mais sa respiration est régulière. Sa mère, qui le découvre dans cet état, éclate en sanglots, soutenue par son père, tandis que Théana s'assoie à ses côtés et lui prend la main.

- Revient, Thanis, allez, bats-toi, sacré bon sang !
Leur mère s'approche, caresse son fils tendrement, s'assoit à côté de sa fille, joint sa main à la sienne. La longue attente commence. Malgré les exhortations de ses parents, Théana refuse d'aller s'allonger ou de s'absenter pour s'alimenter. Une couverture sur les épaules diffusant une douce chaleur, la fatigue aidant, la jeune femme s'endort...


La musique classique irradiant des murs, le velours rouge d'un rideau qu'elle écarte, Théana se retrouve dans sa loge au Grand Opéra. Face à elle, un individu masqué en costumes trois pièces qui enlève son haut de forme à son entrée pour l'accueillir respectueusement.
- Très chère, je suis navrée de ce que ce malandrin de Paul vous a fait endurer, à vous et votre frère...
-VOUS ?! Comment osez-vous ?!!!
De rage, Théana saisit le premier objet à portée de main et lui jette à la figure. L'autre esquive sans effort, sans même paraître remarquer la colère de la jeune femme, et continue
- Embaucher ce coquin fut fort peu judicieux. Difficile de trouver du personnel compétent de nos jours...
- SORTEZ D'ICI !!!! TOUT EST VOTRE FAUTE !!!
Théana saisit ce qui lui passe sous la main, le projette vers le voleur. Celui-ci continue d'esquiver avec facilité.
- Pas la mienne, très chère, mais bien la vôtre. Après tout, c'est vous qui cherchez à me retrouver...
- SORTEZ IMMEDIATEMENT !!!
Théana cherche son arme, qu'elle n'a pas. De rage, elle se précipite vers La Chimère. Ce dernier la saisit par les poignets, délicatement mais fermement. La jeune femme se débat, en vain.
- Allons, douce Théana, vos mains délicates sont destinées à un autre usage. J'ose espérer que vous ne me tenez pas grief de ce malencontreux incident. Ce fut un plaisir de vous revoir, très chère...
Il la lâche, s'écarte, la salue bien bas. Avant que Théana n'ait pu esquisser le moindre geste, il a disparu. Ses derniers mots flottent dans l'air :
- A très bientôt...
Sur la commode est posée une rose rouge...


Trois jours plus tard, Thanis se réveille. Théana n'en croit pas ses yeux quand elle voit les paupières tressaillir, puis s'ouvrir. Il prononce un premier mot, mais sa voix est enrouée par trois jours d'inactivité et la jeune femme ne le comprend pas. Elle sent le poids immense qui oppressait son coeur s'envoler, et un sourire immense s'épanouit sur son visage comme les larmes de joie se mettent à couler. Elle se niche contre son épaule.
-Sœurette arrête de pleurer je vais finir par me noyer.
Les sanglots de Théana redoublent, et elle serre son frère plus fort. Thanis l'embrasse.
-Je ne sais pourquoi, mais je crois que je devais t'embrasser de la part de quelqu'un...

La jeune femme se redresse, regarde son frère dans les yeux. Derrière elle leurs parents, alertés par le bruit, se réveillent.
- Quelqu'un ?! Que veux-tu dire ???
Elle scrute son visage avec un air interrogateur, puis renonce.
- Peu importe, tout ce qui compte c'est que tu sois là.
Elle se pelotonne contre lui, tente d'essuyer ses larmes sans y parvenir, chuchote
- Je te demande pardon...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 5 Avr - 15:01

-Mais pourquoi ? Regardez, je n’ai même plus mal à l’épaule. Vous avez fait du bon boulot. Je pête la forme, je vous assure !
Le Docteur Patient arbore son sourire de circonstance, mais il ne peut empêcher son regard de trahir son exaspération. Lui qui a trente ans de carrière, il a tout vu maintenant que le patient hyper optimiste et insouciant se trouve devant lui. Mais il doit bien avouer que malgré les côtes fêlées, le nez cassé, la main plâtrée, un traumatisme crânien et des contusions diverses, son patient avait beaucoup d’énergie, et c’était plutôt positif.
-Je sais que j’ai beaucoup de « trucs » abîmés, mais ça se soigne bien. Regardez, je peux même sauter. Thanis ne peut tout de même pas empêcher une grimace de douleur, les côtes font encore vachement mal.
-Et puis maintenant je peux pisser tout seul, je peux rentrer chez moi ! S’il vous plait !
Il se regarde dans la glace.
-Et en plus je n’ai presque plus de contusions, j‘ai un visage humain à nouveau. Des bandages couvrent encore son crâne et son nez mais il est vrai que les bleus se sont résorbés rapidement, quelques croûtes mais en bonne voie pour disparaître rapidement.
-Et j’ai encore toutes mes dents ! Pas une seule de cassée ! Tant mieux ; le sourire c’est important. Et il joint le geste à la parole à l’intention de la charmante infirmière, Louise postée à côté du Docteur Patient.
Thanis poursuit son plaidoyé, il est aussi excentrique qu’à l’accoutumé, ce qui peut être impressionnant quand on n’est pas habitué.
« M. Durnedain, vous êtes exaspérant !
-Ah ! Ma sœur vous a dit l’un des surnoms qu’elle me donne?!
Et puis docteur, je ne suis pas amateur des hôpitaux, je suis sûr que je guérirais plus vite si je sors. »
Le Docteur Patient soupir, et en se tournant vers l’infirmière, il lui demande de préparer les papiers de sortie du patient.
« Super, Merci Doc. !
Puis Thanis se rapproche de la table.
-mais, dites- moi belle Louise, c’est long à faire ses papiers ? Un petit sourire, un regard charmeur, l’infirmière sourit et se laisse séduire.
Le docteur sort et va fermer la porte quand en jetant un dernier coup d’œil, il est convaincu que Thanis va mieux ; enfin, c’est le pli de la chemise qui n’avait plus la même verticalité au niveau du bas-ventre qui le convainc.
Quand il se tourne, il voit une élégante silhouette s’approcher.
« Mme Durnedain ; vous venez rendre visite à votre fils ? »
Un grand bruit de chaise qui tombe, un « Aouch » venant de la gorge de Thanis et un bruit de draps passe la porte à demi ouverte.
Après un échange de politesses, Prudence Durnedain entre dans la chambre de son fils.
Elle détaille la pièce, voit la confusion de son fils qui est allé dans son lit pour tenter de dissimuler le fait qu’il s’est levé, voit la chaise au sol et le visage de l’infirmière, trop rouge pour être discret. Elle connaît son fils par cœur et se contente de sourire, l’air de rien. Elle l’embrasse et il s’empresse de prendre la parole.
-Maman, Louise me prépare mes papiers de sortie.
Elle trouve que c’est trop tôt, mais elle ne l’en dissuadera pas. Il lui dit que Louise s’est proposée de venir chez lui une fois par jour pour changer ses bandages et voir si tout aller bien. Prudence secoue la tête en souriant.

Deux heures plus tard il est dehors. Sa mère a insisté pour prendre ses affaires et les laver. Il part donc pour une petite promenade de santé, enfin la fin du confinement après dix jours.
Il se dit qu’une petite surprise à sa sœur lui ferait plaisir. La pauvre n’avait pas beaucoup dormi ses derniers temps. Elle culpabilisait. Il eut beau lui dire que cela se serait passé comme ça de toutes les manières, même s’ils y étaient allé ensemble, ça n’avait pas beaucoup remonté son moral. Peut-être si elle le voyait dehors et en pleine forme.

Après un trajet en tramway et une petite ballade dans le jardin suspendu, il se dirige vers l’opéra. À l’entrée, il retrouve Honorine. Il s’excuse de lui avoir laissé le coffre si longtemps. Elle prend de ses nouvelles et annonce à Théana grâce à une petite sonnette que quelqu’un l’attend à l’entrée.
Thanis note qu’Honorine regarde souvent la porte d’entrée. Il ne peut s’empêcher de lui demander.
-Oui, c’est vrai dit elle, j’attends l’aînée de mes petits-enfants, ma petite fille. Ses parents vivent sur Forge. Cela fait 10 ans que je ne l’ai pas vu. Elle est arrivée aujourd’hui et elle ne devrait plus tarder. Oh !
À cet instant, la porte laisse entrer une silhouette féminine. Légère, gracieuse et distinguée. Ses vêtements beige et mauve se marie au chapeau fleuri qu’elle dénoue et retire en entrant.
Honorine se précipite vers la jeune femme pour la prendre dans ses bras. Celle-ci lui offre le plus beau sourire qui soit.
Quant à Thanis, il reste figé de surprise ; il n’arrive toujours pas à le croire ; que c’est elle, bien Elle…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Ven 16 Avr - 22:05

Théana reboutonne son corsage. Tendrement, deux mains la saisissent par la taille pour l’attirer en arrière, tandis qu’une bouche aux lèvres douces écarte ses longs cheveux pour l’embrasser dans le cou. Théana soupire d’aise. Les lèvres se font plus pressantes, la mordillent gentiment tandis que deux mains s’aventurent sous son corsage. Théana gémit de plaisir. Avec regret, elle repousse doucement les deux mains, mais se retourne pour embrasser leur propriétaire à pleine bouche. Le baiser se prolonge, sensuel. A
contre-cœur, Théana s’écarte de ces lèvres si parfaites.
- Il faut que j’y aille, Céleste. Je suis déjà en retard.
La jolie costumière la regarde, mutine.
- Tous les grands artistes doivent savoir se faire
désirer…
La jeune femme, à demi nue, est belle à se damner. Ses longs cheveux couleur de miel cascadent librement sur ses épaules et ces lèvres sont rouge cerise d’avoir trop embrassé. Et ce petit sourrire en coin, espiègle. Irrésistible. Théana soupire mais termine de se rhabiller. Même en se dépêchant elle ne sera jamais à l’heure pour ses TIG à l’orphelinat. Et, au vu des relations glaciales qu’elle entretient avec les sœurs Racine, il est fort à parier que ces dernières signaleront son retard à son officier de probation… 5
minutes de plaisir en trop, et une montagne d’ennuis en perspective… Elle jette un regard en coin à Céleste qui se blottit sous les couvertures avec un sourire polisson. Impossible de regretter, même si elle n’a que trop fréquenté les services de Pandore ces derniers jours avec l’interrogatoire qui a fait suite à la mort de Paul. Derrière elle, elle entend Céleste remuer.
- Et ton frère, comment va-t il ?
Théana se fige tandis que les flashs se succèdent : le visage de son frère en sang, l’hôpital, puis les hématomes qui s’estompent et le sourire aux lèvres quand il voit rentrer Louise, son infirmière.
- Beaucoup mieux ! Il n’a qu’une hâte, c’est de sortir de l’hôpital.
Céleste sourit
- Ça ne m’étonne pas de lui…Tu l’embrasseras pour moi.
Théana s’esclaffe.
- Certainement pas ! Tu le feras toi-même à l’occasion !
Céleste sourit, amusée. Changeant de position, elle bascule sur le côté, le menton dans une main.
- Albéric est venu frapper à ta porte hier soir…
Théana feint l’indifférence.
- Ah ?
- Comment ça se passe avec lui ?
- Comme d’habitude, un pas en avant, trois pas en arrière… Mais j’y travaille.
Elle remet ses boucles d’oreille, envoie un baiser à la jolie costumière.
- Il faut vraiment que j’y aille, ma belle. A plus tard !
A peine a-t elle fermé la porte qu'une discrète sonnerie retentit...



- Thanis ?! ça alors !!!
La dernière personne que la jeune femme s’attend à croiser en sortant du Grand Opéra, c’est bien son frère Thanis. Théana lui tombe dans les bras et l’étreint tendrement, avant de s’écarter pour juger de son état de santé. Il a l’air en forme, quoi que un peu pâle. Tout autre que lui aurait eu besoin d’au moins une semaine d’hospitalisation en plus, mais Thanis a toujours associé une santé de fer à un moral de battant. En revanche, cette expression sur son visage… Théana connaît son frère par cœur, mais elle est presque sûre de n’avoir jamais vu cette expression sur son visage, un mélange de surprise, de joie, de sérénité… La jeune femme se retourne et suit la direction de son regard. Honorine tient par le bras une ravissante jeune femme, sa petite fille se rappelle-t elle, de retour de Forge. Voilà qui promet d’être intéressant… La violoniste fait un pas en avant et se présente en souriant.
- Bonjour, je suis Théana Durnedain, la sœur de Thanis…
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Mer 28 Avr - 19:09

« La beauté parfaite est celle que l’on soupçonne ; la plus rare est celle que l’on découvre ; la plus précieuse est celle que l’on devine. »

Thanis avait soupçonné cette beauté depuis qu’il l’avait vue la première fois sur l’une des passerelles face à sa chambre. À l’époque, Il n’avait que 14 ans, mais c’était resté son souvenir le plus marquant. La beauté de son visage, l'élégance de ses formes. Il l’avait entrevu un court instant, mais était convaincu de sa vision, ce ne pouvait être un rêve. Il avait passé beaucoup de temps à la chercher sans succès, alors c’était elle qui l’avait retrouvée.
Aujourd’hui, il la découvre, et ce n’est plus un souvenir ; et pas non plus une désillusion. Sa beauté est aussi rare que le soleil à Exil.
Elle est bien sur dans ce que l’on nomme les canons de la beauté actuelle, mais elle n'en est pas non plus au dessus. ce qui la rend plus belle que les autres pour Thanis, c’est cette grâce que l’on devine dans ses gestes, son regard, son sourire. Une rareté.
Depuis qu’elle est là, il ne voit plus rien d’autre ; même sa sœur dans ses bras n’arrive pas à détourner son regard. Elle est là, avec Honorine. Il se souvient que quelque chose l’avait interpellé quand il avait rencontré la vieille dame la première fois, maintenant il sait pourquoi, des similitudes physiques sont visibles entre elles, on note clairement la parenté, ce qui prouve qu’Honorine devait être très belle dans sa jeunesse.
Celle-ci prend le manteau de sa petite fille pendant que celle-ci détache son chapeau. Elle libère sa chevelure abondante et soyeuse d’une jolie couleur ambrée. Ses yeux verts scintillent encore d’émotion aux retrouvailles d'avec sa grand-mère. La beauté de sa peau est envoûtante, blanche aux douces notes roses et pêches. Sa robe toute simple met en valeur son corps élégant et gracieux. Elle est plus petite que Théana, plus fine aussi. Elle garde l’apparence d’une jeune femme tout en y alliant l’élégance d’une femme mure. Un sourire enfantin et des yeux qui rayonnent d’innocence et de pureté.

C’est la première fois que Thanis sent son cœur battre avec une telle force. Il a la sensation de n’être plus qu’un tambour, le sang lui monte aux joues, et sa gorge se sèche.
Lui qui garde toujours le contrôle avec les femmes, il sent que s’il devait parler maintenant, il ne saurait quoi dire, quoi faire. C’est probablement ce que l’on ressent quand on est… Amoureux ?
Quand Théana se présente, il se raidit de timidité. Lui-même ne se reconnaît plus. Ou sont passés son assurance et son bagou ?
Quand elle se retourne et parle à Théana, il n’aurait pas imaginé, non, espéré voix plus belle. Elle se présente, sa grand-mère la taquine. Elle rie. Un rire doux et cristallin. Elle échange quelques mots avec Théana.
Enfin, Thanis se détend, et l’esprit rêveur, il prononce le prénom qu'il a entendu, comme un mot magique, comme une prière, « Rose ». Quel autre prénom aurait-elle pu porter sinon celui de la plus belle des fleurs ?
Il le prononce une deuxième fois, comme pour s’assurer de toujours s’en rappeler, comme pour s’ensorceler lui-même, bien qu’elle l’eût déjà fait.

Il le prononce une troisième fois. Elle tourne son visage et pose ses yeux d'émeraudes sur lui. L'a t'elle entendu prononcer son nom ? Ou bien est ce dû à sa sœur qui se tourne aussi vers lui ? Il ne sait pas, et il en est encore plus dérouté. Le regard de Rose passe de la curiosité à l'observation, puis à l’étonnement devant les marques et les bandages,. Elle finit par un sourire charmant et un bonjour qui ranime le sang aux joues du jeune homme.
Elles se rapprochent de lui. Pour l’associer à la discussion, Honorine parle de sa mésaventure, Théana parle de son courage. Sa sœur; aurait-elle sentie son état, son trouble ? Son regard exprime de la surprise ; et elle montre aussi son amusement de sentir son frère dans une telle situation.
Rose le regarde avec plus d‘intensité, elle le plaint de ses blessures et lui souhaite un prompt rétablissement. À la parole, elle joint le geste et pose une main « comme il rêverait d’en sculpter » sur son avant-bras. Ce geste si doux, si intime, réalisé par celle qui avait toujours hanté ses rêves le fait rougir aussi vite qu’une langouste dans l’eau bouillante.

-Est ce que vous vous sentez bien ? Elle le regarde, une pointe d’inquiétude dans son regard accompagné d’une douce compassion qui fait complètement fondre Thanis.
-Je…Oui…Ça va ! Il a la voix presque bloquée.
-Moi je dirais qu’il est pris d’un mal certain ! Théana le regarde, l’air espiègle.
Thanis la foudroierait bien du regard, mais cela l’obligerait à quitter Rose des yeux.
-Oh ! vous êtes sûr ? Rose se tourne vers lui. Dans le mouvement, elle pose sa main douce et fraîche sur le front de Thanis, elle est obligée de se mettre sur la pointe des pieds.
-Mais c’est vrai, vous êtes brûlant !
Elle s’inquiète, son regard change, il n’y a plus cette étincelle de joie dans ses yeux, et il ne faut pas, à cette instant, c'est comme une tragédie pour le jeune homme.
-Non non ! Je vous assure, je vais bien ! Regardez, je suis comme d’habitude, j’ai la grande forme.
Il recule pour se soustraire au contact de cette main qu'il rêve de prendre et d'embrasser. Son mouvement est un peu exagéré, et il a oublié que la malle de vêtements qu’il avait sortie de la réserve se trouve derrière lui. Son pied la rencontre, il perd l’équilibre et bascule par-dessus pour atterrir lourdement sur le sol, les jambes sur la malle.
Théana éclate de rire, avant de s’inquiéter. Rose et Honorine se penchent au-dessus de lui. Thanis tente un sourire entre les vêtements étalés autour de lui, mais il ne ressent que de la honte et un profond malaise. Pourquoi faut il que le jour enfin ou il « la » retrouve, il soit aussi gauche?!
-Je crois que je n’ai pas encore retrouvé toute ma souplesse. Dit-il pour ce redonner une contenance.
Il se relève en frottant l’arrière de son crâne.
-Vous allez bien ?
-Oui ! Rien que le fait que vous me le demandiez me guérit de tout. Il se surprend à être a nouveau si direct.

Rose rougit à cette déclaration. Cette innocence plaît d’autant plus à Thanis qu’elle n’est pas feinte.
-Thanis ! Tu pourrais au moins m’aider à ranger les costumes au lieu de laisser ça à Honorine !
-Désolé !
À quatre, ils eurent vite fait de tout replier et ranger. Théana s’excuse, mais elle doit y aller, à l’orphelinat, Thanis le sait, c’est pour ça qu’il avait voulu venir ici, pour l’aider à transporter la malle.
Au moment des aux revoir, Thanis se tourne vers Rose.
-Vous…Vous restez longtemps sur Exil ? Je… J’aimerais bien vous revoir, enfin…Si vous le vouliez ? Je… Enfin…Oui !
Rose lui sourit ce qui a pour conséquence de le faire rougir. Pourquoi perd il aussi facilement ses moyens face à ce sourire?
-Oui, je vais rester un certain temps, je veux profiter de ma grand-mère qui m’a beaucoup manqué et de ma famille. Ce sera un plaisir de vous revoir, vous et votre sœur.
Thanis lui offre un large sourire, avant de lui faire un baisemain et de s’en aller.

Sur la place du Grand Opéra, il sent avant qu’elle ne le dise, les taquineries de sa sœur arriver.
-Je t’en prie, ne dit rien, pas tout de suite.
Il se retourne pour entrevoir la silhouette de Rose par les fenêtres. Il a sur le visage un sourire heureux de l'avoir enfin retrouvée et dans le cœur une douleur de devoir s'éloigner d'elle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 17 Mai - 16:31

- Je t’en prie, ne dit rien, pas tout de suite.

Théana ravale les mille et une taquineries qu'elle a sur le bout de la langue et jette un regard en coin à son frère. Il a l'air tellement serein et heureux qu'elle n'ose même pas lui parler, de peur de rompre le charme sous lequel il est tombé. Elle n'a jamais vu son frère ainsi. D'ordinaire, Thanis est le Séducteur, il entreprend, flatte, charme, et parvient (toujours ?) à ses fins. Il n'est pas dans ses habitudes de perdre ses moyens. La ravissante Rose lui fait de l'effet, c'est certain, et la violoniste est presque sûre que la jolie demoiselle ne lui est pas non plus indifférente...

La jeune femme prend conscience du sérieux de l'affaire lorsqu'elle s'aperçoit que son frère, perdu dans ses rêveries, n'a pas même levé les yeux sur Amandine, la jolie serveuse du bistrot, à qui il ne manque jamais d'adresser un clin d'oeil. Le trajet s'effectue en silence. A la lumière de l'amour naissant de son frère, Théana examine ses états d'âmes et ses peines de coeur. Le résultat n'est pas brillant. A son image, sa vie amoureuse est compliquée.

Son premier amour s'est suicidé. Pierre-Yves était jeune, beau, talentueux. C'était aussi le meilleur ami de Thanis. Un bonheur simple, des promesses pleines d'avenir. Ils étaient fiancés. Après le drame, la vie de Théana a pris un tournant. Les cauchemars sont devenus plus fréquents, plus violents. Le monde a cessé d'être rose pour virer au gris. Et l'insouciance s'est envolée.

Des dizaines d'amants plus tard, Théana tombe amoureuse d'Albéric, premier violon au Grand Opéra. Rien à voir avec le gentil Pierrot. Albéric est sûr de lui voire arrogant, mais c'est surtout un virtuose, un véritable génie. Théana apprend beaucoup à son contact, parce qu'elle cherche toujours à se surpasser, à le détrôner. Leur relation naît sur fond de taquineries et de compétition. Puis Théana est engagée aux Trois Grâces. Il ne s'est rien passé de sérieux, mais la violoniste est éprise, et bien résolue à retourner le chercher quand elle aura elle aussi atteint le niveau d'excellence.
De retour au Grand Opéra, leur relation s'épanouit, plus forte, plus sensuelle, plus passionnée aussi. Albéric tenait à tout prix à ce que leur relation reste secrète, mais ça convenait tout à fait à Théana qui trouvait dans le mystère une source d'excitation supplémentaire. Tout était parfait jusqu'à ce que avant-hier soir... La gorge de Théana se noue, les larmes perlent à ses yeux. Maudissant sa faiblesse, elle les essuie d'un geste rageur et tourne la tête pour que Thanis ne s'aperçoive de rien. Penser à lui fait trop mal. Qu'il cesse de la voir pour préparer son mariage avec ce laideron de Marie-Charlotte, cette petite gourde dont la seule qualité est d'être bien née et de convenir aux ambitions
aristocratiques de la famille Odêves, quelle humiliation !!! La rage la reprend quand elle revoit Albéric lui asséner tranquillement tous les avantages qu'il tirerait de ce mariage, et comment elle pourrait redevenir sa maîtresse ensuite, avec ce ton raisonnable qu'elle déteste, quand son coeur à elle est déchiré entre la douleur, l'amour et la haine ! Elle se calme, se redonne une contenance. Si Albéric croit vraiment qu'elle va le laisser épousercette gourgandine tranquillement et ensuite écarter les cuisses dès qu'il daignera à nouveau la regarder, il se trompe lourdement. Elle n'est pas femme à attendre docilement, et pas femme non plus à se contenter d'être un second choix. Si la famille Odêves estime qu'elle n'est pas assez bien pour leur fils, et bien c'est la guerre qu'ils auront. Et elle sera impitoyable.


Arrivés devant l'orphelinat des soeurs Racine, Théana regarde avec envie le visage toujours empreint de sérénité de son frère jumeau. « C'est comme cela que l'amour devrait toujours être, songe-t elle, simple et heureux. »
- Miséricorde !
Thanis sort de son mutisme et se penche avec inquiétude vers sa soeur.
- Théana ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- J'ai oublié certains des costumes chez Céleste !
- Tu crois ? Je suis presque sûr qu'on a tout pris pourtant ! La malle n'avait pas bougé depuis plusieurs jours...
- Si si, j'en suis certaine... Il doit en rester un ou deux dans ma loge, réplique-t elle avec un clin d'oeil et un sourire malicieux en lui tendant les clefs de sa loge. Il faut absolument que tu retournes les chercher, je les ai promis aux enfants. Tu n'auras qu'à demander à Rose de te donner un coup de main...
- Théana...

- Allez, file ! Qu'est-ce que tu fais encore ici ? Le bonheur n'attend pas, frangin, saisit-le dès que tu peux !
Thanis hésite. La jeune femme sent qu'il a envie de profiter, de ne pas se presser. Elle voudrait le mettre en garde, lui dire qu'aimer fait mal et qu'il faut saisir chaque opportunité, mais elle se refuse à troubler l'état de grâce qu'il est en train de vivre, la magie des premiers instants. Il finit par prendre la clef, quoique toujours indécis. Elle le serre contre elle, l'embrasse sur le front.
- Bonne chance !
Elle attrape la malle et franchit la porte de l'orphelinat sans regarder en arrière. Chacun est maître de son destin.
A présent, il est tend d'affronter les soeurs Racine, et de voir comment se porte la petite Enola, celle qui tutoie les anges...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Lun 7 Juin - 7:49

-Théana!
Sa sœur allait franchir l'entrée de l'orphelinat. Il était revenu sur ses pas pour lui dire ce qui ne pouvait attendre. Elle se retourne et le questionne du regard.
-Je sais que je ne suis pas toujours sérieux; je veux dire, c'est vrai que je tourne beaucoup de discussions à la rigolade, c'est parfois un peu lourdingue dit il en riant; mais sache que je suis là pour toi; toujours. Si tu as besoin de parler ou juste besoin d'une présence. Je serais toujours là parce que je t'aime sœurette.
Et il s'en va en faisant une salut de la main.

Le voilà de retour à l'opéra. En bas des marches, à l'entrée de l'édifice, Thanis, plongé dans ses pensées se demande encore comment il va bien pouvoir aborder la conversation.
« Bonjour mademoiselle Rose... oui, je suis revenu parce que ma soeur m'a dit qu'elle avait oublié des costumes dans sa loge, oui, elle m'a dit aussi que vous deviez m'aider à les porter. Deux pauvres costumes, je dois paraître encore bien faible pour qu'elle me dise ça. Oui, vous avez raison, c'est une excuse pour que je puisse vous revoir. Comment mademoiselle Rose? Vous êtes d'accord! Vous voulez m'épouser! Mais c'est magnifique!
Aaaaah! Bon sang! Y'a pas mieux pour la faire fuir, et je suis sur qu'il y a même pas de costumes, v'la l'excuse bidon!
Si Rose est encore à l'Opéra c'est certain que Thanis sera des plus heureux de pouvoir la revoir, mais il ne voudrait pas gêner ses retrouvailles familiales.
Dans le hall d'entrée, le voilà doublement déçu. Rose est partie avec sa grand-mère et bien sur, dans la loge, pas de costumes. Tout penaud et un peu fatigué aussi, il s'assoit un peu dans le fauteuil de sa soeur. Elle en a de la chance la bougresse d'avoir sa loge; habituellement ce ne sont que les premiers instruments qui profite de cet avantage. Dans un coin de la table de maquillage, il aperçoit une rose. C'est celle qu'elle lui avait montré, prétendant que c'était la chimère qui l'avait apporté, comment ne pas la croire, Théana a toujours eut ce don étrange. La fleur est toute desséchée maintenant. Thanis espère que sa soeur ne s'est pas trop entichée de cette canaille, il a beau jouer au gentleman, il n'en reste pas moins un filou et un voleur.
Il sent quelque chose sous sa cuisse, en la retirant il trouve une boucle d'oreille, elle n'est pas à sa soeur mais elle lui semble familière. Où l'a t'il vu déjà?
Il n'a pas le temps d'y réfléchir que la porte s'entrebâille doucement. Une jolie tête blonde apparaît, ses yeux scrutant la pièce. Quand son regard tombe sur Thanis, elle sursaute de surprise.
« -Ouh lala! J'ai cru que mon cœur s'arrêtait de battre. Vous m'avez fait peur!
-Désolé Céleste. Vous cherchez Théana? Elle est déjà parti.
-Non, ce n'est rien. J'étais venu voir si je n'avais pas oublié quelque chose...
-Oh! Votre boucle d'oreille?
-Oui! Vous l'avez trouvé, merci! Dit elle en la prenant et en la rattachant à son lobe droit.
-Vous me semblez en parfaite santé! Dit elle.
-Oui, ca va! Je dois avouer m'essouffler encore un peu vite, mais j'en avais assez de rester au lit, c'est en bougeant que l'on retrouve la forme, pas en restant couché!
-Ça dépend de ce que l'on fait couché! Dit elle. Et son comportement change, elle s'approche du jeune homme et s'assoie sur ces genoux. Elle se presse contre lui et commence à caresser ces cheveux et de l'autre main descend jusqu'à l'entre-jambe. Thanis tombe sous le charme et lorsqu'elle approche ses lèvres pour l'embrasser, il ne peut s'empêcher de noter leur jolie couleur rose... rose.
-Rose!
-Oui, dit elle, c'est un nouveau rouge à lèvres, j'aime ce rose, embrasse les!
-Je...Non!
Céleste ouvre les yeux surprise.
-Pardon?!
-Euh! Je...Non, enfin oui! Pardon! Tu es magnifique, mais...
Mais il y a quelqu'un et...
-C'est bon, je connais ce regard d'amoureux.
Elle l'embrasse sur la joue.
-Elle a beaucoup de chance ton élue. Bien, faut que j'y aille j'ai encore beaucoup de travail.
Elle quitte la loge en le saluant. Thanis s'enfonce dans le fauteuil avant de sourire de surprise et d'incompréhension. Il est gêné et honteux d'avoir repoussé Céleste ainsi. C'est bien la première fois qu'il repousse une femme comme ça.
« Cupidon à carrément planté mon cœur sur l'autel de Rose »
Il quitte la loge et sort de l'Opéra. Il descend les marches et s'approche des jardins. Ils sont beaux aujourd'hui, beaucoup de gens s'y promènent. Dans le lot un petit groupe, une famille qui fête le retour de l'une des leurs. Elle est rayonnante et Thanis qui l'a aperçut n'en détache plus son regard et détaille ses expressions, son sourire, sa surprise, sa compassion, ses éclats de rires , sa tristesse.

« Enfin de retour chez soi » Après une promenade de santé de deux heures, sentir l'argile, le goût du métal, et le touché du plâtre est plaisant. Il ouvre les fenêtre pour aérer. Il tire les lourds rideaux pour voir dans l'ensemble son atelier et son appartement. Malheureusement certaines études sont sèches, plus possible de les retravailler mais une bonne partie avait été couvertes et humidifiée par ses ouvriers. Ils ont fini le travail en cours. Il l'inspecte minutieusement. Ils ont fait du bon travail, peut être encore modifier ça et ça, mais l'ouvrage pourra être livré. D'ailleurs autant vérifier le livre des commandes. Ça va! Pas trop de retard, avec un peu d'efforts, tout sera dans les temps.
Il parlophonne à Juliette. Elle est heureuse et impatiente de le voir et de revenir travailler. Sur que la brunette à besoin d'argent pour son mariage dans un mois. Une petite prime facilitera surement son installation. Il parlophonne aussi à son banquier, les paiements ont bien été effectué, il pourra sans problèmes payer l'équipe et les fournisseurs.
Henri a noté les nouvelles commandes. Un griffon pour le baron Wecker, pour le pilier de sa véranda, en bronze. Une nymphe en obsidienne pour la salle de bain pour madame de Romilleux et un buste de jeune fille drapée de fleurs pour le jardin des plantes, pour la colonne A32.
Il sourit, il ne peut plus séparer jeune fille et fleurs de la jolie Rose. Il part dans ses rêveries, ce serait merveilleux si elle acceptait de poser pour ce buste; il faut qu'il lui demande.
La porte coulissante de l'atelier s'ouvre, ses ouvriers entrent tout sourires et paroles affectueuses à son encontre.
Octave a prévu des boissons. Thanis est plus qu'heureux de les voir. Ils sont enthousiaste et le voilà qui se pique même d'un petit discours pour les remercier et aussi leur prévenir que le tyran est de retour ce qui les fait rire. Il profite de la fin pour féliciter Juliette de son mariage. Marie a tout prévue et elle apporte au nom de tous un ensemble de blanc, draps, nappes, serviette pour le trousseau de la futur mariée. Finalement la journée de travail se transforme en soirée de fête surtout quand ses amis Fleurenne, Orléanne, Victoré, Lazarre et Elbé débarquent.

Il est tôt le lendemain quand les lampes soleil le réveil, un affreux mal de crâne et des courbatures. Il se rend compte qu'il est resté tout habillé. Dans le flou de sa vision il aperçoit Léon et Edmond dormant sur le sol, des cadavres de bouteilles un peu partout. Sur le Sofa, Orléanne et Judith, sur le fauteuil Pierre et Alphonse à la table de la cuisine. Tous dorment encore profondément. Il prépare une grande cafetière, ouvre la fenêtre et siffle à l'étage du dessous. Rapidement apparaît Ernest, le fils du boulanger qui le salut.
-Comme d'habitude Mr Durnedain?
-Oui Ernest mais fois cinq cette fois!
-Je vous apporte ça dés que c'est prêt!
-merci petit!
Cette journée commence bien et si chaque jour lui permet de voir Rose, il passera les meilleurs moments de sa vie.
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Ven 20 Aoû - 16:57

Encore un jour où la météo ne semble jamais savoir se décider. La pluie tombe par intermittence, tantôt fine et douce tantôt lourde et froide, presque en neige.
Le vent lui, se lève et retombe aussi vite, pour disperser ou accumuler des nuages noirs, blancs et gris dans le ciel d'Exil. Le froid glaçant avait fait se blottir les familles chez elles, auprès d'un feu ou d'un bon repas chaud. Les rares personnes dans les rues de la cité se pressaient de rentrer chez elles et même les échoppes pourtant ouvertes jusque tard fermaient leurs volets. Une personne au contraire, ne rentrait pas chez elle. Elle courait à perdre haleine dans les passages glissants et les rues fantomatiques. Ce jeune homme descendait quatre à quatre les marches des escaliers qui menaient aux docks. Les violentes bourrasques qui s'infiltrent entre les tours de la cité ne permettent pas ce soir aux ballons-taxi de voler. Alors il court Thanis. Il court en espérant, non, en priant. Il avait quitté son atelier pour tenter d'empêcher ce que son cœur refusait de laisser faire. Il priait en courant, il ne savait qui, il ne savait quoi, mais il priait qu'on lui permette d'arriver à temps. Même quand ses chaussures dérapent et qu'il manque de passer par dessus le garde-corps d'une passerelle il ne prie que pour arriver à temps.
Encore une volet de marches et enfin il aperçoit les quais. Il saute sans s'arrêter la barrière qui limite l'accès aux quais aux seuls passagers à destination de Forge. Il prie encore plus fort pour y arriver à temps, ce serait pire que tout de voir le navire partir devant lui. Il voit la passerelle d'embarquement, elle est toujours accrochée au pont du navire, mais plus pour longtemps, des marins enlèvent déjà les sécurités.
Il n'attend pas et monte à bord sans écouter les protestations des hommes. Sur le pont, il tombe nez à nez avec d'autres marins et ceux des quais le rattrapent. Thanis à l'air d'un déséquilibré, sans manteau ni chapeaux par ce temps. Sa chemise détrempée colle à sa peau, ses cheveux décoiffé et tombant dans ses yeux lui donne l'apparence d'un fou. Il essuie son visage plein d'eau, ramène ses cheveux vers l'arrière, s'apprête à se battre; il exige qu'on le laisse passer, mais les hommes refusent. Il ne peut tous les battre, il tente de forcer le passage, se débat en coup de coudes et de jambes mais les marins finissent par le maîtriser.
Alors il crie, il supplie qu'on le laisse aller, Il en a pour peu de temps, c'est une question de vie, de bonheur pour lui, mais personne n'écoute et déjà ses pieds touchent la passerelle pour redescendre.
Alors il panique, il crie qu'on le laisse la voir, qu'on l'appel pour qu'il puisse la voir. L'altercation a attirer l'attention de certain passagers, mais pas elle, elle n'est pas là.
Il crie, il hurle son nom et l'appel comme un loup appel la lune.
« Rose! Rose! » Il le répète une fois, dix fois, il ne sait plus. Il met toute son énergie pour tenter de résister à l'inévitable retour au sol, mais le voilà se foutu sol, cette terre d'acier qu'il maudit et qui n'est plus rien sans elle. Et maintenant voilà qu'il disparaît cet arc en ciel, cette passerelle qui le reliait encore il y a quelques instants à son seul amour. Elle rétrécit, elle disparaît et avec elle, il lui semble perdre un peu de lui. Sa tête s'abaisse, il perd peu à peu ses forces. Bientôt il ne tient debout que grâce aux bras des hommes qui l'emprisonnent. Son regard se perd un instant dans les cercles laissés par l'eau de pluie sur le sol, mais pas que. Il sent la chaleur monter à ses yeux, ses larmes en sortir et couler sur ses joues et tomber au sol.
Il ressemble à un enfant qui pleure, s'efforçant de retenir ses larmes sans toutefois pouvoir y arriver. On le relâche, on voit bien qu'il n'y a plus rien à craindre. Il tombe à genoux, prend sa tête dans une main pour cacher ses larmes, comme par honte, mais en fait il s'en fout qu'on le voit pleurer.

Il s'était écouler quinze jours merveilleux. Elle avait accepter de poser pour lui, elle en était honorée et heureuse de savoir son visage immortalisé pour le jardin des plantes. Et lui, il en tremblait de joie. Elle était chaque jour plus belle. Elle lui parlait de sa vie, de son goût pour la littérature et la poésie. Elle lui citait les vers qu'elle préférait, elle lui permit même de lire ses compositions. Elle chantait, Oh seigneur! Elle chante si bien. Une douleur profonde vient meurtrir son cœur de savoir qu'il ne l'entendra plus. Ils avaient visité des expositions, étaient allés au cabaret, avait dansé aux bals musettes. Elle danse si bien, elle est si légère et si gracieuse, il sent encore son souffle dans son cou quand elle lui parlait pour pouvoir se faire entendre dans le brouhaha. Elle est si fraîche son haleine, elles sont si belle ses dents, ses lèvres, son sourire. Il était subjugué mais il n'avait rien dit. Elle attirait tous les regards, les hommes portaient celui du désir, les femmes de la jalousie, il était si heureux à son bras, il était si heureux d'être dans sa vie; mais il restait muet. C'était son seul amour, son amour d'enfance qui l'avait envouté alors qu'il ne savait même pas ce que c'était qu'aimer. Il était comme un gosse, transis d'amour et il n'avait pas pu lui avouer son amour. Il n'était qu'un pleutre, un minable qui avait laissé passer sa seule chance d'être heureux. Elle partait maintenant. La sirène sonnait le départ, elle partait avec ce foutu navire, et ne reviendrait jamais. Il avait eu quinze jours et il n'avait pas su en profiter. Ils avaient passé tant de temps ensemble mais il n'avait rien dit, pourtant il l'aimait, il la désirait au delà de tout. Aucune femme ne l'intéressait plus à part elle, et sa sœur Théana le savait. Il ne peut rien cacher à sa sœur, elle le savait et c'est elle qui à apprit par Honorine le départ de Rose. Il s'était comme brisé quand il avait apprit la nouvelle. Pourquoi partait elle? Pourquoi ne lui avait elle rien dit?
Et lui, avec toutes ces occasions, depuis les passerelles, le jour de la revoir à l'opéra et toutes ces journées et ses soirées, pourquoi ne lui a t'il pas avouer son amour? Son désir pour ses lèvres chaque jour, ses rêves de son corps chaque nuit.
La sirène sonne encore. De rage, il frappe le sol et même cette douleur n'efface pas celle de son cœur.
Pourtant il sait lire dans le regard des gens, et il est sur qu'elle avait des sentiments pour lui, elle était heureuse prés de lui, son sourire était si beau, son rire si clair, ses yeux si brillant, mais malgré tout ça et malgré toutes ses phrases, ses gestes, ses sourires, il n'avait pas pu lui dire. Qu'il était donc stupide.
Alors il le dit, là, maintenant, il le crie, il le hurle au navire qui va partir. Il lève les yeux et dans la foule postée au rebord du navire qui rit de lui, qui commente ses paroles, il la voit.
Alors il s'en fout de se qu'ils peuvent bien penser ses gens, il le crie encore et encore pour qu'elle l'entende.
« Rose, je t'aime! Je t'aime! Reste avec moi! Ne pars pas! »
Elle est si belle dans son manteau de velours vert. Il le lui dit tout haut, il sait qu'elle a entendu a son regard, à ses mains devant sa bouche, à ses larmes. Elle se retourne et disparaît. Pourquoi? Il lui crie de ne pas partir, il répète encore qu'il l'aime pour effacer toute les fois où il n'a rien pu dire. Il court le long des quais pour la voir à nouveau. Ou est elle? Il l'aime et il le dit encore.
Il se retourne et là, comme un miracle les marins replacent la passerelle. Le bateau n'est pas parti et on replace l'arc en ciel. Elle est là, sur le bord à attendre que la passerelle s'y attache. Le sourire lui monte aux lèvres, la joie emplie son cœur et les larmes se remettent à couler, mais de bonheur cette fois. Il court jusqu'à la passerelle. Y monte, et elle, elle en descend.
Ils se rejoignent à mi chemin et elle lui tombe dans les bras. C'est un miracle et quelque soit celui qui la exaucé, il le remercie.
Il prend son visage dans ses mains, elle a des yeux si magnifiques, il reste figé un instant de peur que s'il bougeait, elle ne disparaisse. Et là enfin, il l'embrasse. La sensation est réelle, il ne s'arrête pas de sourire et de pleurer. Il la prend dans ses bras, caresse ses cheveux. Il sent son parfum, l'embrasse dans le cou, sur la joue et la bouche encore, un long baisé tellement désiré.
Il lui redit qu'il l'aime, encore et encore pour que cette fois elle le sache, qu'elle n'en doute pas, et elle lui rend ses mots avec sincérité et douceur. Quand elle prononce ces mots, c'est comme si le soleil frappait Exil pour la première fois.

« Reste avec moi, promets de ne jamais partir. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Dim 22 Aoû - 21:47

Trois accords de violon dans le silence de la nuit...
La chaleur de la cité transpire dans cette nuit sans Forge, une chaleur étouffante et moite.
Etendue sur le lit, la jeune fille dort d'un sommeil sans rêve. Sa chemise de nuit légère épouse les formes de son corps, ses longs cheveux ondulés parsèment l'oreiller. Sa poitrine se soulève à un rythme régulier, pas d'agitation, pas de mouvements de ses yeux ou de gémissements de frayeur, pour une fois son sommeil est serein. Par la fenêtre ouverte, une légère brise vient caresser le beau visage endormi.
La mélodie s'élève à nouveau, lente et envoûtante.
Dans le lit, la jeune femme remue doucement.
Quelques notes plus aigues ; elle se redresse sur le lit. Ses paupières toujours fermées indiquent qu'elle reste plongée dans un profond sommeil.
Alors la partition se déroule, lancinante.
Sans hâte, la jeune fille descend de son lit, une jambe puis l'autre, elle se met debout, s'approche à pas lents de la fenêtre. Un nouvel accord, et elle enjambe le rebord de la fenêtre, se tenant debout au bord du vide à plusieurs dizaines de mètres du sol. Est-ce le vent qui caresse ses cheveux ou la chaleur de l'air ? Elle hésite. Trois notes impatientes et répétées ont raison de sa volonté, et elle commence à monter. Elle escalade avec grâce les canalisations, avance d'un pas assuré sur les parapets de métal, fragile funambule, jouet dérisoire d'un artiste démoniaque. Ses pieds blancs s'écorchent sur les arrêtes d'obsidienne, laissant dans son sillage des empreintes sanglantes, mais rien ne saurait la tirer de sa torpeur.
Alors qu'elle franchit une passerelle, une bourrasque d'air chaud manque de la précipiter dans le vide. Comme les notes s'égrainent, elle reprend son équilibre dans des mouvements désarticulés, telle une poupée de chair dont on tirerait les ficelles.
Au loin, un sourire s'épanouit sur le visage d'un homme resté dans l'ombre. L'expérience se passe bien, il est satisfait. Il est temps de songer à s'amuser un peu.
Les notes s'enchaînent, plus rapides, plus rythmées, et la jeune fille se met à danser, à virevolter sur la rambarde. Le virtuose s'enhardit, et les pas de danse se succèdent, ballet aérien en suspens sur les toits de la cité d'acier.
La promenade se prolonge dans les ruelles désertes. L'artiste s'apprête à faire traverser une nouvelle passerelle à sa marionnette quand soudain celle-ci s'arrête. L'homme insiste, les notes s'élèvent, puissantes puis rageuses, mais rien n'y fait. Le corps de la jeune femme manque de se disloquer sous les assauts, tout le haut de son corps étant projeté en avant par la force de la musique tandis que ses pieds lacérés restent soudés au sol. De rage, l'homme met fin à sa mélodie et tourne les talons, un rictus de colère et de dépit dissimulé sous son masque blanc, une longue cape noire battant ses jambes en cadence. La jeune femme s'écroule au sol tel un pantin désarticulé, sa tête vient heurter le sol, ses longs cheveux se répandent sur le bitume.

Lorsque Théana reprend connaissance aux premières lueurs du jour, la première chose dont elle prend conscience sont les courbatures qui raidissent son corps endolori. A mesure qu'elle se redresse, elle réalise que le moindre geste la fait souffrir. La première fois que ses pieds remuent, un e longue plainte de douleur lui échappe. Elle regarde sans comprendre ses pieds encroûtés de sang, des éclats de verre s'y sont figés. Elle est aussi exténuée, assoiffée, et affamée. Elle prend conscience de sa quasi nudité dans sa mince nuisette en voile, et drape comme elle le peut le vêtement autour de son corps. Puis ses yeux se posent sur ce qui l'entoure, et un gémissement jaillit du plus profond de son être. La brume qui se dissipe laisse apparaître la rambarde de métal de la passerelle, cette rambarde dont elle connaît chaque aspérité, chaque détail, pour avoir maintes fois déversé par dessus son chagrin et son désespoir. C'est sa passerelle, celle de Pierre-Yves, son premier amour. Alors Théana réalise qu'elle a dû basculer dans la folie pour se retrouver ici, à demi nue, au petit matin, sans aucun souvenir de ce qui a pu se passer. Mais étrangement, la passerelle ne lui fait plus horreur comme autrefois. Alors qu'hier encore elle aurait refusé d'y mettre les pieds, aujourd'hui elle se sentait en sécurité ici, comme si les barreaux de métal recelaient encore un peu de l'être aimé, comme si cette nuit l'âme de Pierre-Yves l'avait protégée du danger. Mais quel danger ? Doucement, Théana s'adosse à la rambarde, et il lui semble sentir un peu de chaleur diffuser du métal comme pour la réconforter. Au loin, la demie de cinq heure sonne, les gens ne vont pas tarder à bouger, et Théana réalise l'incongruité de sa présence, de sa tenue. « Je suis folle, pense-t elle, définitivement bonne pour l'asile. Mais qu'est-ce que je fais ici ??? Et comment suis-je venue ??? »
Soudain elle prend conscience que ses parents qui habitent non loin d'ici pourraient bien surgir à tout moment de la brume, son père peut être pour aller chercher son journal, ou sa mère qui part au marché. Cela plus que tout autre la conduit à se détacher de la chaleur réconfortante du métal. Elle se retourne une dernière fois sur la passerelle, et les mots jaillissent tout seuls de sa bouche
-Merci, mon Pierrot. Je t'aimerai toujours, tu sais. Tu me manques.
Les larmes jaillissent de ses yeux comme elle s'éloigne, et c'est avec soulagement qu'elle se précipite sur le premier parlophone public. Elle demande rapidement la ligne de son frère Thanis, croise les doigts. A l'heure qu'il est, soit il se prélasse avec la belle Rose dans des draps de soie, soit il est déjà au travail et alors les chances pour qu'il réponde...
- Allez, Thanis, décroche, je t'en prie...
Revenir en haut Aller en bas
Poup
Est un puit de science de l'éloquence...
Est un puit de science de l'éloquence...
avatar

Masculin
Scorpion Nombre de messages : 1207
Date de naissance : 06/11/1979
Age : 38
Localisation : Toulon
Humeur : Au fond des poches
Date d'inscription : 06/09/2007

Données Ludiques
Maîtrise: Les Lames du Cardinal; Cthulhu; Dégénésis; L5R; l'Anneau Unique.

MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   Sam 28 Aoû - 10:59

Depuis trois jours, il travaillait sur une allégorie de la danse. La sculpture devait occupé le salon d'une nouvelle salle de spectacle dont l'ouverture était prévue dans deux mois. Il tentait d'y apporter les dernières touches. Petit à petit, il avait fait disparaître le corps de la danseuse pour simplement le suggérer sous l'imprimé de tissus et de drapé qu'il avait joliment animé. Il hésitait à ajouter encore quelques symboles, tel des rubans ou un instrument.
C'est pendant cette réflexion que son parlophone résonna. A cette heure?! Ah tiens! Il venait de passer la nuit sans s'en rendre compte. Il lui suffisait pourtant de faire le tour de l'atelier pour voir qu'il n'avait pas chaumé. Des sacs un peu partout, vides ou presque, les instruments souillés et quatre essaies en train de sécher.
Il enjamba une bassine d'eau claire, contourna les sacs et décrocha.
-Allo!
-Thanis! Oh merci, tu es là!
-Petite soeur, que me vaut se plaisir bien matinal?

Dés qu'il eu raccroché, il fonça vers l'entrée pour sortir de l'armoire son pardessus et une paire de chaussures puis ouvrit la porte. Il se ravisa et alla prendre aussi du désinfectant et des bandes et il partit en courant. Il n'en eue que pour cinq minutes. Il commençait à y avoir pas mal de passage mais arriva dans les temps à la passerelle. Théana devait être par là, il l'appela et elle apparu de derrière la cabine ou elle s'était réfugiée.
Ça lui fit mal au cœur de la voir dans cette état, les pieds meurtris avec sa seule chemise de nuit sur son corps tremblant de froid et le regard un peu perdu.
Il la couvrit de son pardessus et ils s'assirent sur un banc.
-Tu te promène en dormant maintenant sœurette?
Il posa les pieds de sa soeur sur ses jambes. Elle avait des écorchures pas jolies et des éclats de verres dans les chairs. Elle grimaça quand il les retira avant d'asperger les plantes des pieds avec le désinfectant.
-Je ne sais pas comment c'est arrivé dit elle. Je me suis couché; je dormais bien pour une fois, pas de cauchemar, et tout à l'heure je me réveillais sur la passerelle.
Thanis la regarda avec étonnement.
-La passerelle?! Cette Passerelle?! Celle que tu refuse de traverser ou de regarder depuis deux ans!?
-Je sais ce que tu penses, mais maintenant, c'est différent, c'est comme... je m'y sens bien, en sécurité.
Il baissa les yeux et commença à bander les pieds meurtris.
Elle le regarde étonné.
-Tu ne dis rien, pas de sarcasmes ou de blagues?!
-Que veux tu que je dise. Ça m'est inexplicable; et que ton avis sur Cet endroit change comme ça encore plus.
-J'étais en danger! J'en suis sur! Mais là, sur la passerelle, tout c'est arrêté... j'étais en sécurité... j'ai ressenti, comme si Pierrot était là!
Elle étouffa presque ces derniers mots, presque elle regrettait d'avoir dit ce nom.
Mais son frère ne dit rien, il fronça les sourcils, comme si entendre ce prénom le ramener à quelque chose d'étrange. Une expérience inexplicable dont il n'avait pas de souvenirs, juste des sensations.
Il finit de nouer les bandes, ramassa les chaussures.
-Ce bon Pierrot! Je savais que je pouvais lui faire confiance!
-Attend, tu ne comprends pas...
-Si, je comprends coupa t'il. Je te comprends très bien, surtout quand il s'agit de ce sujet. Même si je te taquine, je te crois. Allez, enfile les chaussures, du 45 fillette, ça doit bien t'aller!
-Tes chaussures! Tu n'as pas quelques paires oubliées par tes conquêtes.
-Plus une. J'ai gentiment demandé à ces demoiselles de reprendre leurs affaires. Faut dire que ça commençait à m'encombrer.
Théana tente de se lever, mais après le repos et les soins, ses pieds lui faisait affreusement mal.
Thanis sourit, et s'accroupit de dos devant elle.
-Allez! Grimpe, comme quand on était gosse.
Elle sourit.

Ils passèrent donc par la passerelle, Thanis jeta un œil à sa soeur qui restait paisible. Il s'était vraiment passé quelque chose d'étrange.
Les gens qu'ils croisèrent étaient tantôt choqué, d'autres souriaient. Thanis ne répondait qu'au deuxième groupe.
Après un moment.
-Tu n'as vraiment plus rien! Aucune affaire de femmes chez toi?
-Non, en fait si; il reste une chose, le parfum de Rose.
Elle sourit et frictionna la chevelure de son frère.
-C'est à ce point là?
Il comprit et sourit.
-Tiens! Attrape ce qu'il y a dans ma poche.
Elle se pencha en avant et prit un petit écrin de couleur nacré en soie.
-Dis moi ce que tu en pense...


Elle se réveilla vers huit heure, avec le sentiment d'avoir bien dormi et le plaisir de se lever.
Elle enfila sa robe de chambre en soie bleue avec de jolies dentelles aux manches puis ouvrit les doubles rideaux. Le temps était clair et on apercevait le scintillement des lampes soleil dans les hauteurs de la cité. Elle s'assit ensuite à sa coiffeuse pour brosser sa longue chevelure ambrée. Elle se regarda dans la glace vit qu'elle avait bonne mine et se sourit, comme le font les enfants satisfait.
Tout en s'occupant de ses cheveux elle regarda le papier à lettre et la plume qui attendait dans le coin qu'elle se décide à écrire à ses parents. A sa mère était facile, mais comment dire à son père qu'elle ne rentrerait pas, qu'elle voulait vivre à Exil et y passer sa vie. Hector son père était si autoritaire, il veut toujours tout planifier, même la vie de ses enfants. Elle fit disparaître cette pensée de son esprit, la journée était trop belle pour la gâcher maintenant.
-Rose? Tu es réveillé?
-Oui grand mère! Entre.
-Bonjour ma chérie. Tu as une mine magnifique aujourd'hui!
-Merci grand-mère. Elle l'embrassa et se firent un câlin.
-Tu veux que je te prépare ton thé?
-Avec plaisir! Merci!
Son adorable grand-mère, il n'y avait pas d'autres mots pour la définir. Elle s'occupait tant d'elle! Elle ne savait plus comment la remercier de l'avoir accueillit. Quand elle était rentrée le lendemain de son prétendu départ et qu'elle avait dit qu'elle voulait resté à Exil, qu'elle était amoureuse, sa grand-mère avait pleuré de joie. Ça l'avait surpris et profondément émue. Elle comprenait, et son grand-père aussi; ils respectaient son amour pour Thanis. Quand elle avait raconté se qui c'était passé le soir, sur le port, sa grand-mère était émue aux larmes et sa tante Henriette encore plus. Elles étaient toutes deux les plus grandes supportrices de cette relation, même si son oncle Louis, le frère de son père avait émit des réserves.
Elle fit sa toilette et enfila une robe bleue brodée de fleurs de lis blancs. Elle attacha ses cheveux avec des rubans bleus, releva les côté et y ficha une fleur de nacre, Thanis adorait ses coquetteries.
Elle alla à la cuisine et embrassa son papi Léopold, malheureusement handicapé depuis un accident il y a douze ans.
Elle dégusta son thé et dévora les tartines de beurre salé et de confiture. Elle entendit bientôt le pas bruyant de sa jeune cousine Eleanor qui descendait l'escalier centrale. Elle vivait dans l'appartement au dessus. En fait au fil du temps sa famille finit par acquérir les six appartements de cet immeuble, chacun à leur tour. ils avaient décidé de vivre proche les uns des autres ce qui n'était pas pour déplaire à Rose qui pouvait les voir tous très souvent. Même si elle aurait préféré n'être qu'avec une seule personne. Thanis lui avait bien offert la possibilité de vivre chez lui, mais sur les conseils de sa famille, elle avait préférer rester chez sa grand-mère. Elle attendait chaque jour avec impatience pour pouvoir le voir. Avec Thanis, elle se sentait femme, désiré et toujours plus aimé. Il était doux et attentionné. A son bras, il n'avait de mots et de gestes que pour elle. Elle n'en était pas étouffé pour autant, ils sortaient souvent, dansaient, rencontraient ses amis qui étaient devenu aussi les siens. Son oncle en premier l'avait mise en garde, on disait de Thanis qu'il était coureur et peu fiable; mais depuis qu'ils étaient ensemble, elle n'a jamais vu chez lui le moindre geste pour avérer cela. Pour preuve il y à un mois, lors d'une soirée, une femme l'a approché et reprocher cette relation. Elle était verte de jalousie et disait « qu'il n'était pas qu'à elle! ». On ne lui avait pas dit de compliments ou de phrases plus rassurante.
Thanis travaillé beaucoup, mais il passait presque tout son temps libre avec elle. Cela faisait bientôt deux mois que leur relation grandissait.
-Rose?
Elle sortit de ses pensées.
-Veux tu bien aller faire le marché pour moi? Je dois encore aider ton grand-père pour sa toilette.
-Bien sur grand-mère.
-Je veux venir aussi! Je veux venir!
Elle avait presque oublié Eleanor qui espionnait. La petite adoré être avec elle. C'était une quasi vénération qui la mettait parfois mal à l'aise. Eleanor disait sans cesse qu'elle voulait être comme elle, que c'était la plus belle. La petite était si adorable.
-Bien sur que tu peux venir. Va chercher de quoi te couvrir, je t'attend en bas!
Elle enfila un manteau brun, fourré. Elle prit un panier et la liste de sa grand-mère et alla à l'entrée. Eleanor revint en descendant quatre à quatre les marches, elle était adorable avec son petit chaperon beige aux broderies oranges. Elle lui tendit la main à laquelle Eleanor s'accrocha et elle descendirent vers la place centrale du quartier.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Exil - Au nom du coeur   

Revenir en haut Aller en bas
 
Exil - Au nom du coeur
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [LEGO] Coup de coeur"metal sonic"
» Sora, ou l'élu au coeur pur
» Votre anime coup de coeur du moment !
» Mes films coup de coeur et à voir
» [Lego] Coup de Coeur: BlueStarMedia

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
L'Antre-Mondes :: La Taverne Du Blâh :: La Salle Commune :: Il était une fois...-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers: